Je suis tombé en amour avec Elden Ring, même si je déteste tous les Dark Souls de ce monde | Pèse sur start
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Je suis tombé en amour avec Elden Ring, même si je déteste tous les Dark Souls de ce monde

Elden Ring
Image courtoisie FromSofware

Elden Ring

Je n’ai jamais réellement compris l’attrait des Dark Souls et autres jeux de FromSoftware, que j’associe plus à du masochisme vidéoludique qu’autre chose.

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Oui, il y a l’aspect défi, l’envie de se dépasser et de surmonter les difficultés, mais si je suis pour me faire suer une soirée de temps, j’aime aussi bien me faire cuire une sauce à spaghetti ou essayer de laver les recoins relativement inaccessibles de ma douche. 

Il y a des gens pour qui c’est carrément un mode de vie, de passer des heures à étudier les mouvements d’un ennemi afin d’avoir – peut-être – la chance de le battre après 12 heures de tentatives infructueuses. Je respecte ça, mais personnellement ce n’est pas mon truc.

Vous comprendrez donc que lorsqu’Elden Ring est sorti en février dernier sous un déluge de critiques dithyrambiques, je me suis retrouvé un peu pogné.

Pogné entre mon dédain pour les Dark Souls et ma curiosité pour le supposément incroyable monde ouvert des Lands Between. Pogné entre ma crainte de mettre 80 $ aux poubelles en achetant un jeu que je n’aime finalement pas et celle de passer à côté de quelque chose de majeur en faisant ma fine bouche.

Le fameux FOMO, le «fear of missing out» comme dirait les anglos, a toutefois eu le dessus sur la raison et j’ai fini par acheter le dernier titre de FromSoftware sur un coup de tête.

Essentiellement parce que j’avais peur de manquer quelque chose.

Eh bien, à peu près trois mois plus tard, je dois dire que c’est l’une des meilleures décisions impulsives que j’ai prises à ce jour.

Je suis un converti, désormais, à la grande religion d’Elden Ring. Et si je suis ici aujourd’hui, c’est pour prêcher la bonne nouvelle. Alléluia!

Partir à l’aventure, pour de vrai

J’en conviens, je n’ai pas trouvé les premières minutes d’Elden Ring tellement rassurantes. Après avoir créé votre drôle de personnage (le mien est doté de frosted tips et d’un menton de la longueur du Burj Khalifa) et choisi un peu n’importe comment ses atouts, on vous fait apparaître dans une espèce de voûte, où se trouve un maigre tutoriel.

Faites la connaissance de mon courageux aventurier

Capture d'écran Raphaël Lavoie / FromSoftware

Faites la connaissance de mon courageux aventurier

Les habitués des Dark Souls diront que c’est du gros luxe. Pour ma part... je dirais que, oui, en effet, c’est un tutoriel. Mais ça ne vous équipe pas tellement pour veiller tard. Ce qui fait que lorsque vous sortez dehors quelques minutes plus tard et atterrissez enfin dans le monde des Lands Between, ça fesse! Au propre et au figuré. Ça n’a pas pris trois minutes que, déjà, un immense chevalier m’avait déjà fait ravaler mon bâton de sorcier.

«Bon, 80 $ aux vidanges», me suis-je alors dit.

Sauf que, à peu près au même moment, et possiblement dans l’espoir de ne pas avoir complètement brûlé l’équivalent d’un mois d’Hydro dans un jeu qui ramasserait éternellement la poussière sur une tablette de mon sous-sol, je me suis rappelé qu’Elden Ring prenait place dans un immense monde ouvert.

Ce qui fait que j’ai contourné le fameux chevalier et je suis tout simplement allé... ailleurs! Puis, de chemin en chemin, j’ai rencontré des personnages, j’ai visité des grottes, des donjons. J’ai croisé des campements d’ennemis, j’ai vu un dragon. J’ai trouvé un bouclier pas mal et j’ai appris à m’en servir. On m’a offert un incroyable cheval mystique et j’ai continué d’explorer. Encore et encore et encore.

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Évidemment que je suis mort sans compter au cours des premières heures. Et toujours autant, sinon plus, par la suite. Nombre de fois, je me suis mis dans une situation intenable, où j’étais beaucoup, mais beaucoup trop faible pour la ligue. Mais contrairement aux Dark Souls de ce monde, je n’avais pas à me casser les dents sans cesse sur un même ennemi, une même région. Je pouvais tout simplement partir!

