Call of Duty: Modern Warfare: mission accomplie sans feux d'artifice | Pèse sur start
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Call of Duty: Modern Warfare: mission accomplie sans feux d'artifice

Image principale de l'article COD: MW - mission accomplie sans feux d'artifice
Montage Christine Lemus

Activision y est allé d'un investissement massif, mais conservateur, pour faire du redémarrage de la franchise la plus populaire de tous les temps une réussite sur toute la ligne, bien qu'on pourrait la comparer à de vieilles pantoufles confortables.  

Pourquoi changer une recette gagnante?    

Pour certains, une expérience différente prévaut sur un produit qu'on a déjà vu des dizaines de fois.    

Pour d'autres, et assurément pour les actionnaires d'Activision, on préfère une formule éprouvée qui a vendu plus de cent millions de copies au fil de quatre générations de consoles.    

C'est facilement justifiable. À leur défense, les changements tentés dans différentes itérations de Call of Duty ont été (très) mal reçus, notamment par les joueurs de longue date qui se sont fait la main avec la version originale de Modern Warfare, en 2007.    

Le statu quo, ou, dans ce cas-ci, un retour aux sources, n'est donc pas automatiquement négatif.     

Et il ne l'est certainement pas pour Call of Duty: Modern Warfare.    

L'entièreté du plan de marketing est basée sur ce retour aux sources, ce qui a atteint les gamers qui ont découvert les FPS en ligne grâce à la série (comme l'auteur de ces lignes) directement au coeur, mais aussi une génération de nouveaux joueurs.

«COD» comble ces attentes, et encore plus. Bien que le titre prend peu de risques, le résultat final est solide, amusant et immersif. C'est, depuis vendredi, LA nouvelle référence de la série.

«Stay frosty»  

Grandiose, émotif, choquant et digne des meilleurs films d'action, le retour du mode campagne est un triomphe.    

Ne vous en faites pas: aucun spoiler ne fait partie du prochain paragraphe.    

Non, la ligne directrice du scénario ne réinvente rien. Les États-Unis se lancent dans une croisade militaire contre un méchant président russe en quête de contrôle. La bande fait une erreur, doit se retrousser les manches, s'allier avec le Royaume-Uni, opérer dans le quasi secret pour éviter les affronts politiques que cause la guerre, pour finalement sauver la mise à la dernière seconde. Un groupe de rebelles fictifs accusé à tort de soutenir l'organisation moins fictive «Al-Qatala» se joindra à la bataille.

 

Photo Courtoisie

Sans surprise, un lien profond unit certains protagonistes dans leur passé afin de peindre le récit d'une toile au fond de vengeance.    

Bref, vous comprenez où je m'en vais avec ça. Sans dire que c'est du réchauffé, ça ressemble à toutes les autres histoires de guerre moderne, que ce soit dans les jeux vidéo ou au cinéma.    

Heureusement, les rebondissements, bien que parfois prévisibles, sont nombreux et plutôt bien ficelés.     

Les personnages ont une profondeur surprenante. Captain Price est devenu un papa barbu «sexééé» désabusé par la nature humaine et armé d'une carapace émotive très épaisse, mais oh combien attachant.    

On choque parfois qu'avec la simple intention de choquer, mais ça nous garde attentifs, loin de notre envie de consulter nos notifications chaque fois qu'une cinématique épique se pointe le nez.    

Je pense à une mission à Londres, pendant laquelle un groupe de terroristes détonnent leurs vestes explosives en plein centre-ville, causant instantanément un chaos sans précédent qui nous dresse les poils sur les bras.    

De toute façon, est-ce qu'un jeu vidéo se doit de transporter un message lourd de sens sur les atrocités de la guerre?    

Non. Pourquoi écoute-t-on des films d'action hollywoodiens?    

Pour les mêmes raisons qu'on apprécie les campagnes de Call of Duty: intensité, émotion, adrénaline et explosions. Beaucoup d'explosions.   

Et dans ce domaine, le jeu de tir est dans une classe à part. Les graphismes, les effets spéciaux, le mixage sonore, tout impressionne. Avec un casque d'écoute, on a l'impression d'être sur le champ de bataille. J'exagère à peine.

 

Photo Courtoisie

Cependant, j'ai remarqué certaines défaillances sonores dans les dialogues: à quelques reprises, les voix dépassent la pointe maximale, ce qui crée un léger effet de grésillement. Rien de majeur, mais un peu étrange, vu le budget et le reste du mixage sans faute.

Special Operations: solide fondation, murs de carton  

On passera peu de temps sur ce mode, puisque de toute évidence, l'équipe de développement a fait la même chose jusqu'à maintenant.    

Le concept est simple: sautez dans l'action entre amis pour compléter une séquence d'objectifs, de façon locale ou en ligne.   

En ce moment, le mode est tellement «brisé» que c'est drôle plutôt qu'engageant. Lors de ma séance d'une heure avec trois amis dimanche soir, on a rigolé un bon coup, mais pas pour les bonnes raisons.    

La réincarnation d'ennemis est infinie, on manque toujours de balles, on peut facilement faire le choix stratégique de mourir pour atteindre le prochain objectif sans trop d'opposition et j'en passe.    

