«L’e-sport au Québec est autant en retard qu’en avance» selon l’athlète e-sport Stéphanie Harvey | Pèse sur start
/news

«L’e-sport au Québec est autant en retard qu’en avance» selon l’athlète e-sport Stéphanie Harvey

Image principale de l'article «L’e-sport au Québec est en retard et en avance»
Illustration: Christine Lemus

En marge de l’événement gaming Dreamhack Montréal — qui se tenait, encore une fois, au vénérable Stade olympique la semaine dernière —, Pèse sur start a rencontré l’athlète e-sport Stéphanie Harvey. On en a profité pour jaser de l’état de son sport... et de sa potentielle carrière d’humoriste!  

Côté e-sport, le Québec est-il toujours en retard avec ce qui se fait aux États-Unis, par exemple?  

On est en retard et en avance à la fois.  

En retard, car nos initiatives e-sport demeurent petites.  

Bien sûr, il y a le Dreamhack Montréal qui est majeur et la gamme Omen qui s’intéresse aux joueurs locaux ainsi que de l’intérêt de la part du Canadien de Montréal et de l’Impact.  

T’sais, ça commence tranquillement à avancer, mais nous sommes encore loin de l’abondance de programmes sports-études en e-sport aux États-Unis et de l’achat d’une équipe e-sport par le Madison Square Garden qui gère ça avec autant de sérieux que les Rangers de New York et les joueurs pros canadiens, outre moi par exemple, demeurent souvent méconnus dans le mainstream!  

Nous ne sommes pas encore à cette étape-là, donc.  

On est en avance, toutefois, car les gens au Québec et dans le Canada savent c’est quoi l’e-sport et prenne ça de moins en moins à la légère.  

Et, ça, c’est beaucoup grâce à la réputation du Québec dans l’industrie. Les gens d’ici sont plus ouverts, car ils savent que c’est une grosse industrie qui — comme Moment Factory ou le Cirque du Soleil — innove autant du côté des arts et des technologies.   

Si tu n’étais pas une pro de Counter Strike. À quel autre jeu aimerais-tu exceller?  

Soit le poker ou un jeu de combat à la Street Fighter II! Le poker me semble plus «chill» comme activité.  

Jouer [de façon compétitive] à des jeux vidéo, c’est comme avoir de petites crises cardiaques constamment [rires]  

T’es pas mal «ze ambassadrice» en ce qui concerne l’e-sport au Québec, voire au Canada. Ce qui veut dire que tes moindres faits et gestes sont scrutés à la loupe par les médias, l’industrie, etc. Est-ce parfois «lourd» comme «couronne» à porter?  

Pas encore!  

Au Québec et au Canada, le monde me supporte beaucoup, il faut dire.  

De plus, ça me donne la «chance» de me battre pour cette communauté. Je sais que dire qu’on est humble fait en sorte qu’on l’est pas, mais je tente de demeurer humble quand même, car — pour moi — tout ça peut disparaître demain.  

C’est pourquoi je me dis que, au final, ce qui sera le plus gratifiant ne sera pas ma carrière, mais les avancements auxquels j’ai tenté de contribuer.  

Mon but, c’est de redonner à une communauté qui m’a tant donné. Mon but, c’est de faire bouger les choses, de me battre pour les autres joueurs, pour les minorités, pour la diversité, etc. Je veux que [l’e-sport] soit perçu, au Québec et ailleurs dans le monde, de la façon la plus «legit» et la plus positive possible tout en éliminant ses côtés négatifs.   

C’est ça qui compte et, au final, je ne sens pas de pression ou d’attentes, car c’est mes propres démarches. Je ne sens pas que du monde me dit «tu devrais faire ça pis ça», car je le fais déjà!  

Je suis au front et je pousse pour une passion vécue à mes frais pendant une décennie au moins. T’sais, les gros tournois, c’était au moins 60 heures de préparation pour zéro salaire et c’est moi, en prime, qui payais pour les déplacements à l’époque!  

Bref, ce n’est pas lourd à porter... quoique, à l’international, on me voit comme une féministe et, pour une raison que je ne comprends pas, c’est mal vu [dans certains cercles]. C’est mal vu d’être pour l’égalité des sexes... et je m’en fous!  

Plusieurs femmes évoluant dans des milieux traditionnellement masculins font face à un certain sexisme. Toi - qui est une vétérane dans l’e-sport -, est-encore le cas pour toi ou les gens dans ce sport sont désormais plus «woke»?  

C’est ma première entrevue où on «plogue» le mot «woke»! Je peux mettre un «check» là-dessus! [rires]  

Pour répondre à la question: ça m’arrive encore, mais je suis mieux outiller pour y faire face qu’à mes débuts à 17 ans.  

Je trouve toutefois que nous, en tant que société, manquons toujours «d’outils» pour faire ça à l’intimidation en ligne. L’internet est encore un tout nouveau média.  

