Parlons sorcellerie avec Judith Lussier | Pèse sur start
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Parlons sorcellerie avec Judith Lussier

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Chroniqueuse, auteure, militante et animatrice, Judith Lussier compte un nouveau chapeau à sa collection: celui de sorcière! 

En effet, elle anime depuis peu le Cabaret des Sorcières, un projet multidisciplinaire. 

C’est donc sur fond de sortilège qu’on lui proposé une jasette sur ses passions geeks. 

C’est quoi le Cabaret des sorcières, en fait?  

C’est une soirée que j’organise le deuxième mercredi de chaque mois au Rond-Point Café autogéré, et où j’invite des femmes qui auraient probablement été brûlées en 1532 à s’exprimer! 

C’est une façon de dire que c’est un espace pour que des femmes dont le discours peut déranger puissent prendre la parole sur scène. 

Ça peut prendre plusieurs formes : slam, humour, rap, poésie, performance, chronique, etc.  

  • NDLR: la prochaine édition se tiendra le mercredi 9 octobre au café Rond-Point, 3213 Ontario Est, dès 19h30.  

Et comme on trouvait que ce qui se dégageait de ça était super intéressant, on a décidé d’en faire un podcast. 

En plus, dans le podcast, je prends le temps de faire des petites entrevues avec mes invitées pour aller un peu plus loin.  

Comment devient-on une sorcière? 

En acceptant de déranger en étant simplement soi-même. 

Historiquement, les femmes qui ont été condamnées au bûcher pour sorcellerie n’avaient, pour la plupart, rien fait de répréhensible. 

La plupart du temps, elles avaient simplement été marginalisées parce que leur mode de vie ne correspondait pas aux attentes de l’époque. 

C’était des guérisseuses, des sages-femmes, de vieilles filles, des femmes indépendantes, tout ça dérangeait. 

Aujourd’hui, les femmes continuent de déranger. 

Par exemple, ça peut être une adolescente autiste qui tente par tous les moyens d’attirer notre attention sur l’urgence climatique, qui est symboliquement condamnée par le tribunal populaire. 

Justement, on l’a vu avec le passage de Greta Thunberg au Québec: être militant, c’est vouloir faire changer des choses, mais c’est aussi se faire critiquer à outrance. Toi, comment gardes-tu espoir tout en demeurant militante? 

Récemment, j’ai rencontré la militante de longue date Lorraine Guay, qui a écrit l’essai Qui sommes-nous pour être découragées? 

Elle m’expliquait, en somme, qu’il y avait quelque chose d’égocentrique à envisager le militantisme comme une chose qui allait nécessairement changer les choses. 

Je suis d’accord avec elle. Pour moi, le militantisme, c’est plutôt un état de vigilance et de résistance face à la pensée dominante. 

Et puis parfois, il y a des victoires. Rarement sur le coup, mais de temps en temps, on réalise qu’un enjeu qu’on avait du mal à faire comprendre est maintenant assimilé par la majorité. 

De plus en plus de femmes de ta génération tirent leur épingle dans l’univers médiatique québécois. Est-ce que le «fiel» des gérants d’estrade est moins intense maintenant que tu es moins le «paratonnerre» de ta cohorte? 

Je ne sais pas si j’ai vraiment été le paratonnerre de ma cohorte, mais c’est vrai qu’on s’attaque moins à moi qu’avant. 

Je pense que ça a beaucoup à voir avec mon changement d’attitude. Je suis peut-être moins arrogante qu’avant. 

Pas parce que je pense que les femmes ne devraient pas être arrogantes, mais parce que j’ai constaté que ça n’était pas efficace. 

Je pense qu’il y a encore du chemin à faire pour que les femmes tirent leur épingle du jeu dans l’univers médiatique québécois. 

Je trouve encore que les femmes sont cantonnées dans des rôles prédéfinis à la télé, comme les émissions de service, de cuisine ou de famille, alors que les hommes dominent encore les choses sérieuses comme les affaires publiques, et moins sérieuses, comme l’humour. 

