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Lensa: une application populaire, mais pas sans risques

Image principale de l'article Une application populaire, mais pas sans risques
Photo Julie Côté

Une application utilisant l’intelligence artificielle gagne en popularité chez les internautes québécois, mais elle est loin d’être sans risques pour les données personnelles. 

Lancée en 2018 et hébergée en Russie, l’application Lensa est sortie du lot en novembre dernier grâce à la fonction Magic Avatar où l’on peut téléverser de 10 à 20 portraits, et l’intelligence artificielle retouche les «imperfections du visage» pour que vos photos puissent «atteindre le niveau supérieur».

Au coût de 5$, l’application vous offre 50 portraits de vous en avatar – 5 variations de 10 styles différents –, lesquels semblent avoir été réalisés par des artistes numériques.

Photo tirée de la page Facebook de Benoît Vermette

«J’ai vu plusieurs personnes de mon entourage avec et je me suis dit... pourquoi pas!», a dit Benoît Vermette, photographe à son compte demeurant dans la région de Montréal, et qui a indiqué ne pas s'en faire pour ses données en ce moment.

Selon l’entreprise d’analyse de données d’applications Sensor Tower, l’application a été téléchargée à travers le monde 1,6 million de fois en novembre, soit une hausse de 631% par rapport à octobre.

Faire attention

L’outil est intéressant, mais les conditions d’utilisation de l’application en font sourciller plusieurs, selon ce que rapporte le site spécialisé dans le domaine de la technologie Mashable.

Bien que Prisma, la compagnie qui gère l’application, déclare qu'elle «n'utilise pas les photos que vous fournissez... pour une raison autre que de leur appliquer différents filtres ou effets stylisés», la société conserve les données personnelles pendant une durée non spécifiée dans la politique de confidentialité.

«Tout ce qui est relié à la capture de données biométriques, ce sont des données qui peuvent être utilisées par des acteurs étatiques ou des organisations criminelles, qui peuvent essayer de se faire passer pour nous ou dans le cadre d’autres programmes», explique Luc Lefebvre, expert en cybersécurité.

Comme l’application est hébergée en Russie, il est difficile de réellement légiférer contre celle-ci. «Toutefois, c’est sûr que si on veut adopter les meilleures pratiques, particulièrement avec la loi 25 adoptée en septembre dernier, c’est évident qu’il devrait y avoir des avertissements qui expliquent la capture de leurs renseignements personnels des données sensibles en lien avec leur vie privée», a-t-il ajouté.

Prisma s’est défendue, précisant à un autre site spécialisé dans le domaine de la technologie, TechCrunch, qu’elle utilisait les services infonuagiques d’Amazon Web Services (AWS) pour traiter les photos de ses utilisateurs et utilisatrices. Elle a affirmé qu'elle supprimait les images fournies immédiatement après que les images ont été formées par l'IA.

 

– Avec les informations de TechCrunch et Mashable