Voyagez à l'ère des Vikings avec Assassin's Creed: Valhalla [CRITIQUE] | Pèse sur start
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Voyagez à l'ère des Vikings avec Assassin's Creed: Valhalla [CRITIQUE]

Attrapez votre épée et votre hache, montez à bord du Drakkar, direction l’Angleterre du IXe siècle.

Image principale de l'article Critique d’Assassin’s Creed: Valhalla
Capture d'écran: Clara Lhotellier

Assassin’s Creed Valhalla, sorti le 10 novembre dernier, est le dernier opus développé par Ubisoft Montréal. Vous y incarnez un personnage à l’ère des Vikings à la conquête des différents royaumes d’Angleterre.

Après avoir arpenté les dunes de l’Égypte et navigué à travers les différentes îles grecques en période antique, vous voilà prêt à quitter votre très chère terre, la Norvège, qui n’a malheureusement plus rien à vous offrir, afin de conquérir les différentes seigneuries d’Angleterre. 

Notre périple débute sur les terres froides et enneigées de Norvège, où vous incarnez Eivor, par le biais du fameux Animus, contrôlé par Layla.

Capture d'écran: Clara Lhotellier

Comme pour l’opus précédent, Layla, toujours en soif de savoir et jamais rassasiée par ses échappés du passé, se retrouve à voyager cette fois à l’ère des Vikings. Aujourd’hui, au programme, vous avez le choix d’incarner un ou une guerrière. Puis, si vous êtes indécis, ben... les deux. Cette possibilité est tout simplement offerte et expliquée par une bogue de l’Animus... c’est un peu tiré par les cheveux, mais au moins cela vous offre la possibilité d’incarner les deux personnages et de le changer à chaque chapitre. Bien qu’il n’ait pas de différence flagrante entre les deux personnages, Eivor, en comparaison de Kassandra ou Alexios dans Odyssey, offre une personnalité et une histoire plus riche et plus profonde, marquées par le traumatisme de la perte de ses parents et de la destruction de son village. 

Eivor fuit la Norvège à la conquête d’une nouvelle terre, et tentera de mener à bien sa mission en créant une nouvelle colonie. Les choix faits tout au long de l’histoire auront un impact sur l’avancement de cette dernière et sur les futures alliances politiques. 

Assassin’s Creed: Valhalla, plus glauque et plus dur         

Capture d'écran: Clara Lhotellier

Je n’avais pas besoin d’être conquise par le système de jeu. J’ai adoré Assassin’s Creed Odyssey, j’ai sillonné toute la Grèce antique, en long, en large et en diagonale, et la passe saisonnière avait été l’occasion, pour moi, de continuer ce magnifique périple. Assassin’s Creed: Valhalla, qui utilise les mêmes moteurs, ne m’a pas déçue, au contraire. 

Bien qu’il ressemble inévitablement à Odyssey, et même à Origins, le jeu présente, selon moi, une autre atmosphère. En effet, même si l’époque de la Grèce antique et de la guerre du Péloponnèse n’a rien de tout à fait réjouissant, l’univers est tout de même lumineux, et appelle à de longues sessions au soleil, en mer d’Égée, à explorer les fonds marins et les plages. Pour Valhalla, c’est quelque peu différent. Même si on se retrouve souvent face à de sublimes paysages traversés par des vaisseaux lumineux incroyables, le jeu est un peu plus... lourd, disons. Certainement que les cadavres qui jonchent le sol anglais n’aident pas. 

Capture d'écran: Clara Lhotellier

Et cette noirceur est parfaitement représentée dès le début du jeu, où le village d’Eivor est en proie à une attaque, qui l’oblige à quitter ce lieu en fuyant et en s’enfonçant dans la Norvège froide et profonde. Cette première scène met l’accent sur des combats beaucoup plus hardcore que ce qu’on avait l’habitude de voir dans les derniers jeux. Les actions sont plus riches et plus violentes (époque des Vikings oblige). Et votre guerrier/ère virevolte entre des têtes qui volent, des membres arrachées, et du sang qui gicle à foison (pour les plus sensibles, vous pouvez désactiver ce mode). 

