Bello : un gadget québécois réussi | Pèse sur start
/critiques

Bello : un gadget québécois réussi

La principale mission du système québécois Bello est de nous faire boire plus d’eau. Mais en pratique, il me fait surtout boire plus de jus.

Image principale de l'article Bello : un gadget québécois réussi
Photo : Maxime Johnson

Le système Bello permet de filtrer l’eau et, si on veut, de l’aromatiser, grâce à différentes capsules de boissons concentrées. Si j’ai été impressionné par la conception intelligente de l’appareil et par la qualité de ses capsules, force est toutefois de constater que c’est beaucoup de technologie, d’espace de comptoir et d’argent pour simplement nous encourager à boire plus d’eau.

Normalement, je n’aurais pas testé le Bello. Je ne suis pas un grand amateur des appareils conçus pour fonctionner avec des capsules (que ce soit pour le jus, le café ou quoi que ce soit), mon espace de comptoir est limité et je suis un peu tanné pour payer pour des filtres à eau (j’ai déjà des filtres dans mon réfrigérateur, dans ma cafetière et dans un pichet). Surtout, je ne suis pas de ceux qui ont besoin d’une application, d’une montre intelligente ou d’un gobelet gradué géant avec alarme intégré pour me rappeler qu’il est temps de boire de l’eau.

Photo : Maxime Johnson

Quand j’ai soif, je bois.

J’ai toutefois fait une exception pour le système Bello, en partie à cause du produit lui-même, mais aussi à cause du contexte.

J’habite en effet à Montréal, où la ville doit remplacer des dizaines de milliers de tuyaux en plomb dans le réseau d’aqueduc. L’entrée d’eau de ma résidence est en cuivre, mais le raccord à l’aqueduc appartenant à la ville, lui, est en plomb. Et il faudra peut-être attendre jusqu’en 2040 pour qu’il soit changé.

Bref, pour potentiellement des centaines de milliers de personnes, filtrer l’eau n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Un design bien pensé

Photo : Maxime Johnson

Au cœur du système Bello, on retrouve l’appareil Bello Home. Celui-ci est quand même assez joli. C’est un appareil de plus à mettre sur un comptoir, mais il n’est pas très gros, ni très haut.

Le Bello Home est en deux parties, avec un réservoir de près de deux litres sur le côté. On appuie sur un bouton pour se faire couler un verre d’eau ou d’eau aromatisée (250 ml par défaut), mais on peut aussi l’arrêter avant, ou en faire couler plus.

J’ai été impressionné par tous les petits détails de l’appareil. La pompe à eau, par exemple, est assez silencieuse, et le pichet d’eau est vraiment d’une bonne taille. Il est assez petit pour ne pas prendre trop de place et pour être facile à manipuler, et assez grand pour ne pas nous donner l’impression qu’on le remplit constamment (quoique ce sera peut-être le cas l’été).

J’ai aussi aimé le design des capsules. Celles-ci sont en verre, et non en plastique, et elles sont faciles à placer (mon fils de 5 ans est capable de le faire). Elles ne sont pas à usage unique, et peuvent être empilées lorsqu’on les range, à condition de conserver leur boîte d’emballage.

Capture d’écran : Maxime Johnson

J’ai moins été impressionné par l’application mobile, cela dit, qui prends en note ce qu’on boit, et qui permet de commander de nouvelles capsules. Une bonne partie de l’application est mal traduite (ce qui est dommage pour un produit conçu au Québec), et faire le suivi de son hydratation est complexe si vous avez plusieurs personnes dans votre famille, et si vous buvez autre chose que les boissons et l’eau de Bello.

Heureusement, ce n’est pas très grave, car on n’a pas besoin de l’appli pour utiliser l’appareil. D’ailleurs, maintenant que ce test est écrit, je suis convaincu que je ne la lancerai plus jamais.

Filtre : meilleur que Brita, moins complet que ZeroWater

Photo : Maxime Johnson

Le filtre au charbon Bello répond à plusieurs normes, comme NSF42 pour le goût (de chlore, surtout), NSF53 pour les contaminants dangereux (incluant le plomb) et NSF401 pour les contaminants émergents. Le filtre Brita de base, lui, ne filtre pas le plomb, par exemple.

