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Pixel 4: révolution... ou évolution? [CRITIQUE]

Image principale de l'article Pixel 4: révolution... ou évolution?
Photo Raphaël Lavoie

Ça y est, réglé comme une horloge, Google nous propose déjà la quatrième mouture de son fameux Pixel.   

Armé de la version XL de l’appareil, j’ai eu la chance au cours des derniers jours de m’en servir au quotidien, question de découvrir ce que la bête orangée avait réellement dans le ventre.     

Pendant près d’une semaine, j’ai ainsi quitté l’écosystème d’Apple pour m’aventurer, souvent avec plaisir, dans l’univers de Google et plus particulièrement celui du Pixel 4.      

Alors ce nouveau téléphone, s’agit-il d’une grande révolution... ou plutôt d’une évolution un peu plus modeste?      

Une refonte... en douceur      

Avec son design revu en 2019, on aperçoit d’emblée qu’il est difficile de confondre le Pixel 4 et son prédécesseur. Au revoir le capteur d’empreinte digitale, les différentes textures de verre et l’encoche controversée au sommet du modèle XL.      

En lieu et place, on trouve un stylisme un poil plus minimaliste, marqué d’un immanquable bloc caméra à l’arrière de l’appareil. Cela dit, il faut avouer que les lignes simplifiées vont plutôt bien au nouveau téléphone de Google.     

Photo Raphaël Lavoie

En d’autres mots: il est particulièrement joli.       

À ce sujet, on accorde une mention (très spéciale) à la version orangée du Pixel 4 qui avec son fini mat, se montre aussi déjanté que de bon goût. Bien joué!     

Photo Raphaël Lavoie

Lors d’une première prise en main, c’est toutefois l’écran OLED de 6,3 pouces de l’édition XL (il est de 5,7 pouces sur le modèle standard) qui vole la vedette.      

Grand, lumineux, avec un niveau de détails plus que satisfaisant, il fait la part belle au texte, photos et autre contenu riche en couleurs.      

Tel que mentionné un peu plus haut, Google a aussi opté sur le XL pour un écran sans encoche. On perd un peu d’espace, mais la décision risque de plaire à plusieurs (l’auteur de ces lignes inclus.)     

Photo Raphaël Lavoie

Par contre, une autre disparition ne passe pas inaperçue et, cette fois-ci, pour les mauvaises raisons. Mais où sont passés les écouteurs et l’adaptateur qui transforme le port USB-C en prise d’écouteurs?      

On comprend ici que Google veut probablement mousser la vente de ses prochains écouteurs sans-fil, les Pixel Buds, mais disons que le contenu de la boîte fait un peu pitié, surtout pour un appareil de ce prix.      

Le Pixel porte encore bien son nom      

Depuis ses débuts, la série de téléphones Pixel est reconnue pour la qualité de ses photos. Sur ce point, on ne tournera pas autour du pot très longtemps: c’est encore et toujours le cas avec le Pixel 4.      

La grande nouveauté cette année se veut l’apparition d’une deuxième lentille au dos de l’appareil, soit un téléobjectif de 16 MP, qui s’ajoute à la caméra grand-angle de 12,2 MP déjà présente sur le Pixel 3.      

En s’appuyant sur l’excellent volet «logiciel» du téléphone, Google réussit à offrir un zoom de 8x qui, sans rivaliser avec celui d’un objectif professionnel surdimensionné, donne tout de même des résultats assez intéressants.     

Zoom de 8x

Photo Raphaël Lavoie

Zoom de 8x

  

Zoom de 4x

Photo Raphaël Lavoie

Zoom de 4x

  

Zoom de 2x

Photo Raphaël Lavoie

Zoom de 2x

  

Point de vue original

Photo Raphaël Lavoie

Point de vue original

Selon le fabricant californien, le téléobjectif contribuerait également à améliorer le mode portrait de l’appareil, déjà très efficace dans la troisième mouture du Pixel.      

Difficile de dire pour le moment si la différence est si significative que ça avec son prédécesseur, mais force est d’admettre que le Pixel 4 réussit encore à impressionner avec ses portraits (de chat ou d’humain) et ses autres plans rapprochés d’objets.     

Photo Raphaël Lavoie

  

Photo Raphaël Lavoie

  

Photo Raphaël Lavoie

Comme le «flou» de profondeur de champ est artificiel, il y a évidemment quelques ratés ici et là (comme sur le devant de la pierre tombale ci-dessous). Cependant, les résultats sont majoritairement assez naturels.      

Photo Raphaël Lavoie

(Eh oui, le voisin de mon immeuble est bel et bien un magasin de pierres tombales.)      

Parlant de lentilles, on regrette d’ailleurs la disparition du grand-angle à l’avant du téléphone, qui ne compte désormais qu’une seule caméra pour vos égoportraits en tous genres.      

Toutefois, au niveau des fonctionnalités logicielles, Google continue de charger le Pixel avec divers modes et autres améliorations.      

Parmi ceux-ci, on retrouve notamment un volet astrophotographie qui permet de prendre en photo, vous l’aurez deviné, des ciels étoilés, de même que votre choix de scènes beaucoup trop sombres.      

Une autre touche logicielle appréciable s’avère l’inclusion sur l’application de la caméra d’un ajustement double de l’exposition. On peut donc maintenant ajuster les zones d’ombres et de lumières, directement en prenant un cliché. Pratique, par exemple, en situation de contre-jour.      

Les nouveaux ajustements d'exposition sont situés à droite de l'écran.

Capture d'écran

Les nouveaux ajustements d'exposition sont situés à droite de l'écran.

