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Après le cinéma, la chanson et la littérature, le jeu vidéo québécois? Ce développeur veut lancer le mouvement

Des jeux d’ici avec le Québec comme toile de fond: le rêve du jeu vidéo national d’Olivier Leclair

Image principale de l'article Un jeu vidéo national québécois?
Montage Christine Lemus - Adobe Stock

Les jeux québécois sont de plus en plus nombreux, mais où sont ceux qui se déroulent au Québec et mettent la culture d’ici au premier plan? Il y en a quelques-uns, mais si ce n’était que du développeur Olivier Leclair, il y en aurait bien plus.

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Leclair, à la tête du jeune Studio Chien d’Or milite pour un «jeu vidéo national», qui mettrait de l’avant les paysages d’ici, mais raconterait aussi l’histoire et la culture du peuple québécois.

Avec son premier titre paru en décembre dernier, intitulé Le Murmureur, le développeur souhaite mettre l’épaule à la roue, avec une aventure qui se déroule dans un poste de traite abandonné du Bas-Canada, au début du 19e siècle. Un second titre plus ambitieux, La vallée qui murmure, est également en chantier au Studio Chien d’Or.

«On a tellement une grosse industrie du jeu vidéo au Québec et, pourtant, les jeux qu’on produit ici sont québécois dans leur production, mais ne sont pas québécois dans leur contenu. Cette réalisation-là, ça a été la motivation pour moi de faire des jeux qui sont purement québécois, autant dans leur production, que dans leur contenu.»

Olivier Leclair voit néanmoins au-delà des frontières de sa propre entreprise. À ses yeux, c’est l’ensemble des acteurs du milieu vidéoludique québécois qui doivent se réapproprier leur culture.

Le Murmureur

Image courtoisie Studio Chien d’Or

Le Murmureur

Certains studios d’ici ont relevé le défi au cours des dernières années. C’est notamment le cas de Parabole et de son jeu Kona, narré par Guy Nadon et situé dans le Nord québécois des années 70. Quelques années plus tôt, c’était Artifice Studio qui avait plongé dans les légendes et le folklore québécois pour élaborer Sang-Froid: Un conte de loups-garous, en collaboration avec l’auteur Bryan Perro.

Le fondateur du Studio Chien d’Or croit toutefois que le Québec gagnerait à ce que les exemples soient plus nombreux. Ce dernier estime qu’il serait possible de carrément donner vie à un sous-genre vidéoludique «québécois», à la manière de la littérature, de la musique et du cinéma d’ici.

«Au Québec, on a un besoin criant d’affirmation nationale et, depuis des décennies, on met beaucoup l’accent sur la littérature et le cinéma, avec raison. Les livres et les films québécois nous font rayonner à l’international. Mais on n’a jamais réalisé à quel point le jeu vidéo peut être une corde de plus à notre arc. Surtout depuis que le jeu vidéo s’est démocratisé dans sa production», indique Olivier Leclair.

En ce sens, le développeur juge que les nouveaux outils de création, de même que l’émergence de plusieurs studios indépendants au Québec au cours des dernières années contribuent à «un contexte ultrafavorable pour l’émergence d’un jeu vidéo national».

Le Murmureur

Image courtoisie Studio Chien d'Or

Le Murmureur

«On voit que ça commence à prendre forme, mais il faut vraiment alimenter ça pour que ça devienne un réel mouvement. Et à mon avis au Québec, on a les raisons, d’un point de vue d’affirmation, pour le faire, mais on a surtout les moyens. On a des écoles, on a les professionnels, on a des mentors et on a surtout des ressources gouvernementales», précise-t-il.

Ce faisant, il espère que l’ensemble des studios québécois, petits comme grands, oseront donner vie à ce mouvement de «jeu vidéo national», qui s’amorce en parallèle sur d’autres territoires, note-t-il.

Le patrimoine québécois à la sauce point and click  

Formé de deux employés, le Studio Chien d’Or cherche donc à prêcher par l’exemple avec son prochain jeu, La vallée qui murmure. Plus grand, plus complet et plus abouti que Le Murmureur, qui se voulait un prélude, le titre doit paraître en 2022.

Tout comme son prédécesseur, La vallée qui murmure s’appuiera sur une formule point and click simple et facile à prendre à main. Olivier Leclair y voit une façon éprouvée de toucher un plus large public avec son titre.

«Les point and click, c’est excessivement accessible et, en tant que créateur de jeux vidéo nationaux, je ne vais pas seulement m’adresser aux joueurs comme un groupe fermé, je veux m’adresser à tout le monde qui souhaite s’y intéresser», juge-t-il.

La vallée qui murmure

Image courtoisie Studio Chien d'Or

La vallée qui murmure

Alliant des thèmes d’horreur et de fantastique à une bonne dose de folklore québécois, le jeu plongera les joueurs dans le village fictif de Sainte-Monique-Des-Monts, en 1896. La communauté y traîne un lourd secret, mais se voit aussi menacée par une sombre et mystérieuse créature qui rôde aux alentours.

La vallée qui murmure

Image courtoisie Studio Chien d'Or

La vallée qui murmure

«Je suis un passionné de littérature d’horreur, mais, aussi, j’ai un amour pour l’histoire du Québec et tout ce qui touche au patrimoine québécois. Les deux se sont joints d’une façon assez naturelle. Quand je pense à des univers, souvent, ça a tendance à verser dans l’horreur. C’est aussi que, l’horreur, ça donne une certaine liberté créative pour pouvoir parler de thèmes sans leur faire front directement. Les monstres, c’est rarement juste des monstres. Ça représente des peurs individuelles, mais aussi des peurs collectives», décrit Leclair.

La vallée qui murmure

Image courtoisie Studio Chien d'Or

La vallée qui murmure

D’ici la sortie de La vallée qui murmure plus tard cette année, il est possible d’essayer Le Murmureur, le premier projet du Studio Chien d’Or. L’expérience narrative, qui se complète en quelques heures, est disponible sur PC et Mac par le biais de Steam.


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