Dans mes essais, le filtre laisse toutefois passer beaucoup plus de solides dissous totaux (TDS) qu’un filtre ZeroWater. Alors que le TDS de mon eau filtrée par un filtre ZeroWater est de 0 partie par million, celui du filtre Bello chez moi est de 116 TDS, soit sensiblement la même chose que l’eau du robinet (ce qui ne veut pas dire que le filtre ne fonctionne pas, mais surtout que l’eau est propre à la base).

Le goût de l’eau se rapproche d’ailleurs plus d’une eau minérale, sans le chlore de l’aqueduc, que du goût neutre de ZeroWater.

Côté prix, le filtre devrait durer 6 mois (plus que ZeroWater et Brita, mais autant qu’un filtre de réfrigérateur), et il coûte 50 $. Dans les quatre cas, le coût annuel est donc sensiblement le même (si on exclut le prix de l’appareil, évidemment).

Capsules : du jus pour adultes

Photo : Maxime Johnson

D’habitude je n’aime pas les capsules, qu’elles soient de jus, de cocktails ou de café. Ça encourage au gaspillage, c’est cher, la qualité des produits est généralement décevante.

Ce n’est pas le cas ici. Allons-y point par point :

Qualité : il existe en gros quatre familles de capsules. Bien-être (des jus comme citron–gingembre et mangue-curcuma), apéritif (l’excellent Capri Aperitivo, avec gingembre, yuzu et gentiane), électrolytes (exemple : « électrolyte au citron ») et zéro calories (comme kiwi-pomme, que j’ai moins aimé). Les ingrédients sont naturels, et dans la plupart des cas, on se rapproche plus de bons sirops artisanaux que de concentrés commerciaux comme on en retrouve à l’épicerie.

Prix : les capsules coûtent en moyenne 12,95 $, et permettent de servir de 10 à 50 verres. Le prix unitaire est donc d’environ 0,25 $ à 1,30 $ par verre, mais vous pouvez faire varier la concentration utilisée, et le volume servi, alors le vrai prix varie d’une fois à l’autre. Personnellement, l’apéritif Capri, le breuvage le plus cher de tous, me revient à environ 0,75 $, puisque je bois de plus petits verres. C’est plus cher que de l’eau, mais c’est moins cher que n’importe quel cocktail sans alcool.

Gaspillage : les capsules sont en verre, elles sont recyclables et elles permettent de faire dans certains cas plusieurs dizaines de portions. Oui, ça pollue plus que de boire de l’eau, mais on est tout de même bien loin des capsules pour le café, par exemple.

Toutes les capsules ne sont pas à mon goût. J’ai trouvé la pomme-kiwi sans calories sans intérêt, par exemple. Parmi celles essayées, j’ai toutefois beaucoup aimé les citron-gingembre, mangue-curcuma et Capri Aperitivo, qui sont toutes un peu comme des jus pour adultes, sans pour autant être ultra-calorifiques. Le Capri est particulièrement satisfaisant le soir, au lieu d’un breuvage alcoolisé. La plupart des gens risquent de trouver des capsules qui vont leur convenir.

Seul point négatif : chacun de ces breuvages aurait été meilleur avec de l’eau pétillante. C’est vraiment un gros manque pour l’appareil. Est-ce qu’une future version de la machine intègrera aussi une bombonne de CO2? Je l’espère. 

Deux conclusions

Photo : Maxime Johnson

Dans l’ensemble, j’ai été agréablement surpris par le système Bello. Pour moi, deux conclusions s’imposent :

1 – Pas nécessaire, mais apprécié.

Vous n’avez pas besoin du système Bello. Vous pourriez plus simplement acheter un bon pichet avec filtre pour boire votre eau filtrée, et des jus concentrés ou des sirops de qualité pour remplacer les capsules. Si vous avez le 300 $ (le prix incluant la machine, un filtre et une capsule) nécessaire, c’est toutefois un appareil bien conçu, qui s’intègre très bien dans une cuisine et dans votre vie de tous les jours.

2 – Ça serait meilleur pétillant

Le Bello va prendre la place de mon pichet ZeroWater sur mon comptoir. S’il pouvait en plus prendre la place de mon Soda Stream, ce serait encore mieux. Non seulement ça aiderait à justifier l’achat, mais je l’utiliserais aussi beaucoup plus dans ma vie de tous les jours.

À lire aussi

Publicité

Vous pourriez aimer

Publicité

En collaboration avec nos partenaires