«Longlegs»: Un divin cauchemar mettant en scène un Nicolas Cage plus tordu et terrifiant que jamais
Grâce à ses atmosphères glauques et suffocantes, son intrigue habilement ficelée et un Nicolas Cage absolument terrifiant, le cinéaste américain Oz Perkins fait de Longlegs le thriller le plus efficace – et inoubliable – qu’on a vu depuis très, très longtemps.
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La policière Lee Harker n’a pas hérité du plus facile des dossiers pour son arrivée au sein du FBI: elle doit traquer un mystérieux tueur en série laissant derrière lui des missives codées signées Longlegs. Mais l’enquête prend une tournure encore plus sinistre lorsque la jeune recrue se découvre une connexion bien personnelle avec l’insaisissable meurtrier.
Ce n’est rien de moins qu’un exploit d’équilibriste que livre ici Oz Perkins, empruntant les codes du thriller politique classique, mais en entremêlant ceux du film noir, du drame d’épouvante et des récits occultes pour bâtir une œuvre singulière, voire inclassable.
Et c’est son unicité qui permet à Longlegs d’être aussi percutant.
Cauchemar hypnotique
Ça, on le devine dès ses premières scènes, le cinéaste américain ne perdant pas de temps pour démontrer l’étendue de son doigté et son souci de l’esthétique visuelle. Passant du réalisme cru aux ambiances oniriques, Oz Perkins embarque les cinéphiles dans un cauchemar hypnotique du premier au dernier plan.
Oui, horreur il y a dans Longlegs. Mais celle-ci n’est jamais gratuite, outrancière ou (trop) explicite. À l’instar de classiques de la trempe du Silence des agneaux ou Le Zodiac – œuvres auxquelles a maintes fois été comparé Longlegs –, c’est la psyché d’un meurtrier qui vient terroriser, bien plus que l’étalage sanguinolent de ses crimes.
Nicolas Cage dérangeant
Dans ce cas-ci, la démarche est sublimée par un Nicolas Cage franchement dérangeant. Aussi méconnaissable que terrifiant, l’acteur vient livrer une des performances les plus marquantes de sa carrière avec ce rôle de tueur en série satanique qui, on peut le promettre, hantera bien des cauchemars.
Il est d’ailleurs en bonne compagnie au générique de Longlegs, aux côtés d’une Maika Monroe brillante, à la fois forte et fragile, portant le film en entier sur ses épaules.
Seul petit bémol? Le dernier acte, dont la tournure – de laquelle nous tairons les détails – risque fort bien de diviser les cinéphiles.
N’empêche, si les offrandes précédentes du cinéaste (The Girl in the Photographs, I Am the Pretty Thing That Lives in the House, Gretel & Hansel) n’avaient fait que peu de vagues à l’extérieur des cercles d’aficionados d’épouvante, Longlegs risque fort bien de créer de grands remous dûment mérités pour Oz Perkins.
Longlegs ✭✭✭✭✫
Un film d’Oz Perkins, avec Nicolas Cage, Maika Monroe et Blair Underwood. À l’affiche.