Far Cry 6: pourquoi y jouer... et pourquoi passer son tour [CRITIQUE] | Pèse sur start
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Far Cry 6: pourquoi y jouer... et pourquoi passer son tour [CRITIQUE]

Far Cry 6
Image courtoisie Ubisoft

Far Cry 6

Qu’on le veuille ou non, après 17 ans, six volets et une tonne de contenu supplémentaire, il est difficile de ne pas avoir une idée un peu déjà faite sur Far Cry. Figée dans le temps, à la manière des univers qu’elle dépeint, la franchise a ses fidèles et ses détracteurs année après année, itération après itération.

Faut dire qu’à part un détour moyennement réussi avec Far Cry Primal, qui nous amenait à l’âge de pierre, Ubisoft rebrasse sans cesse la même formule: une destination exotique, un tyran sanguinaire et un grand monde ouvert parsemé d’activités. Ça a du bon si vous êtes fans de la formule, un peu moins si vous ne l’êtes pas.

Alors, est-ce que ça change avec Far Cry 6? L’histoire a beau nous lancer au centre d’une révolution, Ubisoft n’a visiblement pas choisi le même périple pour sa nouvelle mouture.

Après une vingtaine d’heures de jeu sur la PS5, je vous offre donc cette critique éclair: Far Cry 6 est définitivement un Far Cry, pour le meilleur et le pire. Un titre que certains vont adorer et d’autres détester.

Ainsi, devriez-vous vous lancer dans l’aventure de Far Cry 6? Regardons tout ça plus en détail.

Vous voulez une histoire fraîche et unique? Passez votre tour!  

Pour les mêmes raisons que l’on ne va pas au Cinéma L’Amour pour voir un film d’auteur, on ne joue pas à Far Cry pour plonger dans une histoire qui changera notre vision du monde à tout jamais. Et Far Cry 6 ne fait pas exception à la règle.

On y prend les commandes de Dani Rojas, combattante ou combattant, au choix du joueur, qui aura à rallier les différentes factions révolutionnaires de l’île fictive de Yara, située en Amérique latine, afin d’y faire tomber le régime du dictateur Antón Castillo (joué de main de maître par Giancarlo Esposito).

Ce dernier, bien que charismatique, est un –roulement de tambour– tyran à la tête d’un régime qui torture ses opposants et les condamne à du travail forcé dans des champs de tabac. La culture de la plante, utilisée pour fabriquer un remède supposément miracle contre le cancer, le Viviro, est par la suite assez centrale à différents segments de l’histoire.

Aux premiers abords, la table semble être mise pour une critique en bonne et due forme des régimes autoritaires ayant gouverné en Amérique latine. Or, ladite critique reste en surface et on se retrouve avec un scénario qui tient, sans grande surprise, beaucoup plus du blockbuster. Tout est gros: les personnages, leurs motivations, l’intrigue, les dialogues.

Je peux comprendre que le commandant de l’armée de Yara me lance des insultes lorsque j’essaie de descendre son hélicoptère de combat, mais qu’il me dise plus spécifiquement qu’il va «pisser dans les gorges tranchées de tous ceux à qui je tiens»... Ça vous donne une idée du degré de nuances de l’écriture.

Capture d'écran Ubisoft / Raphaël Lavoie

Ce n’est rien de nouveau en ce qui concerne Far Cry, me direz-vous, et vous avez bien raison. Mais comme ce sixième volet peut laisser entrevoir un vent de critique sociale, j’aime aussi bien vous le confirmer: ce n’est qu’une façade. Parce que ce n’est pas en écrasant des soldats sur fond de Ricky Martin que l’on va refaire le monde.

Vous vous demandez ce que votre PS5 a dans le ventre? Far Cry 6 peut vous en donner un aperçu  

Ne partons pas en vrille: Far Cry 6 n’est pas une immense bombe technique, mais on parle tout de même d’un titre de «nouvelle génération» sur la PS5, console sur laquelle j’ai pu y jouer.

Le gameplay est fluide, les environnements, véhicules et armes sont détaillés et l’expérience visuelle, en règle générale, est assez riche. Cependant, là où Ubisoft marque un encore plus gros point, c’est sur son utilisation des nouvelles technologies de la PS5, comme son stockage SSD ultrarapide et sa manette DualSense.

De ce fait, les temps de chargement, bien que présents, sont définitivement courts, tout spécialement pour un monde ouvert de cette taille, et la DualSense parvient à transmettre une variété de sensations avec un bon degré de précision.

Capture d'écran Ubisoft / Raphaël Lavoie

Non seulement les gâchettes adaptatives sont utilisées à bon escient par les différentes armes, mais le retour haptique amène la conduite des véhicules à un autre niveau, alors que vous pouvez ressentir chaque chaussée au bout de vos doigts. Il y a une très bonne attention aux détails à ce niveau et il est important de le souligner.

Vous voulez des missions révolutionnaires? Vous n’en trouverez pas beaucoup ici  

Aimez-vous les «fetch quests» et les missions d’escorte? J’espère que oui, parce que c’est à peu près tout ce que vous ferez dans Far Cry 6. Certes, sous différentes formes et dans des environnements variés, mais sans échapper à une redondance qui arrive assez vite.

