Critique du jeu The Legend of Zelda: Echoes of Wisdom
Tout est permis, dans cette aventure mettant en vedette la princesse d’Hyrule.
The Legend of Zelda: Echoes of Wisdom est à nos portes. Et puisque Nintendo a montré le jeu généreusement avec de nombreuses vidéos dans les derniers mois, vous savez peut-être à quoi vous attendre. Eh bien, j’y ai joué jusqu’au générique. Et je peux vous dire que c’est bien plus que ce que j’avais en tête.
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Et ça, c’est une maudite bonne nouvelle. Comme plusieurs internautes, j’ai trouvé que Nintendo montrait peut-être un peu trop ses cartes avec Echoes of Wisdom. J’avais l’impression qu’on avait trop d’aperçus! Mais des surprises, il y en a à la tonne, et pas seulement au niveau narratif; au niveau mécanique aussi. Je vais vous laisser découvrir les surprises par vous-mêmes, mais je peux vous le dire tout de suite: ça vaut la peine. En tout cas, moi, j’étais satisfaite! Je vous explique pourquoi.
L’histoire
Hyrule est déchiré par de gigantesques failles qui menacent tous les villages et les habitants du royaume. De plus, l’épéiste Link a été tristement entraîné dans l’une de ces failles et est complètement disparu. Mais ce n’est pas tout: le roi et ses conseillers sont aussi tombés dans une faille. Ce sera donc à la princesse Zelda de sauver le royaume d’Hyrule.
Heureusement, elle sera bien accompagnée. Elle fera la rencontre d’une créature céleste, Tri, qui partagera avec Zelda un pouvoir qu’elle pourra utiliser à l’aide du Sceptre de Tri. En passant, le jeu appelle Tri «le seigneur Tri», alors ça a l’air que c’est un petit monsieur!
Zelda et Tri ont la même mission: réparer les failles. Et ça tombe bien, puisque Tri a le pouvoir de le faire. Ensemble, Zelda et Tri vont parcourir Hyrule, de Gerudo jusqu’à Jabule. Et comme vous l’avez probablement constaté dans les aperçus, le jeu est conçu avec le même style visuel que le remake de The Legend of Zelda: Link’s Awakening (2019), qui est plus beau que jamais.
J’ai particulièrement aimé la région des Eaux de Jabule, où résident les deux clans de Zoras: les Zoras des mers et les Zoras des rivières. Le design ici brille vraiment, et je ne me suis jamais tannée de l’eau qui est si belle. J’ai aussi beaucoup aimé l’histoire autour de cette région et les chicanes entre les clans Zoras, où chaque personnage déborde de personnalité. Il y a eu des moments cocasses, mais aussi des moments particulièrement touchants. Il faut aimer lire du texte, toutefois.
Et des moments touchants, je dois vous le dire, je ne trouve pas qu’il y en a souvent dans les jeux Zelda. Ce sont souvent, selon moi, des jeux qui suivent un schéma, avec des éléments récurrents et cohérents. Certes, personne n’a lancé le manuel d’instruction par la fenêtre dans Echoes of Wisdom, mais j’ai senti qu’il y avait un effort pour que non seulement les mécaniques soient différentes, mais que le côté narratif soit bien unique aussi. L’histoire prend de la place, il y a beaucoup de dialogues, et vous développez des amitiés autour d’Hyrule. J’ai trouvé ça chouette.
Je n’ai pas parlé du monde du Néant, et vous savez quoi? Je vous garde la surprise de ce côté-là aussi. Je crois que Nintendo n’a pas montré beaucoup d’images de celui-ci, alors ça mérite d’être découvert. La seule chose que je vais dire, c’est que c’est surtout à cet endroit que vous allez devoir utiliser vos échos pour grimper des trucs, parfois de façon ingénieuse.
Zelda, Tri et les Échos
Le Sceptre de Tri permettra à Zelda de créer des «échos», qui sont des imitations d’objets que l’on trouve un peu partout dans l’environnement. Une table, un vase, un lit, etc. Pour apprendre un écho, c’est bien simple: il faut tout simplement appuyer sur ZR vers un objet qui peut être «appris» (ces objets vont briller pour vous l’indiquer). Pour utiliser l’écho appris, appuyez sur Y. Vous avez un nombre limité d’échos qui peuvent être convoqués en même temps, mais ce nombre augmentera durant l’aventure. Ça fait partie du défi, de penser aux «bons» échos pour relever un défi X ou Y.
