Horacio Arruda permet la reprise des jeux d’évasion | Pèse sur start
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Horacio Arruda permet la reprise des jeux d’évasion

Un accueil mitigé dans l’industrie du divertissement de la province

Propriétaire d’Eliviascape, Patrick Toupin a rouvert les portes de son entreprise de jeux d’évasion vendredi dernier.
Photo Stevens Leblanc

Propriétaire d’Eliviascape, Patrick Toupin a rouvert les portes de son entreprise de jeux d’évasion vendredi dernier.

Au plus fort de la seconde vague de l’épidémie, le Dr Horacio Arruda vient de donner le feu vert à la reprise des jeux d’évasion, ce qui cause un malaise même dans les rangs de cette jeune industrie du divertissement.

De plus en plus répandus au Québec, ces jeux immersifs consistent généralement à sortir d’un lieu fermé en trouvant des indices et en résolvant des énigmes. Au début octobre, les centres qui offrent ces «escape rooms» dans les régions en alerte maximale ont dû fermer leurs portes, comme les arcades et les parcs d’attractions.

Mais le directeur national de santé publique a changé son fusil d’épaule. «Après analyse, nous vous informons que les jeux d’évasion sont considérés comme des centres d’amusement intérieur. Ce type d’activité n’est pas interdit», a-t-il fait valoir, dans une lettre transmise à l’Association des jeux d’évasion du Québec le 23 novembre. Notons que des restrictions s’appliquent quant à la désinfection des lieux. Les groupes peuvent être formés de deux personnes qui gardent une distance de deux mètres entre eux ou de membres d’un même foyer.

Patrick Toupin a rouvert les portes de son entreprise de jeux d’évasion de Québec, Eliviascape, vendredi dernier. Il précise que les participants doivent provenir d’une même résidence et que des règles sanitaires strictes sont appliquées.

«Le port du masque est obligatoire en tout temps» et les salles thématiques sont désinfectées entre chaque groupe. M. Toupin admet néanmoins que l’achalandage est faible. Mais selon lui, les centres de jeux d’évasion ne sont pas moins sécuritaires que des boutiques de vêtements, où les clients manipulent des fringues.

60 minutes dans une salle

Un avis qui n’est pas partagé par tous dans l’industrie. «Pour sortir de la pièce, il faut que tu touches des objets, il faut que tu débarres des cadenas, que tu ouvres des portes, manipules différentes choses [...] dans une salle fermée pendant 60 minutes. [...] C’est impossible de désinfecter une salle à 100%», plaide le propriétaire d’une compagnie concurrente, qui souhaite conserver l’anonymat.

Ce dernier ne comprend tout simplement pas la décision du Dr Arruda. «On nous dit de limiter nos déplacements aux activités jugées essentielles, je ne vois pas en quoi un jeu d’évasion est une activité jugée essentielle», insiste celui qui ne compte pas rouvrir son centre aux clients à court terme.

Cet entrepreneur estime que les règles sanitaires imposées sont incompatibles avec une reprise viable des activités, qui attirent généralement des groupes d’amis et des collègues de bureau avides de sensations fortes.

Chez SOS Aventure, qui possède des salles à Saint-Jérôme et à Québec, on reconnaît que les familles ne forment qu’une petite partie de la clientèle des centres d’évasion. Rémi Barbeau compte néanmoins rouvrir son commerce d’ici la fin de la semaine.

Il estime que les jeux immersifs ne sont pas des lieux plus à risque que d’autres de propager la COVID-19. «L’environnement est quand même nettoyé, alors entre aller au centre d’achat et un jeu d’évasion, c’est sûr qu’un jeu d’évasion est plus sécuritaire», dit-il.

M. Barbeau ajoute toutefois que les entreprises comme la sienne ont été placées devant un dilemme. La lettre du Dr Arruda, qui leur permet de rouvrir, risque de les disqualifier des mesures d'aide financière accordées par les différents paliers de gouvernement.

Au cabinet du ministre Pierre Fitzgibbon, on précise que l’aide aux entreprises en régions en alerte maximale s’applique aux compagnies à qui on impose des restrictions pour la réouverture et qui ne peuvent opérer au maximum de sa capacité.