T’sais, j’ai eu mon premier cellulaire alors que j’étais à l’université et c’était un modèle à clapet. Pas un téléphone intelligent! Bref, ça a bougé très vite en une génération!  

Pour moi, le problème n’est plus que l’Internet permet un certain anonymat aux intimidateurs, mais que nous ne sommes pas assez éduqués sur ce média, ne serait-ce que pour faire face à cette adversité.  

Sinon, on doit se débrouiller par nous-mêmes et, comme la cyberintimidation peut mener au suicide, c’est une situation alarmante.  

Sans vouloir te mettre des mots dans la bouche, pointes-tu vers une formation sur la «culture Internet» à l’école, par exemple?  

Pourquoi pas? Il devrait y avoir un programme scolaire pour accompagner les enseignants du secondaire, voire du primaire à ce sujet.  

Je ne sais pas si ça doit être une série de cours ou quelques ateliers, mais on doit faire quelque chose pour que les premières interactions en ligne soient plus saines et sécuritaires.  

Après tout, il y a des cours de conduite, il y a des cours sur la sexualité, il y a une réglementation pour l’alcool, la cigarette et maintenant la marijuana alors que l’Internet — que tout le monde consomme! – demeure le Far West.  

Ça devrait être mieux intégré en société.  

Changement de sujet! Qui est plus détestable? Le chien dans Duck Hunt ou la coquille bleue dans Mario Kart?  

La coquille bleue! 

À la limite, le chien est sympathique. Il ne fait que rire du joueur quand il manque sa cible. 

La coquille bleue, c’est vraiment une mécanique pour «démocratiser» Mario Kart, pour désavantager le meneur de la course.  

Je trouve que ça n’a pas sa place dans un jeu compétitif comme un jeu de course.  

Outre ton expertise en jeux vidéo, t’es également la championne 2016 de l’émission Canada’s Smartest Person! As-tu d’autres cordes à ton arc qui sont méconnues ou encore un talent caché pendant qu’on y est? Joues-tu du violon? Es-tu une pro de skateboard?  

J’ai plusieurs autres passions comme la danse et le théâtre. J’ai déjà eu une collection de timbres quand j’étais plus jeune.  

En ce moment, si on doit parler de «passions méconnues», je dirais que je suis une passionnée de politique... surtout de politique américaine. Je dirais que je consulte jusqu’à deux heures par jour de podcasts, d’émissions télé et j’en passe sur le sujet.  

Puis, la question classique: qu’est-ce qui s’en vient pour toi?  

Je viens de signer un contrat pour de quoi de gros, mais je ne peux pas encore en parler!  

D’ici là, j’ai un événement à chaque weekend pour les deux prochains mois comme TwitchCon à San Diego, Elevate à Toronto, etc.  

Aussi, je vais recommencer à «streamer» plus activement et, petit scoop, je vais lancer une chaîne YouTube avec le vidéaste de l’humoriste François Bellefeuille.  

Ce n’est pas une chaîne d’humour, mais je vais faire ma [comique]. D’ailleurs, François, si tu veux qu’on collabore, fais-moi signe!  

À ne pas manquer: une soirée de défis pour les ami(e)s de Harry Potter  

Êtes-vous plus Gryffondor ou Serpentard?  

Venez le prouver ce samedi 14 septembre, dès 18 h, au Meltdown Montréal (2035 Saint-Denis) lors de la soirée «Au-delà du 9 3/4».  

En gros, il s’agit d’un happening avec une série de défis — et de prix à gagner — inspirés de l’univers Harry Potter.  

À noter: comme l’événement se déroule dans un bar, l’événement est réservé aux magiciens en herbe majeurs.  

Laissez vos horcruxes à la maison, SVP.  

Jeux local à essayer: Sydney Hunter & The Curse Of The Mayan  

Bon coup du studio montréalais CollectorVision Games: son jeu de plateformes Sydney Hunter & The Curse Of The Mayan se retrouvera autant sur Steam que sur la boutique en ligne Nintendo Switch dès ce 12 septembre.  

Après un seul visionnement de la bande-annonce, on comprend pourquoi!  

Imaginez un croisement entre la jouabilité d’un bon vieux Mega Man et une esthétique d’explorateur à la Indiana Jones et vous ne serez pas loin du produit final!  

On a très hâte de s’user les pouces dessus, en tout cas.  

À écouter: Les balados des Mystérieux Étonnants  

Autrefois une émission phare sur le site de choq.ca, la radio numérique de l’UQAM, la balado 100% geek des Mystérieux Étonnants vogue maintenant de ses propres ailes (ou serait-ce une cape de superhéros?) dans son propre studio ainsi que sur mysterieuxetonnants.com.  

En prime, ces pionniers de la culture geek locale héberge deux autres projets du genre: Noël chez Isidore (où c’est les Fêtes à l’année longue) ainsi que Cœur et croupe, une «ligne ouverte» sur le sexe et l’amour.   

Sur le même sujet

Commentaires

À lire aussi

Et encore plus