J’ai (presque) essayé la brosse à dents techno CameraJet de Dyson
Notre chroniqueur techno partage ses premières impressions de la brosse à dents à 699$ de Dyson, et des autres nouveaux produits de la marque.
Purificateurs d’air, aspirateurs, aspirateurs-robots, sèche-cheveux et, surtout, une brosse à dents ultra-techno : le fabricant britannique a dévoilé jeudi une douzaine de nouveaux produits à l’événement Dyson Unveiled, en marge du salon techno IFA à Berlin. La brosse à dents dotée d’une caméra et d’un système pour passer la soie dentaire à l’eau retient évidemment l’attention, mais d’autres produits offrent aussi quelques améliorations technologiques notables. Les voici.
CameraJet : opulence technologique
C’est évidemment la grosse annonce de la semaine pour Dyson : la CameraJet, une brosse à dents réinventée, qui détecte les espaces entre les dents et envoie automatiquement un jet d’eau pour remplacer la soie dentaire.
La CameraJet n’est pas la première brosse à dents connectée sur le marché, mais elle offre quand même quelques innovations technologiques notables. La principale est probablement le mécanisme de jets d’eau, qui utilise une petite caméra de 1 mm pour voir les espaces entre les dents et prédire le moment optimal pour décharger une petite quantité (0,15 ml) d’eau.
« Nous avons entraîné la caméra avec nos propres algorithmes d’apprentissage automatique. Nous avons amassé 470 000 images différentes de dents en tout, pour lui apprendre à bien reconnaître la différence entre un espace et une dent », explique Niamh Turney, responsable commerciale chez Dyson.
Et ce n’est là que le début. Un « réservoir anti-gravité » a été développé, avec un ballon interne en silicone flexible, pour fonctionner même lorsque la brosse est sur le côté ou à l’envers.
L’entreprise a aussi mis au point une plaque synthétique en laboratoire pour mesurer l’efficacité de la brosse (dont les soies peuvent bouger de trois façons différentes) avec différents niveaux d’accumulation de plaque. « On parle surtout du jet d’eau, mais on ne pouvait pas lancer un appareil bon pour passer la soie dentaire, mais inférieur aux autres pour le brossage. Il a donc fallu tout améliorer », m’a expliqué lors de l’événement Jake Dyson, ingénieur en chef chez Dyson et fils du fondateur de l’entreprise James Dyson.
Est-ce que ça fonctionne bien, tout ça ? À première vue, oui. Le jet d’eau est puissant, et lors de tests avec un dentier (je n’avais pas le droit de mettre la brosse à dents dans ma bouche), il semblait être lancé seulement au bon moment. L’application (pour voir les dents et évaluer la qualité de notre brossage, notamment), est aussi complète. Cela dit, j’ai moi-même une brosse à dents connectée à la maison, et je n’utilise jamais son application. J’imagine que ce sera la même chose ici.
Est-ce que ça fonctionne aussi bien que la soie dentaire ? Probablement pas. Mais selon Dyson, neuf personnes sur dix ne se passent pas suffisamment la soie dentaire (une statistique que je n’ai aucune misère à croire). Si vous passez déjà bien la soie dentaire, cette brosse à dents n’est probablement pas pour vous. Mais pour tous les autres, elle risque d’être utile.
Notons que même si elle est grosse, je l’ai trouvée étonnamment légère (ma brosse à dents électrique à la maison n’est guère plus lourde). Son socle pour recharger la brosse à dents et remplir le réservoir d’eau est toutefois imposant, ce qui risque d’en rebuter certains.
Reste à voir aussi quelle est la taille du marché pour une brosse à dents de 700 $. Notons que d’autres brosses chères existent (rappelez-vous la Feno à 400 $, que j’avais essayée au CES), mais l’appareil de Dyson est néanmoins dans une classe à part pour le moment.
L’entreprise semble d’ailleurs en être consciente. Lors de la présentation de la brosse en marge d’IFA, Jake Dyson a fait allusion au coût non pas de la brosse à dents, mais plutôt d’une mauvaise hygiène dentaire.
« Pendant des décennies, les routines d’hygiène bucco-dentaire ont reposé sur plusieurs étapes : le brossage des dents, l’utilisation de la soie dentaire et le rince-bouche. Les dentistes recommandent de suivre cette routine deux fois par jour. Mais très peu d’entre nous le font. Ça prend du temps, c’est ennuyant et c’est tout simplement étrange à faire. Et lorsqu’on ne le fait pas, les dents et les gencives en souffrent. Ça finit aussi par coûter cher. Non seulement à notre santé bucco-dentaire, mais aussi à notre portefeuille. »
Bref, pour ceux qui cherchent un argument pour se convaincre, le voilà : 700 $, c’est cher, mais moins que bien des travaux chez le dentiste. Évidemment, vous pouvez aussi arriver au même résultat avec une brosse à dents normale, du fil dentaire et une bonne dose de volonté.
