Gran Turismo 7: comme en 1997 [CRITIQUE] | Pèse sur start
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Gran Turismo 7: comme en 1997 [CRITIQUE]

Gran Turismo 7
Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Gran Turismo 7

S’il y a une expression qui est galvaudée d’un côté et de l’autre, autant au cinéma, que dans la musique et les jeux vidéo, c’est bien le fameux «retour aux racines».

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Combien de fois avons-nous entendu le producteur d’une franchise célèbre clamer haut et fort vouloir faire table rase après un volet mal-aimé et retourner à la proverbiale «source» pour le prochain opus?

Avec Gran Turismo 7, les artisans de Polyphony Digital ne s’en cachent certainement pas. Le titre précédent dans la série, Gran Turismo Sport, était fortement orienté vers le jeu en ligne et avait par le fait même aliéné quelques inconditionnels de la première heure. Ce septième chapitre vise donc à ramener au bercail ceux-ci, alliant la formule plus traditionnelle de la franchise aux fonctionnalités multijoueur de GT Sport.

25 ans après le premier Gran Turismo, le studio japonais se souvient-il donc de sa fameuse recette, dont lui seul avait jadis le secret sur PlayStation?

Les fidèles de la série de jeux de course seront heureux d’apprendre que Gran Turismo 7 m’a replongé en 1997 autant qu’une rediffusion de Titanic entrecoupée de vidéoclips des Spice Girls.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Soyons clairs, la plus récente exclusivité de PlayStation est solide sur le plan visuel, se contrôle à merveille et tire drôlement bien profit de la PS5, mais sera aussi fort probablement l’un des jeux les plus «old school» à débarquer sur les consoles de Sony en 2022.

C’est une Corvette des années 60 à laquelle on a greffé un moteur de Tesla. Un mélange de tradition et d’innovation qui, certes, détonne un peu dans le paysage moderne vidéoludique, mais saura assurément ravir les passionnés d’automobiles.

Retour dans le temps  

Gran Turismo 7 signale dès le départ son désir de faire honneur à la belle époque de la franchise en ramenant sa bonne vieille «carte du monde», qui agit une fois de plus comme menu principal du jeu, et officieusement, de son mode carrière.

Image courtoisie Sony

Les habitués de la franchise reconnaîtront alors plusieurs points d’intérêts classiques de Gran Turismo, comme l’école de conduite, le mode en ligne (compétitif ou multijoueur) l’atelier mécanique, l'éditeur de livrée ou encore les différents concessionnaires auto, mais remarqueront aussi quelques nouveautés.

Comme dans Gran Turismo Sport, il est possible de personnaliser sa tenue de course (aux couleurs de la publication pour laquelle on travaille).

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Comme dans Gran Turismo Sport, il est possible de personnaliser sa tenue de course (aux couleurs de la publication pour laquelle on travaille).

Parmi celles-ci, le «Gran Turismo Café» est possiblement l’ajout le plus notoire, puisqu’il offre au joueur, pour la première fois dans la franchise, une certaine quête principale, sous la forme d’une trentaine de «menus» à remplir, constitués d’objectifs.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Certains vont vous demander d’acquérir une série de véhicules ou de participer à un championnat précis, tandis que d’autres vous enverront tout simplement modifier une voiture que vous possédez déjà.

En réussissant ces missions, vous débloquerez entre autres de nouveaux circuits, mais pourrez aussi en apprendre plus sur les fonctionnalités du jeu et les différentes voitures qui le compose.

En toute franchise, on est loin d’un mode histoire moderne, mais pour celles et ceux qui se sentaient un peu perdus dans le monde de Gran Turismo, il s’agit d’un nouvel aspect qui apporte une certaine linéarité aux premières heures du jeu.

Parce qu’au-delà de ça, à l’image de ses prédécesseurs, Gran Turismo 7 est avant tout un simulateur de course, doublé d’une plateforme de collection de voitures de rêve. On y achète des autos, on les modifie et on les amène sur la piste pour voir de quel bois elles se chauffent.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Comme à la belle époque de la franchise, c’est le paradis si vous êtes un passionné de course automobile et de voitures en général. Les distractions sont minimes et les modes de jeux n’ont, au final, pas tellement évolué depuis le premier Gran Turismo, il y a 25 ans.

Celles et ceux qui sont plutôt habitués aux folies de Forza Horizon trouveront peut-être l’enrobage un peu austère et dénudé, mais les puristes et fans de la première heure apprécieront l’esprit aucunement dilué de la franchise.

Le plaisir de conduire  

Ainsi, vous comprendrez que s’il y a un aspect de Gran Turismo 7 dont il faut absolument parler, c’est de sa prise en main! Et, sur ce point, on ne peut pas accuser Polyphony Digital d’être resté figé en 1997.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Encore une fois, la tenue de route se situe beaucoup plus du côté de la simulation que de l’arcade, bien qu’une panoplie d’assistances au pilotage, réglables individuellement, permettent d’avoir une expérience satisfaisante peu importe son expérience avec les jeux de course.

Ce faisant, les différences de pilotage entre les quelque 400 voitures disponibles dans le jeu se ressentent manifestement et, selon les caractéristiques de notre bolide, il faut savoir ajuster sa conduite pour ne pas se «ramasser dans le clos» après deux virages.

Le dynamisme de la prise en main est d’ailleurs particulièrement perceptible lorsque la chaussée est humide ou lorsqu’une course nous amène à faire du hors-piste. C’est alors une tout autre paire de manches et ça demande, bien évidemment, une bonne capacité d’adaptation.

Le réalisme des courses sous la pluie est particulièrement frappant.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Le réalisme des courses sous la pluie est particulièrement frappant.

