On a parlé de l’avenir des films Marvel avec Julien Bernatchez et Dom Massi, spécialistes du box-office! | Pèse sur start
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On a parlé de l’avenir des films Marvel avec Julien Bernatchez et Dom Massi, spécialistes du box-office!

Les Avengers du box office: Dr Bernatchez et Iron Massi

Outre la débandade Spider-Man, un autre sujet lié à Marvel captive les fans: la phase quatre de son univers filmique.   

Après plus d’une décennie ponctuées de valeurs sûres (les trilogies Iron Man et Thor, la saga Avengers, etc.), le studio semble miser sur des personnages sous-utilisés à ce jour (Black Widow au cinéma, Hawkeye pour son service télé) et le cinéma de genre (la prochaine intrigue de Dr Strange serait un film d’horreur, l’introduction de Shang-Chi, un superhéros expert en arts martiaux).       

Outre une nouvelle aventure des Guardians Of The Galaxy, la première phase depuis la fin de la saga Infinity est chiche en poids lourds.       

Au centre: Shang-Chi.

Marvel

Au centre: Shang-Chi.

Que doit-on retenir de cette stratégie? Que peut-on espérer de ces films?       

On en parle avec Julien Bernatchez et Dom Massi, coanimateurs de Box Sophisme, une balado spécialisée dans le box-office (oui, oui).       

Box quoi?       

Incroyable, mais vrai: 60 épisodes hebdomadaires plus tard, une balado hyper nichée (on n’y parle pas que de cinéma, mais bien des chiffres derrière) est aussi populaire - en 3e position des podcasts les plus écoutés sur la plateforme choq.ca - que prisée (elle compte parmi ses fans des personnalités comme Arnaud Soly qui s’est invité lui-même lors d’un épisode).       

Julien: Je ne veux pas avoir l'air prétentieux, mais on remarque - Dom et moi - que de plus en plus de gens abordent le box-office des films lorsqu'ils abordent le cinéma sur les réseaux sociaux. Moi, j'aime ça depuis six ans et je découvre maintenant que c'est un intérêt pour plein de monde depuis le début du podcast.       

Dom: Le box-office, ce n'est pas que des chiffres. C'est aussi le pourquoi du comment. Pour les X-Men, par exemple, comment expliquer que Days Of Future Past soit un immense succès et que, à peine cinq ans plus tard, Dark Phoenix (2019) a un effet repoussant sur le public?       

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Dom: Le box-office permet de constater aussi l'impact social des films sur les gens.       

Julien: C'est vrai. Ça permet de constater les différentes démographies [et comment en tirer profit].       

Prends Fast & Furious, par exemple.       

Le box-office des plus récents films a explosé. La «nouvelle» série de films dépasse largement les chiffres de «l'ancienne». Ce n'est tout simplement plus la même franchise rendu là et ce qui lui a permis d'atteindre ces recettes là, c'est notamment de représenter différentes démographies au sein du film.       

T'as des personnages masculins, mais aussi féminins. T'as une distribution multiethnique, etc. C'est des films qui veulent parler à un maximum de monde, donc. C'est aussi une recette à suivre et c'est ce qui fait que je peux en parler et la décortiquer.       

Le box-office permet également de s'interroger sur le cinéma local: est-ce que les Français vont voir leurs films? Est-ce que les Québécois vont voir leurs films?.       

[Le box-office permet de constater] qu’au Mexique, on aime les films pour enfants. En Russie, on aime les films catastrophes [rires]. Au Japon, on aime les films d'animation - Frozen est resté premier quatre mois là! - alors qu'en Chine, on déteste les films d'animation.        

En ce qui concerne la phase quatre de l’Univers filmique Marvel, que retenez-vous?  

Dom: J'ai l'impression qu'on pousse le bouchon. Le public sera au rendez-vous, évidemment, et il y a un petit buzz avec la rumeur voulant que le Mandarin soit de retour pour Shang-Chi...       

Si le Mandarin est bel et bien de retour, est-ce que Ben Kingsley reprendra son rôle d'acteur qui fait semblant - ou pas! - d'être le fameux seigneur du crime?

Marvel

Si le Mandarin est bel et bien de retour, est-ce que Ben Kingsley reprendra son rôle d'acteur qui fait semblant - ou pas! - d'être le fameux seigneur du crime?

Julien: Moi, je crois qu'après avoir fait paraître le plus grand succès au box-office de tous les temps sans tenir compte de l'inflation, Marvel veut jeter de nouvelles bases. On laisse l'univers prendre de l'expansion. On est dans le très long terme.       

Je dois avouer que je connais pas du tout les Eternals... mais c'était aussi le cas pour Guardians Of The Galaxy il y a quelques années.              

L'inévitable Avengers 5 suivra dans la phase cinq, voire six, et combinera des héros des nouvelles phases et quelques anciens à la Hulk.        

