Messe de geeks | Pèse sur start
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Messe de geeks

Métropole oblige, il y avait de l’action samedi soir. D’abord au Centre Bell, où les Canadiens perdaient contre les Blues. Un seul trio patinait ça a l’air. Price avait été benché. Il connait apparemment une période léthargique, mais rien de dramatique. Ça arrive à tout le monde une mauvaise passe, Thomas Plekanec et le groupe The lost fingers n’ont pas de monopole là-dessus. 

Sinon, il y avait de la musique électronique dans le Vieux, en marge de l’Igloofest, où le talentueux DJ Poirier se produisait gratuitement. 

Les banlieusards n’étaient pas en reste. À l’Étoile dix30, les beaux messieurs de Forever Gentlemen donnaient des chaleurs aux mesdames. 

De retour dans le 514, la salle Wilfrid-Pelletier abritait pour sa part un évènement inusité, qui passait complètement sous le radar médiatique. 

Un happening néanmoins couru, puisque les 2996 fauteuils en velours du bel amphithéâtre avaient trouvé preneur pour voir, mais surtout entendre, Distant worlds : music of Final Fantasy.

 

Capture d'écran YouTube

Un rendez-vous de geeks assumés, heureux de profiter de l’unique passage au Québec de l’orchestre philharmonique dirigé par Arnie Roth.

Un concert grandiose mariant une centaine de musiciens (des pigistes d'ici surtout), un chœur et des images diffusées sur un écran géant. Sans oublier un public d’adeptes enthousiastes, venus se faire émoustiller la fibre nostalgique en étant autorisés – pour une rare fois – à tripper publiquement sur de la musique de jeux vidéos.

 

Parce que c’est ça le concept, pour ceux qui n’avaient pas encore compris : pendant presque deux heures, l’orchestre Distant Worlds reprend plusieurs classiques de la franchise du célèbre RPG (Role playing game) Final Fantasy, créé à la fin des années 80 par Square Enix.

Un plaisir coupable très niché, rendant hommage au compositeur japonais Nobuo Uematsu, qui a signé la musique de la quasi-totalité des 15 titres de la franchise. La simple évocation de son nom par le chef d’orchestre Arnie Roth a d’ailleurs généré un tonnerre d’acclamations comparable à l’arrivée-surprise de Pitbull au Beachclub de Pointe-Calumet.

Les fans avaient plusieurs raisons de festoyer samedi soir, puisque l’orchestre célébrait ses 10 ans, l’épisode-culte Final Fantasy 7 (ouaip!) ses 20 ans et la franchise elle-même soulignait ses 30 ans. 

 

Capture d'écran YouTube

Roth et son orchestre avaient donc le lourd fardeau de piger soigneusement dans le volumineux catalogue musical, afin d’offrir un voyage dans le temps récapitulant du mieux possible les trois décennies du jeu. 

«C’est vraiment grâce à vous les fans que nous pouvons être ici ce soir», a lancé un Arnie Roth en grande forme, qui ne pouvait pas mieux dire. Sans l’extrême fidélité des fans, ces rassemblements populaires autour de la musique du jeu n’existeraient pas. 

 

Le concert s’est amorcé avec le Prelude, une composition qu’on retrouve sous différentes formes dans pratiquement tous les titres, juste avant de peser sur Start

Après avoir enchainé avec un medley du moins connu FF#6, l’orchestre a consacré l’essentiel de son temps à reprendre des thèmes plus récents du catalogue. Les pièces Not alone (FF#9), Zarnakan (FF#10) et Don’t be afraid (FF#8) semblaient susciter les plus vives réactions. 

Les quelques interprétations des solistes Susan Calloway et Rikki (un premier voyage au Canada) ont aussi fait lever la foule, conquise d’avance.  

Le public était sans surprise surtout composé d’hommes âgés entre 25 et 45 ans, même si quelques femmes étaient éparpillées dans la salle. L’une d’elles, assise près de nous, roupillait sur l’épaule de son copain après trois pièces et devait regretter l’époque où elle fêtait la Saint-Valentin en mangeant de la fondue.  

Sinon, de nombreux spectateurs étaient costumés à la saveur du jeu sans se faire juger.  

 

Il y avait quelques enfants, mais pas trop. Le mien, huit ans, était clairement un des plus jeunes. Ceux qui me trouvaient cool d’avoir initié mon jeune à l’univers Final Fantasy en début de show semblaient me juger à 22h30 quand le petit avait les yeux injectés de sang, à moitié mort de fatigue. Même la liqueur que je lui achetais frénétiquement pour le maintenir en vie ne faisait plus effet.

Au moins, il a bien aimé son expérience (une première pour nous deux), mais aurait – comme moi – pris davantage de vieux classiques, tels que la trame complète de FF#4, la meilleure de la gang à notre humble avis. 

 

Au moins, le spectacle s’est terminé avec éclat avec l’incontournable The One winged angel, pendant laquelle la foule beuglait aux endroits appropriés le nom du plus célèbre vilain de la franchise. « Sephiroth!»

Bref, une belle messe de geeks où l’on peut apprécier avec ses semblables les pièces qui ont été la trame sonore de tellement d’heures de nos vies.

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