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Essai: le Narwal T10 lave mieux les planchers que moi

Image principale de l'article Le Narwal T10 lave mieux les planchers que moi
Photo: Maxime Johnson, Illustration: Christine Lemus

J’ai une sainte horreur du ménage. Alors lorsque j’ai appris l’existence d’un robot pouvant passer l’aspirateur et la vadrouille, je n’ai eu d’autre choix que de l’essayer. Un mois plus tard, mes planchers n’ont jamais été aussi propres.

En toute honnêteté, mes attentes envers le Narwal T10 étaient assez basses. Je ne voyais pas comment un robot de première génération d’une compagnie inconnue pouvait espérer être aussi efficace que les appareils de marques établies, comme iRobot, qui ont eu des années pour fignoler leurs produits. 

J’avais tort. 

Comment ça fonctionne?      

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Le Narwal T10 en action. Vidéo : Maxime Johnson

Le Narwal T10 – oui, l’entreprise a bel et bien repris la nomenclature des robots dans Terminator pour nommer l’appareil! - est un robot 2-en-1, dont la base peut être changée pour le faire passer du mode aspirateur au mode vadrouille. Celui-ci est doté d’une grosse station d’accueil, qui permet de le recharger, de laver ses chiffons (deux rondelles qui tournent rapidement sous le robot) et de les sécher après utilisation. 

Contrairement aux aspirateurs d’iRobot, la base ne sert toutefois pas à aspirer la poussière. Pour s’en débarrasser, il faut plutôt vider le petit réservoir du robot à la main. 

Comme avec les autres robots haut de gamme du genre en 2021, le Narwal T10 est principalement contrôlé avec une application mobile. À la première utilisation, le robot enregistre une carte de votre maison, et vous pouvez ensuite la séparer en pièces pour lui faire nettoyer seulement certains endroits au besoin. C’est pratique pour nettoyer la cuisine deux fois par semaine, mais son bureau une seule fois par mois, par exemple.

L’application mobile du Narwal T10.

Photo : Maxime Johnson

L’application mobile du Narwal T10.

Dans le cas du mode vadrouille, vous pouvez aussi changer certains paramètres, pour faire passer le T10 plus d’une fois à chaque endroit, par exemple, ou pour ajuster le niveau d’humidité. On peut aussi définir des zones où le robot ne doit pas aller, en mode aspirateur, en mode vadrouille, ou les deux.

L’application et l’installation représentent probablement la principale faiblesse du Narwal T10, surtout comparé aux autres appareils du genre. Le T10 a par exemple tenté à quelques reprises de communiquer avec moi en mandarin lors de la première utilisation, et la carte pourrait être plus facile à personnaliser. On doit absolument choisir des noms de pièces préétablis, par exemple. La navigation est aussi souvent peu intuitive. 

Dans l’ensemble, ce sont toutefois des points qui ne sont pas très importants, et auxquels on s’ajuste rapidement (sauf le mandarin, mais l’appareil a depuis compris qu’il devait s’entretenir avec moi en anglais).

Aspirateur: silencieux et efficace (sur du plancher)      

La poussière est amassée dans un bac à l’intérieur du Narwal T10.

Photo : Maxime Johnson

La poussière est amassée dans un bac à l’intérieur du Narwal T10.

J’ai fait mon premier test alors que mes planchers étaient plutôt propres. Le Narwal T10 est parti dans un silence assez étonnant (c’est l’aspirateur-robot le plus silencieux que j’ai testé à ce jour: plus que ceux de Dyson et d’iRobot). Je m’attendais à ce qu’il revienne presque vide. 

À son retour, après avoir nettoyé 40 mètres carrés en 40 minutes, le réservoir de poussière était plein à ras bord. D’où venait cette poussière? Je l’ignore. Mais le Narwal T10 a clairement trouvé un coin sous un meuble (son profil assez bas lui permet de se faufiler un peu partout) qui m’échappait habituellement. En l’observant, j’ai d’ailleurs aussi été impressionné par sa précision pour visiter chaque recoin d’une pièce et pour contourner les objets, comme des pattes de chaises. 

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Le Narwal T10 fait le tour d’une patte de chaise, en mode vadrouille. Vidéo : Maxime Johnson

Notons que mon plancher est en bois franc, et non en tapis. Le mécanisme du robot est assez minimaliste et fonctionne bien sur une surface plane du genre. Sur un tapis, ce n’est toutefois pas suffisant. Un appareil comme le iRobot S9, qui combine plusieurs types de brosses, est dans ces cas-là à considérer. 

Le T10 ne peut pas non plus monter ou descendre les étages d’une maison (bref, le T-800 de Terminator, ce n’est pas pour tout de suite). 

Vadrouille: plus de travail de notre part, mais des résultats étonnants      

Le Narwal T10 avec ses deux brosses installées.

Photo : Maxime Johnson

Le Narwal T10 avec ses deux brosses installées.

Ma plus grande surprise par rapport au T10 a été son mode vadrouille. 

Vous vous souvenez quand j’ai dit que mes planchers étaient plutôt propres? C’était une exagération. Ils étaient en fait ridiculement sales, avec des taches incrustées d’origines inconnues (ce serait facile de blâmer mon bébé d’un an, mais tout le monde sait bien que c’est probablement moi le responsable).

