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Un peu de Trump dans «IT Chapter 2», selon son réalisateur

Pennywise, le clown meurtrier qui s’embusque dans les égouts et traque les enfants, a beaucoup de points communs avec Donald Trump, assure le réalisateur d'IT Chapter 2.

Photo originale de Donald Trump: AFP

Pennywise, le clown meurtrier qui s’embusque dans les égouts et traque les enfants, a beau être une invention du «roi de l’horreur» Stephen King, il a beaucoup de points communs avec Donald Trump, assure le réalisateur de IT Chapter 2, suite des aventures de cette entité maléfique.  

L’actuel président américain «fait exactement comme le clown, vous savez?», déclare sans rire à l’AFP Andy Muschietti.  

«Le clown cherche tout le temps à diviser les losers, à les dresser les uns contre les autres et à les affaiblir», analyse le réalisateur argentin, en référence à la bande de préadolescents héros d'IT, où ils forment le «Club des ratés», losers dans la version originale du roman de Stephen King paru en 1986.  

«C’est comme ça qu’il tente de les conquérir et de les détruire», dit-il.  

Cette comparaison audacieuse en laissera plus d’un perplexe, mais pour Andy Muschietti, le roman IT est bel et bien une dénonciation des travers des petites villes américaines qui explore leur sombre réalité, comme les violences conjugales et l’inceste.  

Pour IT: Chapter 2, qui se déroule une trentaine d’années après le premier volet, avec des protagonistes devenus adultes, le réalisateur souhaitait un film «en prise avec notre époque». Il a donc tenu à inclure la violente agression homophobe d’un jeune homme par un gang local, un fait divers réel qui avait marqué Stephen King.  

«Nous vivons dans une culture de la peur, avec des dirigeants qui essayent de diviser les gens, de nous contrôler, de nous conquérir, et de nous dresser les uns contre les autres», insiste-t-il.  

Des thèmes qui font recette si l’on en croit le succès du premier IT, qui a récolté 700 millions de dollars dans le monde, devenant le film d’horreur le plus lucratif de l’histoire.  

«Ouais, c’était ridicule», s’exclame Muschietti. «Le premier week-end a tout simplement été dingue...»  

«Un animal à part»  

Stephen King, très critique du président républicain sur les réseaux sociaux, ne pouvait bien sûr pas calquer Pennywise sur Donald Trump lorsqu’il a écrit son livre.  

Mais dès 1979 il avait imaginé un personnage populiste sortant de nulle part et se frayant un chemin jusqu’à la Maison-Blanche en employant des méthodes peu orthodoxes, dans Dead Zone.  

D’après Andy Muschietti, le maître de l’horreur «a tellement aimé» l’adaptation cinématographique d'IT qu’il a accepté de faire une apparition clin d’œil dans Chapter 2.  

Le réalisateur avait tenu à lui faire lire le scénario avant le tournage. «Je voulais vraiment l’inclure, au moins pour avoir son avis (...) Il n’a pas changé grand-chose».  

Lorsque Stanley Kubrick avait adapté The Shining à l’écran en 1980, prenant quelques libertés avec le roman, Stephen King avait détesté et fait un scandale.  

«C’était il y a longtemps», plaide Muschietti. Stephen King «s’est senti insulté, mais il a beaucoup changé depuis. Je pense qu’il a intégré le fait qu’une adaptation est un animal à part», dit-il.  

Certains spécialistes prédisent qu'IT: Chapter 2, qui sort le 6 septembre aux États-Unis va faire un tabac au box-office et pourrait friser le milliard de dollars de recettes.  

De quoi remettre la pression sur Muschietti: «Je ne veux pas trop y penser. Je préfère ne pas avoir d’attentes trop élevées pour commencer», tout en reconnaissant avoir voulu faire un film plus ambitieux, «plus long, avec une histoire plus riche, un peu plus intense dans tous les domaines».  

 

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