Vous pouvez également vous synchroniser à des objets et des monstres. Ça vous permet de bouger une grosse roche du chemin, ou même vous attacher à une plateforme en mouvement pour vous transporter ailleurs. Il ne faut pas oublier ces mécaniques lors de votre aventure, puisque vous serez obligé de les utiliser par moment.
Des échos, il n’en manque pas. Je ne vous ferai pas la liste complète, mais il y en a à la pelle. Et la bonne nouvelle là-dedans, c’est que vous pouvez même apprendre l’écho d’une panoplie de monstres. En fait, ce n’est pas juste une suggestion, c’est plutôt une nécessité. Il y a des moments dans le jeu où j’aurais été sérieusement bloquée si je n’avais pas, par exemple, l’écho d’une chauve-souris à mon arsenal.
Ce sont vos échos qui vont se battre à la place de Zelda. Et c’est là que j’ai rencontré mon premier problème, qui a persisté presque tout au long de l’aventure: Zelda est plutôt sans défense. Je trouve ça bien d’envoyer un Darknut se battre pour moi, mais souvent, l’option de donner quelques coups de bâton à un ennemi aurait été grandement appréciée. Et quand Zelda est entourée de 3-4 ennemis, la bagarre peut être longue. Je laisse mes échos se battre pendant que je me tourne un peu les pouces.
Vous avez peut-être vu le mode «épéiste» de Zelda dans les aperçus. C’est un ajout extrêmement pertinent, sans lequel le jeu ne serait pas aussi plaisant. Le mode épéiste permet à Zelda d’imiter les pouvoirs de Link avec une épée et un bouclier pour quelques secondes. Et au début du jeu, ce mode vous permet même de sauter un peu plus haut, ce qui est très, très pratique. C’est tristement court, comme mode, par contre. Et vous devez remplir la jauge d’énergie pour le réutiliser.
Je comprends la restriction du mode épéiste; si Zelda avait une épée, le jeu serait juste un autre Zelda. Là, le but est d’utiliser des mécaniques totalement différentes grâce aux échos. Ça pourrait en déranger plusieurs, toutefois.
Ça ressemble un peu aux pouvoirs de Tears of the Kingdom, où les options sont presque infinies. On est très loin d’un Zelda linéaire, et chaque personne qui y joue va le faire différemment. Moi, j’ai aimé cette liberté. Il y a des moments où j’avais presque l’impression de tricher pour me rendre d’un point A à un point B. Et j’ai compris que c’est exactement ça que le jeu encourage.
Évidemment, vous développerez vos propres stratégies, et elles seront certainement différentes des miennes. Mais, je vais quand même vous partager mes trucs préférés. Et au sommet se trouvent les araignées, que vous pouvez voir en action dans la bande-annonce (1:52).
Générer des échos de cette araignée m’a souvent sauvé les fesses. Il y avait probablement d’autres solutions, mais celle-ci était souvent une valeur sûre dans les tableaux horizontaux. Il y a aussi une autre araignée qui, elle, peut grimper sur presque n’importe quelle surface. Vous ne contrôlez pas où elle va, mais vous pouvez vous synchroniser à elle. Elle vous permettra peut-être de grimper un mur très haut! C’était souvent bien plus pratique de faire ça que de générer plein de lits et de tremplins.
Tout est permis
Le pouvoir de ce jeu, c’est que tout semble permis. J’ai parfois trouvé des solutions, comment dire... «boboches», pour certains puzzles. J’ai fait des trucs louches, comme générer plein de blocs d’eau pour traverser, en nageant, un trou trop large pour aller sur une autre plateforme. Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai souvent eu l’impression de tricher. C’est parfait pour ceux qui ne cherchent pas toujours les vraies solutions, mais juste de «bonnes» solutions. Ça fonctionne? On avance!
The Legend of Zelda: Echoes of Wisdom, c’est principalement de la résolution de puzzles. Certes, les donjons traditionnels sont de retour (wouhou!), mais ils sont remplis de petits puzzles environnementaux où vous allez devoir observer chaque coin de la pièce et réfléchir aux échos qui pourront vous aider. N’oubliez pas d’observer les trucs avec des éléments, aussi. Est-ce que vous devez éteindre du feu? Utilisez votre bonhomme qui souffle! Vous devez allumer un flambeau? Lancez un bonhomme en feu!
C’est ici que je vous donne mon plus grand conseil pour ce jeu: apprenez vraiment ce que font vos échos. Vous serez surpris. Même un monstre, comme une chauve-souris, peut être utile ailleurs qu’en combat. Pour planer d’une plateforme à l’autre, la chauve-souris était ma bestie. C’était beaucoup plus rapide que de fabriquer une échelle avec des lits!
