On a jasé Donjons & Dragons avec Édouard Tremblay, le réalisateur du film Farador
Connaissez-vous le court métrage culte La bataille de Farador ? Cette comédie publiée sur YouTube en 2011 présentait quatre amis adeptes de l’univers de Donjons & Dragons.
Depuis, le film réalisé de façon artisanale par Édouard A. Tremblay est devenu tellement populaire qu’on en a tiré un long métrage !
Farador est une comédie fantastique qui se déroule en partie dans un monde imaginaire du type Donjons & Dragons. Le film vulgarise cet univers geek à merveille tout en respectant les codes du jeu.
Il met en vedette Éric K. Boulianne (aussi coscénariste), Catherine Brunet, Benoit Drouin-Germain et Lucien Ratio et paraîtra sur grand écran au Québec dès le 21 avril prochain.
En vue de la sortie de Farador au cinéma, on en a profité pour poser quelques questions sur le film et sur Donjons & Dragons au réalisateur Édouard A. Tremblay.
Comment s’est passée l’adaptation du scénario du court métrage au long métrage ?
« Le processus a été long avec de multiples réécritures. Comme ça s’est fait sur une douzaine d’années, il a fallu aussi s’adapter à l’époque ».
Comment avez-vous fait pour rester fidèle à l’univers de D&D sans utiliser les « vrais termes » en raison des droits d’auteur ?
« Je trouvais qu’il valait mieux simplifier et exagérer certains principes du jeu pour permettre une compréhension plus rapide des actions des personnages.
Il est évident, par exemple, qu’un paladin de niveau 66 ou un mage de niveau 57 ne peuvent pas vraiment exister. Ils seraient des genres de demi-dieux intouchables.
Mais pour les besoins du film, mettre ces personnages à un si haut niveau permet de rapidement comprendre que les gars jouent depuis TRÈS longtemps à Farador et qu’ils n’ont pas beaucoup de vie à l’extérieur du jeu ».
Avez-vous eu un retour des fans de D&D sur le film ?
« Le retour des fans est fantastique. Tout le monde comprend très bien mes déviations sur les règlements de D&D. L’esprit du jeu est là et on s’amuse avec les codes du genre ».
Est-ce que tu t’identifies à un personnage en particulier ?
« Je m’identifie au personnage de Tom : il a été élaboré à partir de moi. C’est un inconditionnel de Star Wars qui débarque avec un œil plus sarcastique et une attitude plus débonnaire dans l’univers parfois hermétique des jeux de rôle ».
Dans le film, tout le monde finit par être en contact avec l’univers de D&D. Penses-tu que D&D devient plus « grand public » et c'est maintenant considéré comme « moins geek » comme intérêt ?
« Je pense que l’univers des jeux de rôle, le D&D traditionnel, les jeux vidéo, les grandeur nature, les jeux de cartes et tout ça deviennent de plus en plus « mainstream ».
Il y a des geeks de tout acabit. Tout le monde trippe sur quelque chose et l’univers de D&D n’y échappe pas ».
Pourquoi avoir choisi de tourner les scènes fantastiques en France ?
« La France possède des châteaux moyenâgeux et une culture médiévale que l’on n’a pas au Québec. C’était donc vraiment l’fun d’avoir accès à des décors et des figurants qu’on ne voit pas souvent chez nous ».
Quel a été le plus gros défi sur le tournage ?
« Comme tourner un film dans un autre pays est quand même très coûteux, le principal défi était de compléter le tournage dans le peu de jours alloués, tout en étant à la merci de la météo.
Un ciel nuageux avec des percées de soleil aléatoires est un calvaire pour les raccords de lumière entre chaque scène ».
Pensez-vous que le film va devenir aussi culte que le court métrage ?
« J’aimerais avoir l’audace de dire oui. Mais est-ce que la foudre peut tomber au même endroit deux fois ? Mon but n’est pas nécessairement d’accoter la popularité du court métrage, mais plutôt de divertir et de soutirer des sourires à un maximum de personnes.
C’est un film à voir en gang de chums dans une salle de cinéma avec du popcorn. Mon long métrage est autant une lettre d’amour à la culture geek et à l’amitié que l’était mon court métrage ».
Le film Farador sera exclusivement en salle partout au Québec à partir du 21 avril.
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