Je suis accro au jeu «Ballz» et c’est pas drôle | Pèse sur start
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Je suis accro au jeu «Ballz» et c’est pas drôle

 Le jeu mobile Ballz est en train d’envahir ma vie, et je n’exagère pas.

 Je me considère extrêmement chanceuse de faire des critiques de jeux vidéo. C’est un emploi plutôt rare au Québec. En plus, il couvre l’industrie qui est, selon moi, la plus passionnante au monde. 

 Durant mon enfance, je passais mes weekends à jouer à Zelda avec mon père. La semaine, je parlais du jeu avec mes amis de classe. J'enregistrais des chroniques jeux vidéo sur des cassettes pour ma fausse émission de radio. 

Kazzie charbonneau

 Je rêvais un jour de faire partie de cette magnifique industrie et de partager ma passion pour ces petits bonshommes et leurs aventures. Mon rêve s’est réalisé. C’est fou à dire, hein? 

 Comme tous les milieux de critiques, celui du jeu vidéo vient avec un certain snobisme. Il y a de gros débats, beaucoup d’opinions et parfois, il faut être courageux pour publier notre note finale. On se fait «ramasser» facilement par le simple principe de «moi j’ai aimé ça, alors tu as tort», ou vice-versa.

 Avec cette mentalité, il est difficile d’avouer un intérêt pour les jeux Free to Play de l’App Store qui ont souvent un concept copié ou abrutissant. Mais, je dois me rendre à l’évidence: le jeu «Ballz» occupe mes soirées ces temps-ci.

 J’ai découvert Ballz quand j’ai changé de téléphone. Habituée à iOS, j’essayais Android pour la première fois. J’ai donc décidé de m’aventurer dans le Play Store pour consulter les jeux du palmarès. J’ai téléchargé plusieurs trucs, mais j’ai commencé mon exploration avec Ballz.

 Le principe du jeu est simple: les joueurs lancent des balles pour frapper des blocs et les faire disparaître avant qu’ils puissent atteindre le bas de l’écran. Chaque bloc a un chiffre indiquant le nombre de balles qu’il faut lancer pour l’éliminer. Ce n’est pas un Final Fantasy.

 Après une heure, j’avais réussi à me rendre à 55 points. J’ai rapidement consulté mes amis pour connaître leurs scores, et pour constater que je n’étais pas à la hauteur. J’ai continué à jouer.

 Quelques heures plus tard, je me rends à 93. Je suis fière. Je l’annonce à mes amis.

 Deux jours plus tard, je me rends à 137 points. Pour atteindre ce nouveau record, j’ai joué pendant des heures sur mon divan. Dans l’ascenseur au boulot. Dans le métro. Dans mon lit, avant de me coucher. 

 Ça fait maintenant un mois. Aujourd’hui, mon record est à 474 points. J’ai dû jouer plus de 100 heures. 

 Durant le mois de mai, mes proches ont remarqué un changement chez moi. J’allumais Netflix le soir, mais je jouais à Ballz en même temps. J'ai presque raté le punch de Riverdale! En attendant la cuisson d’un repas, j’étais debout dans la cuisine en train de jouer. Au lieu de me coucher à 21h pour me lever à 4h30 le matin, je me couchais à minuit pour jouer «encore un peu».

 Au lieu de vérifier la température sur mon cell en me levant le matin, je jouais une petite partie de Ballz.

 Est-ce un bon jeu? Non. Ce n’est pas «bon». Mais c’est addictif à un point où même ma fierté de critique de jeux ne m’empêche pas de jouer. 

 C’est un peu comme la chanson «Call Me Maybe», sortie en 2012. On ne l’aimait «pas», mais on la chantait tout le temps. 

 La morale de cette histoire est que c'est correct d'aimer quelque chose de mauvais. Un jeu n’a pas besoin d’être bon ni révolutionnaire pour avoir du succès; il a juste besoin de vous donner le goût de jouer, encore et encore, sans vraiment comprendre pourquoi.

 Ça fait un peu plus de 12 heures que je n’ai pas joué à Ballz. Mais je n’ai toujours pas le goût de le supprimer.

 Au secours.