Seule petite déception, outre la simplification du module caméra à l’avant du Pixel, c’est que la quatrième édition de l’appareil ne vient plus avec un stockage illimité gratuit des photos en taille originale sur Google Photos.      

La nouvelle option sans frais offre plutôt d’héberger un nombre illimité de clichés dans un format compressé et limité à 16 MP. Ce n’est pas problématique si vous n’y mettez que les photos de votre cellulaire, mais il reste qu’il s’agit là d’une régression par rapport à la proposition précédente.      

Motion Sense, la «grosse» nouveauté du Pixel 4?      

À part le nouveau design et le téléobjectif, ce qui retient l’attention lorsqu’on regarde les caractéristiques du Pixel 4, c’est la présence –une première pour l’industrie– d’un radar (bip, bip, bip!) sur le devant de l’appareil.      

Un radar? Oui, un radar!      

La technologie, du nom de Motion Sense, permet concrètement de repérer (bip, bip, bip!) l’utilisateur lorsqu’il s’approche du téléphone et de reconnaître certains de ses gestes effectués devant le Pixel.     

Là où ça fonctionne relativement bien, c’est au niveau du déverrouillage facial, qui se retrouve accéléré par la technologie.      

Ainsi, dès qu’on s’approche du téléphone, le radar détecte notre présence et active la caméra (et le reste de l’attirail) à l’avance, ce qui permet de déverrouiller presque instantanément le Pixel en lui jetant un regard.      

Par contre, lorsqu’il est question de contrôler l’appareil avec des gestes, la fonctionnalité apparaît pour le moment un peu trop embryonnaire.      

On peut entre autres changer de chanson ou encore arrêter une alarme d’un mouvement de la main, mais rien de vraiment révolutionnaire ici.      

Pratique quand on a les bras plongés jusqu’aux coudes dans une chaudière d’ailes de poulet, mais sinon...      

Somme toute, on cherche un peu le réel bénéfice au quotidien de cette petite merveille d’innovation technologique sur le Pixel 4.      

Et les performances dans tout ça?      

Avec son processeur Snapdragon à huit cœurs et ses 6 Go de mémoire vive, vous comprendrez qu’on ne s’éternisera pas trop sur la qualité des performances du Pixel 4.      

Pendant les quelques jours de mon essai, l’appareil m’a à peu près toujours obéi au doigt et à l’œil, avec aplomb et rapidité.     

Photo Raphaël Lavoie

L’utilisation d’applications un peu plus gourmandes, comme Lightroom, n’a pas non plus causé de ralentissement et s’est même révélée très agréable à utiliser sur le Pixel.      

Et si certains ont déploré la capacité sensiblement identique de la pile en comparaison avec la génération précédente d’appareils, je n’ai pas eu de difficulté à passer au travers d’une journée avec le Pixel 4 XL en utilisant le téléphone de façon moyenne.  

Ceci dit, j’en conviens que votre «kilométrage» variera selon vos propres besoins quotidiens. Aussi, la version XL essayée ici utilise une pile plus puissante que le modèle régulier. L'autonomie risque ainsi d'être différente avec l'appareil au plus petit écran.  

L’expérience Android vue par Google      

Venant de l’univers d’Apple, dans lequel je patauge depuis plus d’une décennie, je dois dire que je me suis assez rapidement plu dans la vision d’Android que propose Google avec sa ligne de téléphones en 2019.      

La version d’Android 10 installée sur le Pixel 4 est épurée, fluide et ne se couvre pas trop de fla-fla discutable.      

J’en conviens, c’est la direction que propose Google depuis son incursion dans la fabrication de produits, mais j’ai l’impression que la formule commence sérieusement à être à point.      

Cela importe probablement peu à nombre d’utilisateurs Android, mais pour celles et ceux qui ne jurent que par Apple et ses systèmes d’exploitation, il est intéressant de constater que changer d’allégeances numériques n’équivaut plus nécessairement à traverser le désert vêtu d’un habit de neige.      

En ce sens, il faut souligner l’écosystème que Google s’affaire à construire, avec notamment sa gamme de produits Nest.     

Le Nest Mini

Photo Raphaël Lavoie

Le Nest Mini

Testé en même temps que le Pixel 4, le Nest Mini permet tantôt de demander conseil à l’assistant Google, tantôt d’appeler sa mère ou d’écouter un balado, tout ça avec son téléphone à l’autre bout de la maison.      

Bref, si depuis plusieurs années Google tente de reproduire l’expérience unifiée proposée chez Apple, on semble maintenant s’en approcher de très, très près. Voilà une bonne nouvelle pour le consommateur qui cherche une alternative à la pomme.      

Verdict final      

Non, le Pixel 4 n’est peut-être pas une révolution dans le monde des téléphones intelligents. Il s’agit certes d’une évolution plus que bienvenue de la formule que préconise Google avec sa série de portables depuis maintenant quatre générations.  

Les possesseurs d’un appareil récent n’y verront probablement pas assez d’incitatifs pour débourser le prix plutôt élevé du Pixel 4 (entre 999 $ et 1 259 $ selon la version), mais pour tous les autres, voilà un téléphone performant, doté d’un superbe écran et d’une caméra encore une fois au sommet de sa forme.  

En ce sens, le Pixel 4 pourrait s’avérer un excellent choix pour les amants d’Apple qui ont envie d’essayer autre chose.  

  

On aime:            

  • L’excellente qualité des photos      
  • Le superbe écran OLED      
  • Le raffinement et la maturité d’Android 10            

  

On aime moins :            

  • L’exploitation très sommaire de la technologie Motion Sense      
  • L’absence d’écouteurs et d’adaptateur USB-C vers une prise audio  

 

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