Si vous connaissez bien vos échos, la plupart des puzzles sont assez simples. Mais je vais être honnête: j’ai été bloquée à certains endroits, et quelques puzzles sont assez difficiles. J’ai dû y revenir plus tard, la tête plus reposée.
Plus vous avancez, plus de trucs pratiques sont débloqués. Vous allez pouvoir générer plus d’échos en même temps, les générer beaucoup plus loin (game changer, pour moi), et obtenir des vêtements qui vous donneront des pouvoirs additionnels comme sauter plus haut en tant que Zelda. J’ai joué à la difficulté normale, mais vous pouvez aussi choisir une difficulté plus avancée si vous voulez un bon défi.
J’aime moins les missions furtives, même si celles-ci me rappellent celle d’Ocarina of Time où Link doit éviter des gardes dans les jardins du château. C’était un beau clin d’oeil, mais j’ai trouvé ça trop long et trop précis. Ça, c’est vraiment juste une préférence personnelle, toutefois. Il y en a qui vont adorer.
Les donjons sont très amusants. La formule Zelda ici est bien en place. Il faut trouver des clés, vaincre des méchants, résoudre des puzzles et puis vaincre un plus gros méchant. Je vous laisse découvrir ces personnages-là par vous-même.
Là où les échos de monstres deviennent vraiment amusants, c’est lors des combats contre de gros boss. Il y a plusieurs bonnes options, mais certaines sont clairement meilleures que d’autres. Vous devez essayer des choses, et parfois échouer. Mais il ne manque pas d’action, et Zelda est très impliquée, contrairement aux petits combats qu’on trouve à travers Hyrule. J’aime particulièrement utiliser un écho adapté à la situation, et passer au mode épéiste lorsqu’il y a une opportunité.
Link qui?
J’ai passé beaucoup de temps avec Zelda et Tri. Ma Nintendo Switch affiche 40 heures de jeu, bien que ce n’est pas un indicatif puisque je joue pour en faire la critique, mais ce n’est pas rien. Et pour être franche avec vous, je ne me suis pas ennuyée de Link.
Zelda est une très bonne aventurière, et malgré son silence, elle réussit à être touchante par moment. Je garde des secrets de ce côté, mais j'ai parfois été émue par son amitié avec Tri. Je veux une suite, mautadine!
J’ai beaucoup pensé à cette question: c’est pour qui, ce jeu? Parce que ce n'est pas nécessairement un jeu qui plaira aux fans des jeux Zelda rétro, malgré le retour des donjons plutôt traditionnels. C'est comme un heureux mashup de Tears of the Kingdom et Link's Awakening, et il faut aimer le dialogue et les missions «va chercher ça, apporte-le là».
Moi, j'ai adoré. Mais ça n'a pas été un coup de foudre. J'ai dû m'ajuster aux mécaniques avec combat minimal, me familiariser avec mes échos et développer des stratégies.
Une fois que j'étais plus à l'aise, toutefois, c'était très divertissant et même rafraîchissant. Je voulais toujours savoir où l'histoire allait se terminer et, je peux vous l'assurer, elle n'ira probablement pas là où vous l'imaginez. J'ai adoré être surprise. Et j'ai adoré pouvoir aller pas mal partout où je voulais sur la carte et de me promener et tomber sur des secrets et des missions secondaires avec des personnages farfelus.
Certes, il y a quelques bémols. Il y a peut-être trop d'échos, et les options pour les trier ne sont pas superbes. J'aurais aimé une option de choisir des favoris. Mais les échos que je trouve inutiles seront peut-être les préférés d’autres joueurs, alors je ne sais pas.
Il y a aussi la façon dont la bouffe est intégrée au jeu, sous forme de smoothies. Il faut aller à un kiosque Deku pour en préparer, ça coûte des rupees, les ressources sont parfois rares et l'animation de la préparation du smoothie est longue. Surtout quand tu dois en faire huit de suite! J'aurais préféré que Zelda puisse préparer ses propres smoothies, sans animation...et sans payer.
Mon dernier grand conseil, avant que vous obteniez votre copie du jeu: scannez tout objet ou monstre qui peut devenir un écho. Même si l'écho vous semble insignifiant. Vous ne savez jamais quand un cube de glace pourra vous venir en aide!
The Legend of Zelda: Echoes of Wisdom sort sur Nintendo Switch le 26 septembre. Je le suggère fortement à ceux qui ont aimé les titres récents de la franchise, mais qui aiment aussi les donjons et puzzles.
Une copie du jeu a été fournie pour en faire le test.