Même si les premières heures de jeu à travers les montagnes enneigées de Norvège sont un peu longues, elles permettent néanmoins de donner le ton sur ce que sera cette nouvelle épopée. Des combats revisités, grâce à de nouvelles mécaniques vous offrant la possibilité d’avoir une arme différente dans chaque main, mais également la difficulté accrue par une jauge d’endurance qui ne se régénère que quand vous portez des coups. De quoi rendre les combats teigneux et difficiles, surtout si, comme moi, vous n’êtes pas très bon en esquives. Ou pas très bon à Dark Souls. Ou les deux. D’autant plus que vous n’avez la possibilité de récupérer de la vie qu’en cueillant trois/quatre framboises ou en croquant la cuisse d’un cerf qui passe. Mais également parce que vos armes ont un certain poids, ce qui affecte votre capacité de déplacement. Oui oui. 

Parce que oui, c’est vrai. Vous êtes un Assassin.        

Capture d'écran: Clara Lhotellier

Dans Assassin’s Creed Valhalla, ce n’est pas parce que vous êtes un Viking avec une grosse barbe ou une guerrière capable de vous enfiler trois cornes d’hydromel sans tomber que vous ne pouvez pas faire partie des «Hiddens Ones». 

Valhalla suit bien les traces de son prédécesseur. Et comme dans Odyssey, où on vous commandite la destruction du Culte de Kosmos, Eivor va ici devoir tuer, sous couvert de la «confrérie des assassins», un bon nombre de personnes. 

Grâce à votre frère Sigurd, parti deux ans en voyage à l’autre bout de la terre, et qui revient accompagné de deux gaillards membres de cette soi-disant confrérie, vous obtenez la fameuse et tant attendue lame secrète. De quoi réjouir les fans de la première heure. Vous vous entraînez donc, entre deux cabanes de bois, à déplumer 3/4 d'épouvantails qui traînent. De quoi vous familiariser avec cette fameuse lame.

Début spoiler

On aime le ton taquin du héros qui décide de mettre sa lame secrète sur le dessus de la main, et non cachée dans la manche, lui permettant ainsi d’éviter le fameux sacrifice du doigt coupé. Bah oui, tant qu’à faire, si on peut garder les 5 doigts de sa main sans faire une offrande à deux gars qu’on vient tout juste de rencontrer, c’est tout de même un peu plus futé.

Fin spoiler

On apprécie les clins d’œil qui sont faits à l’esprit d’infiltration. Vous arrivez dans une zone de méfiance, prêt à piller une église ou à infiltrer un quelconque lieu... et le jeu vous offre la possibilité de mettre vous-même votre cape sur la tête. Cette mécanique vous permet d’être moins visibles. Puis finalement, elle n’est plus seulement esthétique, cette capuche. 

C’est vrai, on se prête rapidement au jeu. On aime se faufiler dans la foule, se cacher proche d’un étalage, où se fondre dans la masse, sauter dans une botte de foin, ou encore s’asseoir sur un banc entouré d’inconnus. Parce que oui, ce n’est pas parce que vous portez une hache, une épée, un bouclier et un arc dans le dos que vous ne pouvez pas être discret. 

Et pour ceux qui l’attendaient depuis des années, c’est également le retour de l’assassinat en un coup... enfin, si vous vous y prenez bien. Parce qu’à une seconde près, vous loupez et vous engagez une bataille sanglante. 

Comme pour Odyssey et Origins, plusieurs techniques de gameplay s’offrent à vous. Plutôt bourrin ou encore assassin infiltré, vous allez pouvoir jouer plusieurs formes de combat et d’attaque. On apprécie d’ailleurs les raids, qui nous font sillonner les cours d’eau anglais, à bord du drakkar, et qui nous permettent de souffler à pleine gorge dans notre corne, à la vue d’une terre encore inconnue et prête à être pillée. 

Un beau voyage qui rappelle de gros opus du jeu vidéo      

Capture d'écran: Clara Lhotellier

Comme pour son prédécesseur, Valhalla offre une quête principale du jeu qui vous tiendra certainement en haleine un bon bout, c’est à dire entre 40 et 60 heures, en fonction de votre vitesse d’avancement.  

Après les premières dizaines d’heures et les quelques premières quêtes, vous êtes comme livré à vous-même dans un monde ouvert incommensurable et d’une richesse inouïe. La faune est particulièrement diversifiée, et offre une impression d’immersion sans pareille. L’univers regorge d’endroits à découvrir, de quêtes annexes et de lieux qui renferment des secrets, de quoi vous occuper au moins 150 heures, si ce n’est plus. 

