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Gab, le nouveau repaire des partisans de Trump, expliqué en six points

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Photo AFP

Comme «la nature a horreur du vide», les partisans de Donald Trump et autres figures ultraconservatrices américaines ont rapidement trouvé une alternative au réseau social Parler, suspendu lundi par Amazon, Apple et Google: la plateforme Gab.

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Mais quel est ce site, qui était jusqu’à tout récemment inconnu du commun des mortels, tout particulièrement de ce côté-ci de la frontière?

On vous trace un bref portrait de Gab en six points.

Gab n’est pas nouveau: le réseau social a été fondé en 2016 

C’est peut-être difficile à croire puisque son nom ne vous dit pas grand-chose, mais la fondation de Gab ne date pas d’hier. Elle remonte plutôt à 2016, dans le but de se positionner comme une alternative à Facebook et Twitter, qui mettrait de l’avant la liberté d’expression plutôt que la modération des propos.

En novembre 2016, lors d’une entrevue avec le Washington Post, le fondateur Andrew Torba avait mentionné qu’il sentait «qu’il était temps qu’un leader conservateur intervienne et offre un forum où n’importe qui pourrait venir et parler librement sans avoir peur de la censure».

Ce dernier trouvait alors que «tous les réseaux sociaux majeurs» étaient contrôlés et appartenaient à des «leaders progressistes» de Silicon Valley.

Qui est le fondateur de Gab, Andrew Torba? 

Se décrivant sur son profil comme «un chrétien, un mari, un père, un patriote américain et le PDG de Gab», Andrew Torba a fondé le réseau social à l’âge de 25 ans.

Après avoir fait ses débuts dans le monde de la technologie en mettant sur pied, en 2011, une entreprise spécialisée dans la publicité ciblée, l’entrepreneur républicain aurait par la suite tenté de faire sa place à Silicon Valley.

En tant que conservateur, il ne s’y serait toutefois pas senti à sa place, ont mentionné certains de ses amis à Bloomberg, en 2017. C’est dans cette optique qu’il aurait donc décidé de concevoir Gab.

Comment fonctionne Gab? 

D’abord lancé comme un émule de Twitter, Gab empruntait beaucoup à la populaire plateforme de microblogging: des publications limitées en caractères, la possibilité de suivre d’autres utilisateurs ou de chercher des publications par le biais de mots-clics. Le réseau social proposait aussi au départ une fonction similaire à celles de Reddit, où on pouvait voter pour (upvote) ou voter contre (downvote) chaque publication.

Depuis, tout en conservant plusieurs mécaniques de Twitter, Gab s’est rapproché de Facebook, avec une interface qui n’est pas sans rappeler la plateforme imaginée par Mark Zuckerberg. Il est par exemple désormais possible d’y joindre des groupes, à la façon, justement, de Facebook.

Ce qui attire toutefois les nouveaux utilisateurs ces jours-ci, c’est la modération quasi inexistante des propos sur le réseau social.

Une plateforme fréquentée par des ténors ultraconservateurs et des membres de l’extrême droite 

L’exode virtuel des partisans du président américain sortant Donald Trump vers Gab est assez récent, mais son attrait pour les militants de droite (et d’extrême droite), motivé par la faible modération de la plateforme, date d’avant 2021.

Il n’est donc pas rare d’y croiser des théories du complot, comme celles véhiculées par QAnon, de même que des propos politiques ultraconservateurs, parfois violents, antisémites ou prônant la suprématie blanche.

En ce sens, plusieurs usagers bannis de Facebook ou Twitter ont trouvé refuge du côté de Gab. Parmi les plus connus, Milo Yiannopoulos, Alex Jones ou encore le militant d’extrême droite Richard B. Spencer se sont joints à la plateforme à travers les années.

En avril 2020, Gab avait un peu plus d’un million d’utilisateurs enregistrés, selon des informations de Fox Business. Après les événements des derniers jours, ce nombre n’est cependant probablement plus d’actualité.

Au tour des partisans de Trump de rejoindre Gab 

Ainsi, même si le site a été fondé il y a plus de quatre ans, Gab connaîtrait cette semaine un véritable regain de popularité, d’après son fondateur et PDG.

Mercredi matin, Andrew Torba partageait sur son profil Gab que le réseau social aurait, en quatre jours, cumulé 1,7 million de nouveaux utilisateurs, 51 millions de visites et plus de 91 millions de pages vues.

Cela peut s’expliquer par la mise hors ligne lundi de Parler, une autre plateforme sociale fréquentée par la droite et l’extrême droite américaine. Avant Gab, celle-ci avait aussi bénéficié d’une forte hausse de trafic et d’adhésion, après que plusieurs réseaux sociaux traditionnels eurent décidé de suspendre les comptes de Donald Trump en réaction aux violences perpétrées au Capitole américain.

De ce fait, jeudi, il était encore très difficile d’accéder à Gab, le site web étant visiblement beaucoup plus fréquenté qu’à son habitude.

La plateforme a déjà fait l’objet de critiques par le passé 

Cela dit, ce n’est pas la première fois que Gab fait les manchettes. En 2018, l’auteur présumé d’une fusillade dans une synagogue de Pittsburgh, qui a tué 11 fidèles, y aurait partagé des messages et menaces antisémites avant la tragédie.

Selon le Washington Post, le réseau social avait alors mentionné avoir suspendu le compte du suspect et communiqué avec le FBI. Cela n’avait toutefois pas empêché de gros joueurs, comme PayPal et l’hébergeur Web GoDaddy, de se dissocier de Gab et d’arrêter de fournir des services à l’entreprise.

La plateforme a disparu à ce moment-là du web pendant plus d’une semaine, mais est ensuite revenue en ligne, par le biais d’un autre hébergeur.

Notons que, tout comme c’est désormais le cas de Parler, aucune application de Gab n’est offerte sur l’App Store d’Apple et la boutique Google Play.

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