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Sites de rencontres: gare aux arnaques par vidéo et l'IA

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Vous êtes sur le marché des rencontres en ligne et avez trouvé plusieurs partenaires potentiels. Votre crainte à ce stade-ci se résume à savoir si ces personnes à l’autre bout sont bien réelles ou de sinistres personnages derrière un faux profil.  

Pour le savoir, il n’y a pas cinquante-six solutions. La première, vérifiez sur Google Images les photos avec la recherche inversée. La seconde, plus efficace, est celle d’initier un appel vidéo sur WhatsApp, Messenger ou d’autres plateformes comme Skype – tout le monde possède l’une ou l’autre des applications de messagerie – pour vérifier si votre vis-à-vis correspond bien à la personne du profil.

Là où ça se gâte, c’est quand la personne (l’escroc) à l’autre bout utilise les plus récentes techniques d’arnaque pour vous attirer dans son piège.

À cette fin, l’arnaqueur vous demandera d’utiliser une application comme Skype qui offre l’avantage d’offrir une version sur ordinateur compatible avec ses programmes. Dès qu’on vous demande d’utiliser Skype sur ordinateur ou un programme qui n’est pas une application mobile, c’est déjà un premier soupçon à avoir.

Programmes d’hypertrucage  

Avec ces derniers, il peut alors se faire passer pour la personne du profil à l’aide de programmes d’hypertrucage (deepfakes); un procédé de manipulation audiovisuelle qui recourt aux algorithmes de l'apprentissage profond pour créer des trucages ultraréalistes, tant en image qu’en audio.

Même si le procédé est suffisamment perfectionné, plusieurs indices vous préviendront de la ruse.

Des indices comme l’image vidéo qui n’est pas normale, la personne parle toute seule et ne semble pas comprendre ce que vous dites ou a un accent différent du pays d’origine.

Dans certains cas, votre faux correspondant prétextera par écrit que son ordinateur a des problèmes audio.

On vous enregistre!  

Dans tous les cas, l’arnaqueur est capable de vous filmer et d’enregistrer votre voix. Dès qu’il y a anguille sous roche, cessez de parler et coupez la connexion.

Avec les mêmes procédés d’hypertrucage, l’escroc peut, avec ces enregistrements audiovidéo, monter une vidéo pour vous faire dire les pires sottises sur les réseaux et, bien entendu, exercer du chantage contre rançon.

Pour celui-ci, il ne sera plus nécessaire d’initier un discours romantique pour vous dénuder ou autre. Votre image et le son de votre voix lui seront suffisants pour tromper tout le monde et vous arnaquer.

Pour éviter pareille situation, exigez que l’appel vidéo se fasse par téléphones intelligents. Si l’autre refuse, oubliez vite ce personnage.

Mais avant d’en arriver à l’appel vidéo, une foule d’indices vous mettront la puce à l’oreille.  

  • Incompatibilités: une fille de Québec qui ne parle pas français ou une Brésilienne qui ne parle pas portugais, ça cloche;  
  • Âge, attrait: trop belle, trop beau ou trop jeune pour vous. Dans cette catégorie, on peut ajouter les «profils populaires du moment», comme ceux des jolies Japonaises très en vogue dans les vidéos TikTok. Dans des sites de rencontres comme Tinder, celles-ci sont nettement surreprésentées par rapport à la population féminine de la région montréalaise.  
  • Argent: la personne demande des fonds pour se sortir de difficultés;  
  • Grammaire: le texte du profil semble avoir été écrit depuis un autre pays;  
  • Distance: le profil indique Paris, mais la distance affichée ne correspond pas, c’est signe que la personne vous écrit de beaucoup plus loin, comme en Afrique;  
  • Amour de Dieu: se prétendant «God-fearing», la religiosité n’est en fait qu’un prétexte pour tromper tout en rassurant les plus conservateurs attirés par une personne plus jeune et plus sexy.    

En un mot, fiez-vous à vos instincts.

Des villes entières occupées à l’hameçonnage  

Sextorsions, hameçonnages, des villes entières comme Oued Zem au Maroc sont devenues des foyers d’escrocs qui recherchent dans les réseaux sociaux comme Facebook et les sites de rencontres des victimes potentielles. «Dès qu’un individu répond à un appel vidéo – sur Skype ou autre logiciel et même Facebook –, ceux-ci activent un programme qui montre à la victime une vidéo préenregistrée d’une fille ou d’un jeune homme téléchargée depuis un site de caméra web dans la vaste industrie pornographique», découvre-t-on sur le site de la BBC.

Inutile de vous décrire la suite. S’ils réussissent à enregistrer la victime dénudée, le chantage démarre en menaçant de publier la vidéo sur les réseaux, sur YouTube et jusqu’aux comptes de la famille. Bien entendu, les escrocs offrent «d’oublier» la vidéo contre 5000 euros ou dollars.

Et les tarifs de l’extorsion grimpent en fonction du statut matrimonial et du poids de la religion. Dans le business de l’extorsion, les jeunes d’Oued Zem peuvent encaisser chacun jusqu’à 500$ par jour. Pour ces derniers, c’est ça ou la pauvreté.

Quels visages sont faux?  

Enfin, voici une autre preuve du terrible défi que présentent les technologies d’intelligence artificielle pour générer des visages aussi vrais que nature.

Dans cet exercice en ligne créé par l’Université de Washington, tentez de déterminer entre deux visages lequel est faux.

Selon vous, laquelle de ces images est fausse?

Vous verrez que c’est pratiquement impossible! Et avec cette technologie, vous pouvez imaginer et craindre les moyens immenses que des gens malveillants peuvent utiliser pour tromper beaucoup, beaucoup de monde.

Une fausse arnaque pour faire prendre conscience des dangers?  

Voici une nouvelle qui a de quoi faire réfléchir sur les dangers des pourriels. Les employés d’une société de transport ferroviaire en Angleterre ont reçu un courriel leur annonçant une prime pour leurs bons et loyaux services pendant la pandémie. Sauf que le courriel était en réalité un test de simulation d’hameçonnage par l’employeur pour sensibiliser ses employés aux dangers des pièges transmis par courriel. 

S’il faut aller jusque-là pour faire passer le message, eh bien allons-y.