On aime particulièrement le fait de pouvoir se rendre partout, et d’avoir toujours quelque chose à y découvrir. C’est un sentiment que je n’ai pas retrouvé depuis The Legend of Zelda: Breath of The Wild. J’ai retrouvé une sensation que j’avais également eue avec Assassin’s Creed Odyssey, soit la volonté d’en découvrir toujours plus, invitée par la grandeur de la carte et des mystères qu’elle laisse deviner. J’observais toujours ma carte en me disant «Qu’est-ce qu’il peut bien y avoir là bas?» 

Valhalla est, selon moi, comme Odyssey l’a été, une ode au voyage. 

D’autre part, la création de notre colonie et le besoin de la peupler font également penser au campement de Red Dead Redemption 2. Ce dernier sera gourmand en ressources pour pouvoir évoluer correctement. Malgré le dicton «plus on est de fous, plus on rit», votre campement va s’agrandir au fur et à mesure de l’histoire, et s’exposera donc à de multiples problèmes. À la lueur des drames façon Occupation Double, Eivor (et surtout le joueur) va devoir s’armer de patience, tout en faisant des choix parfois difficiles, pour faire régner l’ordre et le calme. 

Arbre de compétence et personnalisation    

Courtoisie: Ubisoft

Au cours de l'histoire, Eivor va acquérir des compétences qui permettront d’orienter un peu plus le jeu. Compétences de corps à corps, à distance, etc. La grandeur de l’arbre de compétences est à mon avis trop vaste, et celui-ci est un peu réducteur puisqu’on ne pourra pas acquérir 100% des compétences proposées.

D’autre part,Valhalla présente de nombreux éléments de personnalisation (tatouages, coiffures et même couleur de cheveux). Vous pouvez forger l’esthétique de votre guerrier/ère comme bon vous semble. Et même si vous pouvez personnaliser votre drakkar et obtenir de nouveaux équipements, on est loin du système d’Odyssey ou Origins qui nous offrait la possibilité d’avoir une multitude d’équipements nous incitant parfois à en délester une partie à un vendeur que l’on croisait au coin d’une ruelle. Maintenant, vous allez principalement améliorer les armes qui vont vous suivre tout au long du jeu. 

 Quêtes, mythes & artefacts    

Capture d'écran: Clara Lhotellier

Comme nous avons pu le dire précédemment, le jeu regorge de quêtes annexes. On retrouve évidemment des personnalités phares de l’époque, comme Alfred Le Grand, ou encore de nombreuses références à la mythologie nordique. Les développeurs d’Assassin’s Creed mettent toujours un point d’honneur à rassembler des éléments phares de l’histoire, et à être le plus fidèles possible à l’époque représentée, même si on sait que certains changements sont inévitables dans un souci de jouabilité. Tous ces éléments offrent de la profondeur, et du relief au jeu, qui nous donne toujours envie d’en savoir plus. 

Il y a également un bon nombre d’actions annexes que vous pouvez faire pour passer le temps, entre deux quêtes. Si vous vous ennuyez, vous trouverez toujours quelqu’un au village pour vous affronter dans une partie de dés, une descente de cornes d’hydromel, ou, pour les plus intellectuels dans un combat de joutes verbales, qui vous permettra de gagner en rhétorique sous la forme de point de charisme. Ce qui peut aussi s’avérer hilarant.
 

Pour conclure     

Assassin’s Creed Valhalla, malgré quelques bogues qui n’entravent pas tellement la jouabilité, coche toutes les cases de ce qu’on attendait de lui. Il est sublime, surtout sur consoles next gen, et offre aux joueurs la possibilité de s’évader pendant plus d’une centaine d’heures. Il est riche en tout point et répond entièrement à ce qu’on attend d’un triple AAA. 

 Il est un cran plus difficile que l’opus précédent, mais c’est l’occasion pour vous de vous lancer un véritable défi en cette fin d’année! 

On rappelle que le jeu est sorti sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series S, PC et Stadia les 10 et 12 novembre 2020. 

Le bon        

  • Des paysages à couper le souffle     
  • Une histoire plus riche     
  • Un héros et une héroïne avec plus de personnalité     
  • Une difficulté accrue         

Le moins bon        

  •  Un arbre de compétences à s’y perdre     
  •  L’arrivée des membres de la confrérie un peu inopinée       

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