Avec le box-office d'Iron Man 3 - 1,2 milliard -, on justifie facilement un quatrième film dans la franchise, mais le troisième n'a pas été bien reçu. C'est pourquoi, je crois, Marvel a préféré l'utiliser par parcimonie dans d'autres films.       

Par opposition: Thor 3 a été très bien reçu. D'où le fait que c'est la première série du MCU à avoir droit à un quatrième film, outre la série Avengers.       

Marvel construit des bases solides, a un univers bien établi et, soyons sincères, fait souvent de bons films. T'sais, [réussir à] intégrer un concept de multiunivers dans tes films... ce n'est pas niveler par le bas!       

Bref, c'est pour ça que ça marche.... contrairement au DCU, par exemple.       

Aquaman est joué par le même acteur, mais n'est plus vraiment le même personnage d'un film à l'autre. On prépare déjà un reboot de Suicide Squad, etc.        

Pour revenir à Shang-Chi, est-ce que Marvel se fait “exploratoire” en versant à 100% dans le cinéma de genre avec un film d’arts martiaux ou est-ce une tentative à peine subtile de séduire l’imposant marché asiatique?  

Julien: La réponse honnête, c'est que c'est du capitalisme.        

Le premier film du DCU à avoir un véritable succès a été Wonder Woman - 800 M$ sur un budget de 100. Il y a évidemment eu Black Panther - qui n'était pas aussi connu qu'Iron Man, Thor ou Hulk - qui a fait 1,3 milliard mondialement en allant, notamment, retrouver un public qui était content de se voir représenté sur grand écran.             

Disney voit ces chiffres et prend des notes, t'sais. Captain Marvel a fait des recettes de 1,2 milliard et sortait de nul part.        

Shang-Chi est un héros asiatique et le film de Black Widow - un personnage féminin fort - sera également réalisé par une femme. Il y a quand même un peu de ça, un désir de rejoindre de grands groupes démographiques aussi.        

En même temps, Hollywood est très à gauche, très progressiste. Outre Kid Rock, personne n'aime Trump à Hollywood. Y'a donc une volonté de représenter tout le monde.       

Mais, c'est des films destinés à un très grand public. Il faut donc être polliytically correct.       

Bien qu'il y a plusieurs superhéros gais dans les comicbooks, on tarde à en introduire dans l'univers filmique et - quand ça sera officiellement fait -, c'est clair qu'il y aura une levée de boucliers à la «Bon! Hollywood est opportuniste et impose son agenda "pro-gai" même si c'est précédé par une décennie de films de superhéros hétérosexuels!» [NDLR: Dom fait valoir qu’une rumeur voudrait que Valkyrie, une alliée de Thor, ferait son coming out lors d’un film à venir].       

Bref, la vérité est à quelque part au milieu! Ils sont là pour faire du cash, mais je crois qu'il y a une certaine volonté de progression sociale dans tout ça.        

Avec une quatrième phase en branle, des projets télés, des jeux vidéo et des figurines liés à tout ça ainsi que les projets concurrents, aura-t-on droit finalement à une fatigue des films de superhéros? Est-ce que le public va finalement se tanner?  

Julien: C'est inévitable. Ces films de superhéros sont pour nous ce qu'étaient les films de cowboys des années 50. C'est pourquoi Disney tient à avoir des bases solides. Si moi je sais que c'est inévitable, j'espère que le studio est également au courant! C'est pour ça qu'on a pas 12 films de Thor par année. On s'en tient à trois projets par année et on tente de faire de bons films, etc.       

C'est inévitable, mais on n'y est pas encore. Le succès d'Endgame en témoigne. Idem pour les recettes - plus d’un milliard - du «retour» de Spider-Man.         

À l'extérieur du MCU, il y a également un buzz pour Joker.       

Bref, on est pas rendu là, mais... il y a la gravité. Tout ce qui monte doit redescendre.       

À un moment donné, il y aura le film de superhéros de trop. À un moment donné, on va se rendre compte que c'est répétitif, etc. J'ai pas encore vu Shazam, par exemple, mais j'ai l'impression que c'est tout comme juste avec la bande-annonce!       

T'sais, y'a eu une parodie très mauvaise de films de superhéros et ça fait déjà dix ans de ça! Il y a dix ans de ça, on connaissait déjà assez la recette pour s'en moquer.       

C'est inévitable, Disney le fait et veut s'assurer que cette fatigue ne se manifestera pas avant une autre décennie au moins.       

Dom: La phase quatre «fonctionnera» moins que la trois.      

Julien: Ils le savent. Ici, on veut repartir après le succès d'Endgame. On doit alimenter la machine de propriétés intellectuelles (NDLR: les différents personnages des comic books Marvel) pour mieux piger dedans ensuite.      

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