Bref, beaucoup de travail reste à faire, mais ça promet. C'est l'outil parfait pour prendre une pause de l'exigeant mode multijoueur «joueur contre joueur», sans avoir à prendre une pause de «gros fun» avec votre squad. Reste à voir si le mode sera exploité à pleine capacité.

Adaptation, modifications, intensité  

Ce sont les trois mots qui qualifient principalement, selon moi, le mode multijoueur de Modern Warfare.    

Comparativement aux dernières éditions, tout a été ralenti de façon significative. Mettre l'oeil dans votre viseur («aiming down sight»), récupérer d'un sprint pour faire la même chose, etc.  

On peut affirmer sans trop se tromper que l'objectif est de ralentir le jeu, d'y apporter un côté plus stratégique pour se distancer de sa réputation purement arcade.    

Est-ce que ça fonctionne?    

Dans une certaine mesure, oui. Ça change légèrement la dynamique des parties, mais ce n'est pas imputable qu'à ces mises au point.    

J'ai parlé du mixage sonore incroyable dans la section à propos de la campagne.  

En ligne, il joue un rôle déterminant plutôt qu'accessoire.

Les bruits de pas très audibles vous permettent de situer vos ennemis, tout comme les bruits de balles qui cillent dans vos oreilles ainsi que les explosions à gauche et à droite.    

On évite de fusiller inutilement, on essaie d'être alerte en tout temps. Ça fait changement des autres Call of Duty, n'est-ce pas?    

Or, on remarque plus de «campers», notamment en raison de ces changements qui lient chaque action avec un niveau de risque très élevé.    

De plus, les soldats ont toujours le don de crier un «RELOADING!» en pleine grotte silencieuse très écho pour aucune raison. La mort s'en suivra presque toujours.    

D'un autre côté, l'expérience est tellement immersive qu'on se laisse prendre au jeu. Si on se retrouve pris au piège à une position par un tireur, la pression monte. On essaie de trouver une façon de s'en échapper pour survivre un autre jour (ou dans ce cas-ci, quelques secondes de plus). À l'occasion, c'en est presque claustrophobique, ou, du moins, très stressant.  

Une vague de missiles déchire le ciel? Le bruit d'un jet tellement puissant qu'il fait mal aux oreilles se fait entendre? C'est le temps de courir comme une poule sans tête et de changer de position! 

Bref, certains ajustements sonores viendront probablement équilibrer tout ça. Il n'en reste pas moins qu'Infinity Ward et Beenox frappent dans le mille. La dynamique de Call of Duty: Modern Warfare, lorsque joué en ligne, est assez différente des autres versions pour ne goûter ni la soupe réchauffée, ni un mets trop exotique. 

Cependant, ça risque de vous prendre un moment pour vous y ajuster. Personnellement, je cherche encore un peu mes repères. 

Ces dits repères viennent main dans la main avec les armes que l'on utilise. Et c'est peut-être pour cela que ça me prendra encore quelque temps pour retrouver ma forme d'antan: le système de modification d'armes est, sans exagérer, l'un des plus extensifs que j'ai vu dans un jeu de tir.

Vous voulez ajuster votre visée? Choississez parmi la vingtaine (peut-être même la trentaine) disponible.    

Un nouveau canon? Une nouvelle poignée arrière et avant? Ajouter un lance-grenades sur votre M4A1? Vous pouvez le faire.

Chaque changement vient avec ses avantages et pénalités, ce qui signifie beaucoup, beaucoup, beaucoup d'essais avant de trouver LA combinaison gagnante. Ça viendra.    

Les autres classiques de COD, comme les perks, les killstreaks et j'en passe, sont évidemment de retour.    

Côté modes de jeu, les grands ajouts sont des Matchs à mort à 20 joueurs, les Gunfights (2v2 dans une petite arène), et Ground War, des matchs à objectifs avec véhicules dans d'énormes cartes. 

Mention spéciale au mode Realism: en retirant TOUS les éléments d'interface, incluant les confirmations de kills, on a droit à une expérience sans précédent dans Call of Duty. C'est le mode le plus immersif de tous.

Verdict final    

Call of Duty: Modern Warfare, c'est un peu comme la sauce à spagh de ma mère: on y retrouve quelque chose de familier, de délicieux et de réconfortant, même si la seule chose qui a changé dans la recette des dernières années, c'est la marque des épices et l'ajout de champignons. 

On nous dit parfois d'arrêter de vivre dans le passé et la nostalgie, que notre mémoire peut facilement nous mentir.    

Avec Modern Warfare, on peut revivre une époque pas si lointaine sans se sentir coupable, tout en défragmentant notre mémoire pour recréer cette connexion et cette excitation spéciale que l'on trouvait en ouvrant notre liste d'amis pour constater que «tout le squad est en ligne: ça va être une méchante belle soirée». 

Note finale: 9/10  

Call of Duty: Modern Warfare  

Date de sortie: 25 octobre 2019    

Développeur/éditeur: Infinity Ward/Activision    

Disponible sur: PC, Xbox One, PS4 (version testée)    

Prix: 79,99$    

 

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