Capture d'écran Ubisoft / Raphaël Lavoie

On peut toujours s’attendre à une certaine standardisation des quêtes lorsqu’il est question d’objectifs secondaires, mais quand les missions principales se ressemblent toutes un peu, il faut l’avouer, ça finit par être lassant.

Le monde ouvert rempli au rebord d’activités vient toutefois sauver la donne, parce que si la qualité, ou du moins la profondeur, n’est pas toujours au rendez-vous, la quantité, elle, l’est définitivement. Ce qui nous amène au point suivant...

Vous cherchez un immense monde ouvert où vous perdre? C’est pour vous!  

Far Cry a bâti sa réputation sur ses mondes ouverts à la fois exotiques et gigantesques, où chaque parcelle de terrain (ou presque) mérite d’être explorée. Et sur ce point, le sixième volet de la franchise ne déçoit pas.

Capture d'écran Ubisoft / Raphaël Lavoie

Fortement inspirée de Cuba, l’île de Yara mêle jungles denses, plages paradisiaques, villages et sommets à grimper, littéralement, à coups de grappin. Pour les plus citadins, on retrouve à Yara aussi la ville d’Esperanza, au nord de l’île, où siègent le vilain Antón Castillo et son fils (et dauphin) Diego.

La quête principale vous mènera par la force des choses d’une région à l’autre, protégées par des soldats plus ou moins forts selon les endroits, mais, vous pouvez aussi choisir d’explorer à votre rythme Yara à bord d’un des nombreux véhicules à votre disposition. Voiture, camionnette, VTT, moto, camion militaire, avion, hélicoptère, bateau de pêche ou motomarine: inutile de dire que ce n’est pas le choix qui manque!

L’histoire se répète d’ailleurs au niveau des activités qui peuplent la carte au-delà des quêtes principales et secondaires. Il y en a... presque trop! Si les objectifs plus classiques comme la prise de points de contrôle et bases militaires ne manquent pas au rendez-vous, on retrouve aussi des passe-temps un peu exotiques au menu.

Envie de faire de la course automobile? De traquer l’alligator? De devenir chasseur de trésor? Pas besoin de changer de jeu, Far Cry 6 a tout ça.

Il y a même... des combats de coqs à la Street Fighter.

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Cependant, il faut apporter un bémol: le monde ouvert de Far Cry 6 est immense et gorgé d’activités, mais ce n’est assurément pas l’univers le plus «organique», contrairement à un Red Dead Redemption 2, par exemple.

En ce sens, au lieu de découvrir les secrets de Yara en l’explorant et en constatant, disons, une colonne de fumée au loin ou une diligence renversée sur le côté de la route, vous trouverez plutôt des mémos dans des bâtiments militaires, ou croiserez des alliés, qui vous révéleront de nouveaux points d’intérêts sur votre carte. Par la suite, c’est une question d’aller d’une icône à l’autre pour prendre part aux différentes activités.

Vous l’aurez deviné, le processus est à la fois assez artificiel et générique... et n’est pas sans rappeler d’autres titres d’Ubisoft. Ce genre de procédés était peut-être la norme il y a dix ans, mais en 2021, il y a moyen de faire beaucoup mieux en termes d’immersion dans un mode ouvert.

Alors le jeu est l’fun? Oui, mais...  

La grande question... parce que, après tout, Far Cry 6 est un jeu.

Alors, oui, dans cette optique, le plus récent volet de la franchise d’action est réussi. C’est un divertissement au sens le plus pur du terme. Le gameplay est nerveux, les mécaniques de tir sont bien huilées et on ne manque jamais de quoi à faire.

Capture d'écran Ubisoft / Raphaël Lavoie

Certes, ce n’est pas parfait non plus de ce côté. L’intelligence artificielle est (très) perfectible, tout comme l’équilibre entre des passages un peu trop faciles... et d’autres qui vous feront perdre patience. Même chose du côté des séquences d’infiltration, qui manquent en finesse et vous obligeront presque toujours à sortir de votre couverture pour essayer de faire votre chemin en «tirant dans le tas».

Cela dit, la plupart du temps, on se prend au jeu et Far Cry 6 s’avère divertissant... et remplit donc ce qui semble être son objectif premier. Le titre ne se prend pas au sérieux et ne manque pas de le rappeler, que ce soit avec ses compagnons animaliers farfelus ou ses armes absolument ridicules.

Capture d'écran Ubisoft / Raphaël Lavoie

Mais pendant que The Last of Us Part II fait réfléchir, Deathloop innove, Psychonauts 2 parle avec humour de santé mentale, Spiritfarer réconforte et Half-Life: Alyx repousse les limites technologiques... Far Cry 6 divertit avec la même formule que depuis plus d’une quinzaine d’années.

Vous aimez la franchise? Vous voulez mettre votre cerveau à off? Vous cherchez un FPS solo bien huilé qui vous donnera des dizaines d’heures de jeu? Far Cry 6 cochera plusieurs cases sur votre liste de souhaits.

Cependant, si vous voulez voir ce qui se fait de meilleur dans le monde des jeux vidéo depuis quelques années, vous faites peut-être mieux de passer votre tour. Il y a plus frais, innovant et actuel à découvrir ailleurs.

La critique de Far Cry 6 a été effectuée sur PS5 avec une copie fournie par Ubisoft.

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