Je vois encore des émissions où les femmes sont traitées comme une minorité, c’est-à-dire que s’il y en a une dans une émission où il y a plusieurs hommes, on considère encore que c’est correct, alors que l'on constitue 50% de la population. 

Quand on le souligne, on passe encore pour des rabat-joies. 

Ça, c’est si on ne se fait pas servir toutes sortes d’explications. 

Côté geekness, ça a été quoi ton premier contact avec les jeux vidéo? 

Ma grande sœur avait réuni ses économies pour acheter un Nintendo, mais je pense que c’est moi qui ai passé le plus de temps là-dessus. 

Avec mes amis David et Daniel, qui étaient tout le temps rendus chez nous, on passait les cassettes de Mario, de Zelda ou de Kid Icarus

Pour passer Kid Icarus, il fallait noter des codes à 24 chiffres et lettres, avec des minuscules et des majuscules, et des zéros qu’on confondait toujours avec des O. 

Il y avait des tas de papiers noircis de ces codes-là dans le meuble de télé! Si des extraterrestres découvraient ça, ils seraient mêlés en titi. 

À titre d’amatrice de la bonne vieille console Nintendo, quel est ton jeu préféré? 

Définitivement Zelda

C’était tellement bien fait pour l’époque, autant graphiquement qu’au niveau de la quête. 

Ça me permet de dire que «Dans mon temps, une cassette de Nintendo, ça prenait tout l’été pour passer à travers!» 

Et celui que tu apprécies le moins? 

J’avais hâte de rejouer à Kid Icarus, mais je ne sais pas pourquoi ma mémoire avait autant embelli ce jeu-là. 

Peut-on imaginer un son plus gossant que celui de Pit quand il est blessé? Je ne le crois pas. 

La question classique: qu’est-ce qui s’en vient pour toi au cours des prochains mois? 

Je travaille sur plusieurs projets, mais je ne peux rien annoncer pour l’instant! En attendant, continuez d’écouter le Cabaret des sorcières sur toutes les plateformes de balado et de me lire sur La Presse+

Pour revenir à la sorcellerie, si tu pouvais avoir un pouvoir magique, ça serait lequel? 

Ça serait un pouvoir bienveillant, du genre philtre d’empathie ou potion qui ouvre l’esprit! Dans le fond, sûrement que ça existe déjà, mais que ça n’est pas encore légal au Canada! 

À ne pas manquer: Ce weekend, les geeks prennent d’assaut... Laval! 

Après Montréal et Québec, la bande de geeks derrière le Comiccon lance sa première édition en terre lavaloise. 

C’est les 5 et 6 octobre à la Place Sports Experts (4855 Louis-B. Mayer). Plusieurs artisans geeks y seront dont l’acteur Daniel Logan (Star Wars: Attack Of The Clones) et... Pèse sur start. 

On fera même tirer une Nintendo Switch Lite pour l’occasion. Cherchez notre kiosque!  

Aussi à ne pas manquer: de l’entraînement e-sport pour débutantes en compagnie de pros! 

L’équipe e-sport féminine Sailor Scouts tiendra une seconde édition de Girls Who Game, des soirées d’entraînement consacrées aux joueuses amatrices, ce vendredi dès 20h à l’Esports Central Arena (1231 Sainte-Catherine Ouest). 

Vous êtes une femme et vous désirez vous améliorer, voire vous initier, à Overwatch ou Starcraft II? Voici votre chance!  

À écouter: Terrain basique, un podcast pour les fans de Magic: The Gathering 

Tommy Gaudet, du collectif Douteux.org, anime depuis quelques mois un projet aussi niché que passionnant: Terrain basique, une baladodiffusion qui se concentre sur le vénérable jeu de cartes Magic: The Gathering

Bien qu’entouré d’autres experts, Gaudet demeure un animateur rassembleur qui fait de Terrain basique un podcast accessible également aux curieuses et curieux.  

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