Critique de «28 ans plus tard: le temple des morts»: voyage au bout de la folie | Pèse sur start
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Critique de «28 ans plus tard: le temple des morts»: voyage au bout de la folie

Ralph Fiennes dans le film «28 ans plus tard: le temple des morts», de Nia DaCosta.
PHOTO FOURNIE PAR SONY PICTURES

Ralph Fiennes dans le film «28 ans plus tard: le temple des morts», de Nia DaCosta.

Avec ce Temple des morts, Nia DaCosta nous plonge dans une noirceur clinique et brutale qui redéfinit totalement la franchise. Le deuxième chapitre de la nouvelle trilogie délaisse donc la fuite pour s’enfoncer dans l’observation macabre et la dérive sectaire, là où la science rencontre la démence.

Ian (Ralph Fiennes, d’une autorité toujours aussi magistrale) était le personnage le plus fascinant du premier 28 ans plus tard, sorti l’an dernier. Cet ancien médecin qui passe désormais ses journées à nettoyer les os des victimes de la rage pour en faire un ossuaire en plein milieu de nulle part devait forcément être l’objet d’un long métrage. Cette fois-ci, il tente de traiter les infectés et noue avec l’un des alphas, Samson (Chi Lewis-Parry), une relation faite de chuchotements et de gestes d’une tendresse malsaine.

Maura Bird, Alfie Williams, Jack O’Connell et Erin Kellyman dans «28 ans plus tard: le temple des morts».

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Maura Bird, Alfie Williams, Jack O’Connell et Erin Kellyman dans «28 ans plus tard: le temple des morts».

On continue de suivre le jeune Spike (Alfie Williams) tombé entre les mains de Jimmy Crystal (Jack O’Connell, inoubliable), un leader évangéliste déjanté qui a juré allégeance au diable. Le lien avec les Droogs d’Orange mécanique (de Stanley Kubrick) pour la bande de Jimmy Crystal saute aux yeux par sa violence brute et chaotique. Mais il y a plus sombre encore, car dans ce mélange de charité tordue (lire: la torture comme outil de libération) et d’abus de pouvoir sanglant plane l’ombre de Jimmy Savile de manière inconfortable. Cette figure du protecteur national cachant un prédateur absolu donne au film une résonance politique et sociale glaçante.

Entre les expériences de l’un et le culte de la cruauté de l’autre, le Temple des morts devient le théâtre d’une humanité qui a définitivement perdu la tête. La mise en scène de Nia DaCosta est exemplaire, car devant sa caméra, la chair de Samson, celle de Ian et les Jimmy terrifiés deviennent une allégorie de la société contemporaine. Le sommet du film demeure sans conteste cette scène extraordinaire où Ralph Fiennes bascule dans une transe diabolique, dansant sur les accords de The Number of the Beast d’Iron Maiden. Et si le récit s’étire parfois dans sa réflexion philosophique, devenant presque désincarnée, le retour final de Cillian Murphy vient tout balayer, reconnectant le film à ses racines de 2002.

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Note: 3,5 sur 5

28 ans plus tard: le temple des morts fascine les cinéphiles amateurs de gore dès le 16 janvier.

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