Chernobyl: une finale puissante pour une série qui l’est tout autant [CHRONIQUE] | Pèse sur start
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Chernobyl: une finale puissante pour une série qui l’est tout autant [CHRONIQUE]

Capture d'écran HBO

ATTENTION: CE TEXTE CONTIENT DES DIVULGÂCHEURS POUR LE DERNIER ÉPISODE DE CHERNOBYL.  

Même si Chernobyl troque les ruines radioactives pour une salle d’audience grise et aseptisée dans ce cinquième et dernier épisode, la série de HBO se veut toujours aussi brutale, marquante et incroyablement puissante.   

Soyez francs: est-ce que vous pensiez vraiment qu’un huis clos juridique de près d’une heure pouvait être aussi bouleversant?   

Jusqu’à lundi, la série m’avait jeté par terre avec son portrait ô combien pertinent et touchant de tous ces hommes, femmes et enfants dont la vie a été irrémédiablement bouleversée en ce 26 avril 1986.   

Capture d'écran HBO

Toutefois, avant le début de cet ultime rendez-vous, je dois avouer que je craignais un peu (beaucoup) d’être déçu par cette finale.   

Après avoir exploré en détail les horreurs vécues par les ouvriers, premiers répondants et autres «liquidateurs» de Chernobyl, allait-on vraiment freiner le débit incroyable de la série avec un interminable procès?   

Eh bien, je dois dire que j’avais profondément tort.   

Capture d'écran HBO

Parce que non seulement ce dernier épisode est tout aussi tranchant et captivant que les autres (j’aurais dû m’en douter après tout...), mais il s’est également avéré une conclusion parfaite pour la minisérie.   

Et pourquoi donc?   

  

Parce que la boucle est bouclée et l’histoire maintenant prend tout son sens   

Si le premier épisode nous plongeait dans l’action immédiatement après la catastrophe, cette finale nous permet de constater à travers les témoignages de Legasov, Khomyuk, et Shcherbina l’ampleur de la négligence humaine ayant mené à l’accident nucléaire.   

Capture d'écran HBO

Ajoutez à cela quelques flashbacks franchement révoltants d’un Dyatlov borné et arrogant malmenant ses employés à la centrale, de même qu’un plan saisissant de l’explosion du réacteur, et vous avez un dernier volet qui répond à la plupart des questions soulevées au cours des épisodes précédents.   

Capture d'écran HBO

Certains diront peut-être qu’on ne laisse plus grand-chose à l’imagination du téléspectateur, mais dans une telle série historique, je crois qu’il demeure important de boucler la boucle et de répondre aux questions laissées en suspens. Et ça, cette finale le fait admirablement bien.   

  

Parce qu’après tout, un procès, c’était la meilleure façon d’expliquer en des termes clairs et pas trop compliqués les origines de la catastrophe   

Comme je le mentionnais plus tôt, j’étais au départ un peu confus quant à la décision de consacrer la plus grande partie de cette conclusion à un procès. Cela dit, force est de constater que c’était un coup de génie.   

Après les horreurs humaines sur le terrain, l’épisode «juridique» a permis d’explorer plus en détail le volet scientifique de la catastrophe.   

Capture d'écran HBO

Pensez-y: si les explications avec des maquettes et autres supports visuels étaient assez claires pour des juges et un jury néophytes à l’époque, elles le sont tout autant aujourd’hui pour des téléspectateurs qui en ignoraient tout autant sur le nucléaire!   

Capture d'écran HBO

Assez bien pensé, tout ça.   

  

Parce que l’épisode prend le temps de rendre hommage à ceux et celles qui se sont sacrifiés   

Depuis le début, Chernobyl s’est imposée comme une série profondément humaine, qui se voulait, oui, un peu une leçon d’histoire, mais aussi, et surtout, un hommage aux victimes et héros de la tragédie. Et l’épisode de lundi soir n’a pas dérogé à la règle.   

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Personnellement, j’ai adoré qu’on prenne le temps, soit plus de cinq minutes, à la toute fin pour mettre en lumière le destin des hommes et des femmes présentés au cours de la série.   

Capture d'écran HBO

De Lyudmilla Ignatenko aux trois plongeurs, les derniers plans mêlant texte et images d’archives ont brillamment salué leur courage, tout en concluant de façon tellement appropriée la minisérie.   

  

Parce que ça s’est avéré un véritable terrain de jeu pour les acteurs de la série   

Le travail des acteurs était un point fort de Chernobyl depuis le début, mais que dire de la performance de ceux-ci dans cette finale.   

Capture d'écran HBO

La reconstitution d’un procès, ça peut devenir rapidement lassant entre de mauvaises mains. Par contre, avec les bons dialogues et des acteurs au meilleur de leur forme, on peut se retrouver avec des scènes inoubliables.   

Et dans le cas de cette finale, on a (heureusement) eu droit à la deuxième option avec de puissants monologues de la part de Jared Harris (Legasov), Stellan Skarsgard (Shcherbina) et Emily Watson (Khomyuk).   

Capture d'écran HBO

Ajoutez à ça l’interprétation incroyable détestable de Dyatlov par Paul Ritter et un tête-à-tête touchant entre Legasov et Shcherbina (et une chenille) et vous obtenez une conclusion au jeu d’acteur aussi renversant qu’accompli.   

  

Le cinquième et dernier épisode de Chernobyl, intitulé Vichnaya Pamyat, a été diffusé lundi soir sur les ondes de HBO. L’ensemble de la série est désormais disponible sur les plateformes numériques du diffuseur américain.

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