Pour passer en mode vadrouille, on remplace les brosses de l’aspirateur par les chiffons de la vadrouille, on remplit l’un des deux contenants à l’intérieur de la station d’accueil avec de l’eau et on ajoute une feuille de détergeant concentré. Ces feuilles coûtent 25$ pour 40 unités, et chacune permet de faire deux lavages environ, sur un étage de bonne taille. 

Je ne suis pas un très grand amateur du concept. Le détergeant de Narwal fonctionne bien et il sent plutôt bon, mais j’aimerais mieux utiliser un produit naturel de mon choix. Notons que Narwal ne recommande pas de prendre son propre détergeant, pour ne pas briser l’appareil, mais probablement qu’il serait possible de trouver la bonne concentration de son produit préféré à utiliser par essai et erreur. 

Les récipients pour l’eau propre et l’eau sale dans la station d’accueil du Narwal T10.

Photo : Maxime Johnson

Les récipients pour l’eau propre et l’eau sale dans la station d’accueil du Narwal T10.

Le nettoyage à la vadrouille est un peu plus long que l’aspirateur (1h40 dans mon cas), en partie parce que le T10 doit par défaut passer partout deux fois, et parce qu’il doit revenir souvent à la base pour faire laver (automatiquement) ses deux chiffons. L’eau usée est alors amassée dans un second récipient, qu’il faudra vider à la fin du processus pour éviter que la saleté s’incruste. 

L’efficacité de la vadrouille m’a jeté par terre. Je m’attendais honnêtement à ce que l’appareil soit bon pour laver ce qui est déjà propre ou ce qui est liquide, mais que les vieilles taches, sur lesquelles il faut normalement frotter, restent sur le plancher. Je faisais erreur. Après avoir accompli son travail, tout le plancher était étincelant. En un mois environ, une seule tâche a nécessité un (léger) frottement manuel, et l’appareil n’a pas été capable d’effacer des traces de crayons de cire une autre fois, mais c’est tout. 

Un plancher de bois franc, avant et après les deux passages du Narwal T10. Aucun jugement ne sera toléré.

Photo : Maxime Johnson

Un plancher de bois franc, avant et après les deux passages du Narwal T10. Aucun jugement ne sera toléré.

Dans l’ensemble, j’ai vraiment apprécié l’expérience, même s’il faut reconnaître que la vadrouille demande un peu d’effort de notre part, notamment dans les changements d’embouts, dans la gestion des eaux propres et usées et dans la préparation du plancher (on veut éviter les objets par terre et les tapis, par exemple). C’est tout de même moins de travail que de laver à la main, ce qui nous incite à nettoyer plus souvent.

Notons qu’il est aussi possible d’installer une bande magnétique (fournie avec l’appareil) pour déterminer des zones que le robot doit éviter, ce qui pourrait être pratique dans certains cas (un petit tapis sous un meuble lourd, par exemple, ou un amas de câbles à protéger).  

Réflexions à long terme      

Le Narwal T10 en action en mode aspirateur.

Photo : Maxime Johnson

Le Narwal T10 en action en mode aspirateur.

J’ai toujours quelques craintes par rapport aux achats chers auprès de petites compagnies, surtout dans le cas d’un appareil connecté et potentiellement fragile comme celui-ci, avec plusieurs pièces amovibles. 

Quelques caractéristiques du Narwal T10 me rassurent un peu, cela dit. J’aime par exemple que les accessoires et quelques pièces essentielles peuvent être achetés séparément. J’apprécie aussi que le robot peut fonctionner partiellement, même sans connexion Internet ou si la compagnie venait qu’à faire faillite (on perdrait alors les fonctionnalités comme les cartes sur son téléphone et la gestion des pièces, mais on pourrait quand même lancer l’aspirateur ou la vadrouille avec un bouton sur le robot). 

Je regrette toutefois la courte garantie de 30 jours. Il est aussi facile d’oublier l’eau souillée dans la station d’accueil, et cette dernière est particulièrement sale. De quoi aura l’air le récipient dans 2 ans? Cela me fait un peu peur. Pouvoir acheter plus de pièces de rechange (incluant un récipient d’eau sale) me rassurerait. Narwal devrait d’ailleurs s’inspirer d’iRobot sur ce point.

Le récipient d’eau sale après un lavage.

Photo : Maxime Johnson

Le récipient d’eau sale après un lavage.

 

Dans l’ensemble, la qualité semble tout de même au rendez-vous, mais il y a toujours une certaine notion de risque avec un achat du genre, et il faut en être conscient.

Chose certaine, l’efficacité du Narwal T10 est étonnante. Je préfèrerais deux appareils différents plutôt qu’un 2-en-1, cela dit, ce qui permettrait de plus facilement programmer un balayage, suivit d’un nettoyage lorsqu’on n’est pas à la maison. Dans sa forme actuelle, il faut absolument être présent pour remplacer les embouts entre les deux, ce qui n’est pas très pratique. 

Il y a aussi place à quelques améliorations (compatibilité avec les assistants vocaux et meilleure personnalisation des cartes, par exemple). Si on revient à l’essentiel, le robot est toutefois amplement capable d’accomplir sa directive première : mieux laver les planchers que moi et le faire plus souvent (la barre était basse, j’en conviens). C’est ce qui compte le plus.

Le Narwal T10 est habituellement vendu 1399$. Il est toutefois en ce moment offert 999$ sur Amazon, à l’occasion des soldes du Vendredi fou. C’est l’une de mes belles découvertes technos cette année. 

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