À force d’accumuler les kilomètres, on se fait cependant graduellement la main et il devient bien satisfaisant quelques heures plus tard de constater à quel point notre pilotage s’est amélioré.

Après tout, c’est le cœur du jeu, la conduite automobile. Dans Gran Turismo 7, on ne fait pas de tourisme, on apprend à conduire et on se perfectionne.

La DualSense, la petite révolution de GT 7  

Cette direction pour Gran Turismo, ce n’est pas bien nouveau pour la série, me direz-vous. Et vous avez bien raison! Le plus récent volet de la franchise japonaise reprend la recette classique, la raffine et ne secoue pas tellement de conventions.

Cela dit, Gran Turismo 7 cache dans sa prise en main une petite révolution sur la PS5, courtoisie de la manette DualSense, de ses gâchettes adaptatives et de son retour haptique.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Polyphony Digital utilise la nouvelle technologie de PlayStation avec subtilité, mais celle-ci transforme tout de même l’expérience. On ressent ainsi maintenant avec précision les différents défauts de la route, l’accumulation de précipitations et même lorsque les roues se bloquent après une fausse manœuvre. La gâchette de frein offre quant à elle une résistance variable selon le modèle de voiture que l’on conduit.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Le tout est intégré avec parcimonie et rehausse le pilotage plutôt que de devenir une distraction. On finit même par oublier les nouvelles fonctionnalités par moment... avant de ressentir avec horreur dans sa DualSense que l’on vient de rouler un peu trop vite dans une grosse flaque d’eau.

Bref, un bel exemple de comment la manette de la PS5 peut agrémenter un jeu sans pour autant voler la vedette.

Une facture visuelle toujours aussi léchée  

Vous l’aurez compris, on ne joue pas à Gran Turismo 7 pour prendre le temps d’admirer les paysages, mais, une fois de plus, la facture graphique ne déçoit pas.

La météo est dynamique, tout comme le moment de la journée, alors que le soleil se couche parfois en pleine course.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

La météo est dynamique, tout comme le moment de la journée, alors que le soleil se couche parfois en pleine course.

En ce sens, c’est un plaisir de redécouvrir des circuits classiques de la franchise comme Trial Mountain ou Deep Forest, ou encore de vraies pistes comme Interlagos au Brésil, Imola en Italie ou Suzuka au Japon, puis de les voir prendre vie sur la PS5. Et que dire de la modélisation des véhicules et de la fluidité de l’action en course. Il n’y a pas grand-chose à redire de ce côté.

Est-ce que Gran Turismo 7 est le plus beau jeu à ce jour sur la plus récente console de Sony? Difficile à dire. À côté du monde vivant et coloré d’Horizon Forbidden West, ce n’est certes peut-être pas le plus impressionnant. Par contre, lorsque l’on compare aux volets précédents, on ne peut qu’être mystifié par tout le chemin parcouru.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

C’est tout particulièrement le cas lorsque le ray-tracing est activé dans les reprises vidéo après les courses, de même que dans le très complet mode photo, qui ravira les photographes virtuels.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Fait intéressant, les panoramas de la ville de Québec sont fortement représentés dans celui-ci, alors que l’on peut en choisir plusieurs comme toile de fond pour ses photos. Si jamais vous voulez immortaliser votre bolide de rêve aux côtés du Château Frontenac, c’est votre chance...

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

L’importance des traditions  

Est-ce que Sony va séduire un tout nouveau public avec Gran Turismo? Peut-être, peut-être pas, mais, rendons-nous à l’évidence, ce n’était visiblement pas le but de l’exercice. Ce que le géant du divertissement visait, c’était de faire plaisir aux fans de la première heure, tout en honorant les traditions de la série, qui fêtera plus tard cette année ses 25 ans. 

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

C’était de redorer le blason de son célèbre «vrai simulateur de conduite», comme l’indique chaque pochette depuis 1997. De raviver de doux souvenirs chez certains qui avaient peut-être délaissé la franchise avec le temps.

Et cette mission, Gran Turismo 7 la remplit à merveille. Le dernier jeu de Polyphony Digital m’a ramené 25 ans en arrière, dans la peau du petit gars qui sautait sur la PlayStation en revenant de l’école primaire pour essayer de passer son permis de conduire virtuel. Le petit gars qui, le soir, se levait en catimini pour observer son père prendre la relève à Trial Mountain.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Tout est là: les voitures à profusion, les circuits variés, l’école de conduite, la prise en main réaliste... et même la trame sonore un peu ridicule qui marie rock et musique classique revisitée. Un jeu qui célèbre la course automobile sous toutes ses formes. Rien de plus, rien de moins.

Gran Turismo 7 semble par moment sortir d’une autre époque, avec ses menus pas toujours conviviaux et son mode carrière qui, avouons-le, n’a pas tellement changé 25 ans plus tard.

Capture d'écran PlayStation 5 / Sony / Raphaël Lavoie

Cela dit, c’est ce que les fans attendaient depuis près d’une dizaine d’années: la bonne vieille recette originale. Goûteuse, généreuse et réconfortante. Eh bien, que ceux-ci se réjouissent, puisque c’est exactement ce qu’on leur servira, avec quelques épices modernes saupoudrées sur le dessus.

Un «retour aux racines», bien réel ce coup-ci.

Note: 8,5/10  

On aime: la prise en main aussi précise que satisfaisante, l’utilisation de la DualSense, la variété de voitures et de circuits, l’attention aux détails dans la facture visuelle  

On aime moins: le mode carrière un peu dépouillé pour 2022, les menus qui ne sont pas toujours les plus conviviaux  

* La critique de Gran Turismo 7 a été effectuée sur PS5 grâce à une copie offerte gracieusement par PlayStation. Le titre paraîtra le 4 mars sur PS4 et PS5.


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