Cette liberté n’est qu’amplifiée par l’absence de liste de quêtes – autant principales que secondaires – et l’absence au départ de point d’intérêts ou d’indices sur votre carte. Chaque surprise en est réellement une.

Ce qui m’amène à dire que rarement dans ma vie j’ai exploré un monde ouvert qui m’a semblé aussi organique, aussi vivant. Chaque fois que j’ouvre Elden Ring, j’ai réellement l’impression de partir à l’aventure avec mon alter ego virtuel aux cheveux peroxydés.

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Il n’y a pas une heure sans découverte, sans émerveillement et, évidemment, sans quelques jurons lancés de façon assez libérale. Mais c’est la beauté de la chose. On ne se sent jamais réellement en sécurité et, plus souvent qu’autre chose, il faut savoir se servir de son instinct et de ses tripes.

Il y a quelque chose de très vrai et, par le fait même, de très viscéral dans Elden Ring. Ce n’est pas un jeu d’aventure... c’est un simulateur d’aventure!

Git gud ou ne pas git gud, telle est la question

J’effleure le sujet quelques paragraphes plus hauts, mais je vais insister ici même: Elden Ring n’est pas plus facile que les autres jeux précédents de FromSoftware. Au contraire! Et bien sûr que j’ai l’air de me contredire après avoir affirmé haut et fort que le masochisme vidéoludique n’était pas ma tasse de thé.

Cependant, ici, cette difficulté peut être surmontée autrement que par la répétition. C’est effectivement encore l’idéal d’apprendre à connaître les mouvements des boss et autres ennemis, et souvent même assez essentiel, mais il y a d’autres avenues pour faciliter son périple.

Certes, les niveaux de difficulté sont encore et toujours absents, mais que ce soit en trouvant les bonnes armes, en façonnant son personnage pour bien l’adapter à son style de jeu ou en explorant (et montant de niveau) un peu plus que nécessaire avant de faire face à un boss particulièrement tenace, il y a moyen de jouer à Elden Ring sans se retrouver dans un perpétuel état de frustration.

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Je parle d’expérience, étant moi-même un joueur à la patience assez limitée, qui ne s’est jamais senti honteux de descendre d’un cran (ou deux) le niveau de difficulté d’un jeu. En ce sens, j’ai l’impression que la fameuse croyance comme quoi il faut absolument git gud (devenir bon, en grand langage de l’Internet) pour jouer à une œuvre de FromSoftware s’estompe avec Elden Ring.

On s’entend, ce n’est pas le dernier Kirby, mais par sa structure et l’immense terrain de jeu qu’il offre, on s’améliore constamment, et ce, sans nécessairement s’en rendre compte. Et en l’espace de quelques heures, un boss qui nous semblait au préalable intraitable devient soudainement beaucoup plus gérable.

Tout comme l’exploration, la progression est étonnamment organique. Je le redis, c’est difficile, mais, au final, c’est significativement moins frustrant qu’on pourrait le penser.

C’est pour des jeux comme Elden Ring qu’on joue

Je ne sais pas pour vous, mais quand je me lance dans un nouveau jeu, j’ai envie d’être surpris (agréablement, il va sans dire) et de vivre une expérience, si possible, que je n’ai jamais vécue auparavant. Je veux être émerveillé, bousculé. Ressentir des choses, bref.

C’est pour ça qu’on joue, après tout: la sensation complètement grisante de faire ses premiers pas dans un univers unique. Je suis encore nostalgique de mon premier Metal Gear Solid, mon premier Crash Bandicoot. La magnifique claque que j’ai reçue à mon proverbial visage en me lançant dans The Legend of Zelda: Breath of the Wild.

Elden Ring m’a fait vivre ce même genre de high vidéoludique. Ce sentiment si précieux de découvrir son prochain jeu préféré, qui va continuer à nous habiter longtemps après avoir déposé la manette.

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Pour moi, Elden Ring est un chef-d’œuvre, un jeu qui n’arrive que quelques fois par génération. Sceptiques, allez-y, soyez confondus! Le hype, je vous assure, il est bien vrai.

Et ça, je l’affirme du haut de mes plusieurs années d’expérience comme détracteur des jeux de FromSoftware. 

Celui-là, vous allez l’aimer, je vous le dis.


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