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Retour à l’âge de pierre

Oubliées les îles paradisiaques et les cimes enneigées de l’Himalaya. Finis les armes à feu et les mini-hélicoptères. Le 5e volet très attendu de la saga Far Cry nous renvoie en pleine préhistoire, sur les terres sauvages d’Oros. Un ­retour à l’âge de pierre qui a posé bien des défis aux équipes ­d’Ubisoft Montréal.

On a parfois pu reprocher à Far Cry son aspect répétitif, notamment pour les deuxième et quatrième volets de la célèbre franchise de jeu de tir à la première personne lancée en 2004. Mais s’il y a bien une critique qu’on ne pourra pas faire au nouvel épisode de la saga, c’est bien celle-là. Far Cry Primal nous propose un univers et une époque à mille lieues des précédents jeux. Le joueur se retrouve ainsi propulsé environ 10 000 ans av. J.-C. dans la peau de Takkar, un chasseur aguerri dont la mission est de survivre dans Oros, un univers peuplé de créatures sauvages et de tribus hostiles.

Recréer un monde disparu

Pour mettre en images cet univers préhistorique de la façon la plus ­réaliste possible, il a fallu pas loin de 600 personnes et trois ans de travail. Le défi était de taille pour les équipes d’Ubisoft Montréal: recréer un monde depuis longtemps disparu, avec sa ­végétation, ses animaux et ses tribus (les Wenjas, dont est issu le héros, les Udams, et les Izilas). «Une fois qu’on savait où on s’en allait dans le jeu, on a contacté différents experts, dont un anthropologue de l’Université McGill, Luc Doyon, qui a pris nos idées pour les adapter à cette époque du ­Mésolithique», a confié au Journal Jean-Sébastien Decant, le directeur narratif de Far Cry Primal.

Les armes, que notre héros doit ­fabriquer lui-même pour chasser et se défendre, ont aussi nécessité un gros travail de recherches. Au cœur de la franchise depuis le début, les mitraillettes, fusils d’assaut et autres bazookas ont laissé place à des armes forcément plus rudimentaires. «On s’est vraiment limité aux matériaux que les hommes auraient pu utiliser en ce temps-là – des bouts de bois, des ossements, de la pierre taillée – pour fabriquer des lances, des arcs ou des ­couteaux», nous a également expliqué Naomi Savoie, ­l’illustratrice qui a travaillé sur le design de ces armes.

photo courtoisie

Communier avec la nature

Pour autant, la principale arme de Far Cry Primal n’est pas un arc ou encore un couteau. «L’arme numéro 1 dans le jeu, c’est la communion avec la nature, a révélé Naomi Savoie. Tu peux prendre le contrôle des animaux, dompter un tigre à dents de sabre ou monter sur un ours des cavernes, et les diriger contre tes ennemis. Sur la cinquantaine d’animaux qu’il y a dans le jeu, il y en a 14 que tu peux contrôler et qui ont des attributs différents, ce qui apporte de la variété dans le gameplay».

Et Sébastien Decant d’ajouter: «Si le jeu se veut réaliste, on a poussé dans la fantaisie en ce qui concerne la taille des animaux qui les rend plus menaçants, et la capacité du héros à pouvoir les dompter.»

Mais le plus gros défi de Far Cry Primal a été le langage. Des hommes habillés en peau de bête s’exprimant dans un anglais parfait, ce n’est pas trop crédible. Le directeur artistique du jeu Jean-Christophe Guyot a donc très rapidement fait appel à des linguistes pour créer une langue originale dérivée du proto-indo-européen, spécialement pour le jeu. «Le plus gros défi a été de transposer ce qu’on connaissait du langage proto-indo-­européen à l’univers du jeu. Ce n’était pas forcément adapté et il a fallu se montrer très créatif», a confié au Journal, Andrew Byrd de l’Université du Kentucky, qui a travaillé sur ce projet avec son épouse, Brenna Reihnart Byrd, et trois autres linguistes.

Ressusciter une langue morte

Finalement, ce sont deux langues distinctes qui ont été créées, le Wenja (la langue du héros qui est aussi parlée, sous forme de dialecte, par la tribu Udam) et le Izila. Ces langues, composées de quelque 1200 mots, ont dû être enseignées aux acteurs qui ont tourné le jeu en motion-capture dans le studio d’Ubisoft à Toronto. «Le plus dur, ça a été au début, quand ils ont dû se faire à l’idée qu’ils devaient parler une langue que personne d’autre ne parle et qui est tellement différente de toutes les langues qu’ils ont pu entendre», nous a expliqué Brenna Reihnart Byrd. «Mais une fois passé cet obstacle, après un stage d’immersion linguistique de trois jours, ils se sont sentis très à l’aise. Une des actrices m’a même dit qu’elle s’était mise à donner des ordres en Wenja à son chien!»


Far Cry Primal sort le 23 février sur PlayStation 4 et Xbox One, et le 1er mars sur PC.

 

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