La Dyson CameraJet sera lancée prochainement au Canada.
Hushjet : un nouveau filtre change la donne
Dyson a mis à jour ses purificateurs d’air HushJet, incluant un nouveau modèle format géant particulièrement imposant.
Je n’irai pas dans le détail ici, mais notons qu’ils sont tous dotés d’un nouveau type de filtre électrostatique, lancé il y a quelques mois déjà. En résumé, ce filtre ralentit moins l’air que les anciens filtres HEPA de l’entreprise. L’avantage est triple : le filtre ralentit moins l’air (les appareils sont donc plus puissants), il permet aux moteurs d’être plus silencieux et il dure plus longtemps (18 mois en utilisation continue).
La puissance du vent projetée lors de l’événement était particulièrement impressionnante. Le très gros purificateur (le HushJet Big+ Quiet Cool Pure+ de son petit nom) sera lancé cet automne pour 1399 $. Les autres seront lancés au Canada en 2027.
Nurovi : une nouvelle gamme de robots
Dyson a aussi présenté trois nouveaux robots lors de l’événement : le R1 Nurovi Dry (qui ne passe que l’aspirateur), le R2 Nurovi Wash+Dry (qui passe aussi la vadrouille) et le R3 Nurovi, qui est le modèle qui a le plus retenu mon attention.
Les appareils devraient surtout être dotés d’une meilleure IA que les modèles précédents. Quelques autres caractéristiques ont aussi été améliorées par rapport aux générations précédentes, notamment le design et la brosse du R2, meilleure pour nettoyer dans les coins.
Le R3 est toutefois l’appareil qui se démarque. C’est le premier de Dyson équipé d’un rouleau (un mécanisme plus efficace pour laver les planchers), et il est doté d’une caméra UV, qui permet de mieux détecter les taches invisibles à l’œil nu sur le plancher. Celui-ci semblait efficace dans les démonstrations réalisées lors de l’événement, mais il est aussi très épais.
Le Dyson R1 Nurovi Dry (799 $) et le R2 Nurovi Wash + Dry (999 $) seront lancés en septembre au Canada. Le Dyson R3 Nurovi Spot + Scrub UV sera pour sa part lancé en 2027.
Dyson W1 PencilWash : ma requête a été écoutée
Je vais citer ma mise à l’essai de la Dyson PencilWash du printemps dernier, si vous le permettez :
« La plus grande faiblesse du PencilWash est sans aucun doute le fait qu’il faille démonter sa tête et la laver à la main après chaque usage, puis la laisser sécher complètement à l’air jusqu’au lendemain. »
Il semble que les ingénieurs de Dyson étaient en accord avec moi. Le prochain modèle, la Dyson W1 PencilWash (désolé, je n’ai pas de photo !), sera améliorée, surtout grâce à une nouvelle base qui va permettre de nettoyer automatiquement la brosse. L’appareil offre aussi d’autres améliorations, comme une brosse plus absorbante.
J’apprécie l’amélioration, mais voilà quand même le genre de détail qui aurait dû être considéré dès la première génération. La vadrouille W1 PencilWash sera lancée en 2027.
Dyson Airsmooth : une brosse sèche-cheveux
Dyson a aussi dévoilé un nouvel appareil pour les cheveux, le Dyson Airsmooth, conçu pour sécher et coiffer les cheveux en même temps.
Petite note personnelle ici : ma grand-mère était coiffeuse, et ma mère a été coiffeuse. Je suis toutefois tombé loin de l’arbre sur ce point, et ne suis donc pas vraiment le public cible de cette brosse, avec mes cheveux de 2,5 cm.
En résumé, la principale innovation du Airsmooth semble être ses deux types de soies. Les premières, baptisées Anti-snag, ont une forme en boucle qui s’écrase lorsqu’un cheveu s’y accroche, afin de réduire les tiraillements. Les secondes, PivotFlex, peuvent fléchir jusqu’à 90 degrés et servent notamment à mieux diriger le débit d’air, à réduire les frisottis et à faciliter le passage de la brosse dans les cheveux. Du moins, c’est l’objectif annoncé.
L’appareil, qui est déjà en vente au Canada, est annoncé à 349 $, soit un prix quand même pas mal inférieur à celui des autres produits capillaires de la marque.