Millionnaires à jouer aux jeux vidéo | Pèse sur start
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Millionnaires à jouer aux jeux vidéo

Ils gagnent des millions, ils sont adorés par leurs adeptes comme des rockstars et ils parcourent la planète. Ce sont les meilleurs gamers du monde, et Montréal les a accueillis dimanche au Centre Bell.

«Ce sont les Sidney Crosby du sport électronique», lance Carl-Edwin Michel, l’organisateur de l’événement Northern Arena, qui se déroulait ce week-end.

Les parents tannés de voir leurs enfants le nez collé sur les jeux vidéo l’ignorent sans doute, mais ils peuvent rapporter gros. Dimanche, les meilleurs joueurs sont repartis avec 100 000 $ pour une fin de semaine à jouer à Counter Strike, devant 2000 spectateurs.

Et cette somme n’est rien comparativement à ce qu’empochent les champions en Asie, où les jeunes gamers dans la vingtaine ont leur propre système de vedettariat.

L’équipe chinoise Wings Gaming, qui était présente à Montréal, a gagné une somme de 9 millions $ cette année. Elle a d’ailleurs été inscrite dans le Livre des records Guinness.

Une autre équipe que les Montréalais ont pu voir à l’œuvre, les Evil Geniuses, est regardée chaque jour par des millions d’internautes, alors qu'elle s'entraîne en ligne pour les compétitions.

Photo Hugo Duchaine


Un show

«C’est un show avant tout. Un mélange de match de hockey et de concert rock. C’est une compétition de jeux vidéo avec des écrans géants et des effets de lumière», explique Carl-Edwin Michel.

Ainsi, les yeux rivés sur l’écran géant, les partisans ont crié et applaudi chaudement à chaque attaque réussie par les joueurs et ont retenu leur souffle à chaque occasion ratée.

Ces athlètes du clavier et de la souris étaient assis sur une estrade au centre de la glace. Leurs moindres réactions étaient aussi captées par une caméra placée devant leur visage.

«Je connais tous les joueurs qui sont là, car je les suis sur internet», s’enthousiasme Yannick Houle, un gamer qui tenait à être présent pour ce premier événement d’envergure à Montréal de sport électronique, appelé «eSports».

Remplir le Centre Bell

Si la foule était surtout formée de joueurs aguerris, Carl-Edwin Michel n’hésite pas à déclarer qu’il remplira le Centre Bell d’ici deux ans.

Bientôt, dit-il, monsieur et madame Tout-le-Monde viendront assister à ces matchs.

En Europe et en Asie, les grands rassemblements de sport électronique attirent souvent plus de 30 000 personnes et génèrent des revenus de plus de 300 millions $.

Certains y verront peut-être une revanche des nerds...

Les gamers qui foulent le Centre Bell gagnent plus d’argent que certains hockeyeurs.

Mieux que dans son salon

Photo Hugo Duchaine

(HD) | Rien ne bat l’ambiance de partisans réunis pour regarder un match de jeux vidéo, pour le Montréalais Zev Gaudet.

«C’est comme regarder le hockey au Centre Bell versus dans ton salon. L’ambiance est plus cool», lance ce joueur de Dota 2.

Il était ravi de voir des gamers de l’élite mondiale débarquer à Montréal pour le Northern Arena cette fin de semaine.

«Pendant les matchs préliminaires, on les voyait à quelques pieds de nous et on pouvait leur serrer la main. Quand as-tu une chance de serrer la main à Sidney Crosby?» demande en riant celui qui flottait encore sur un nuage dimanche. Surtout, dit-il, voir ces joueurs en action lui permet de s’améliorer aussi.

De vrais athlètes

Photo courtoisie

(HD) | L’une des rares joueuses professionnelles du Québec, Stéphanie Harvey, assure que les participants aux compétitions de sport électronique sont de véritables athlètes.

«C’est épuisant. Je suis déjà restée cinq heures sur l’estrade pendant une finale, il faut être en forme», lance la joueuse de 29 ans, présente au Northern Arena à Montréal, dimanche.

Comme les athlètes professionnels, un gamer, dit-elle, doit s’entraîner plusieurs heures par jour et se doter d’un coach.

Les équipes étudient même le style de jeu des joueurs qu’ils affronteront, comme au hockey.

«C’est impossible d’avoir une carrière en sport électronique sans être en bonne santé», soutient Mme Harvey.

 

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