Licenciements chez Microsoft: des développeurs de jeux vidéo réclament leur réintégration
Des développeurs de jeux vidéo ont manifesté mardi midi, à Montréal, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et près de 1600 licenciements qu’ils jugent illégaux.
« On veut tous revenir travailler pour fabriquer les jeux qu’on aurait aimé avoir quand on était enfant », lance Miguel Oses, employé de Bethesda Game Studios, filiale de Microsoft.
Lui et une quarantaine d’autres développeurs se sont retrouvés au coin des rues Prince et Wellington pour pousser le géant américain Microsoft à agir.
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Microsoft aurait procédé à près de 1600 licenciements au Canada et aux États-Unis, selon le syndicat CWA-SCA Canada, alors que les employés étaient toujours en processus de négociation de leur première convention collective.
Ils demandent donc à l’entreprise d’annuler ces renvois et de prendre place à la table de négociations pour élaborer une convention collective équitable.
Sans sécurité d’emploi
« Les deux tiers de notre comité de négociation ont été licenciés, dit Nasr Ahmed, organisateur pour CWA-SCA Canada. Il y a eu un ciblage évident des militants syndicaux et des membres du comité de négociation. »
Les employés des filiales de Microsoft réclament une sécurité d’emploi depuis des années, selon lui.
« Des travailleurs se sont même fait licencier pendant leur congé de paternité », ajoute-t-il.
Mais ce qui choque particulièrement les manifestants est le contraste entre la réalité des chiffres et celle du terrain.
D’un côté, Microsoft – géant de la tech qui frôle les 4000 milliards de dollars de capitalisation boursière – a augmenté ses profits de 17 % en 2025 en plus d’investir dans l’intelligence artificielle, tout en supprimant des emplois.
Après neuf ans
Simon Préfontaine, 41 ans, a perdu son travail de développeur chez Bethesda Game Studios le 5 juillet, après neuf ans dans l’entreprise.
« À la suite de rumeurs, on avait proposé à la compagnie de bien faire les choses, mais Microsoft a refusé de négocier », déplore-t-il.
En juillet, lors de premières manifestations dans plusieurs villes d’Amérique du Nord, le géant américain affirmait respecter la liberté d’expression de ses employés, mais rappelait que ses décisions étaient nécessaires pour assurer son avenir.
Pour les développeurs présents ce mardi, c’est toute l’industrie qui est en danger dans le futur.
En 2024, près d’un développeur de jeux vidéo sur deux dans le monde disait que son studio avait été touché par des licenciements, selon un sondage de la Game Developers Conference.
« Nous sommes remplaçables »
Jules Loughin, toujours à l’emploi de Bethesda Game Studios, affirme adorer son travail en conception, tout en sachant que le vent peut tourner à tout moment.
« Ces licenciements en juillet envoient le message que nous sommes remplaçables, peu importe notre expérience ou nos compétences », dit Jules Loughin.
Face aux investissements de Microsoft dans l’intelligence artificielle, les employés s’inquiètent également quant à l’avenir des jeux vidéo et espèrent qu’ils seront encore créés par des humains et non des machines.
Selon le syndicat CWA-SCA Canada, une deuxième vague de près de 1600 licenciements risque d’avoir lieu avant la fin de l’année fiscale.
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