Immortals Fenyx Rising: en manque de surprises [CRITIQUE] | Pèse sur start
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Immortals Fenyx Rising: en manque de surprises [CRITIQUE]

Immortals Fenyx Rising
Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Immortals Fenyx Rising

Quoi penser d’Immortals Fenyx Rising? Après trois essais distincts en un peu moins de quatre mois, je dois dire que j’ai changé d’avis à peu près aussi souvent que vous aurez à soulever et déplacer un bloc de pierre pour résoudre une énigme dans le jeu.

C’est-à-dire beaucoup.

Si mon premier contact en septembre avec le titre d’aventure réalisé par Ubisoft Québec m’avait laissé dubitatif, avec un très fort goût de Legend of Zelda: Breath of the Wild en bouche, le deuxième avait été un peu plus prometteur.

J’avais espoir qu’Immortals Fenyx Rising se révèle doté d’une belle et forte personnalité distincte à sa sortie. L’humour, certains casse-têtes inventifs et un arbre de progression assez bien pensé m’avaient alors réconcilié avec le jeu en devenir.

Or, au moment d’écrire ces lignes, j’ai passé plus de 25 heures avec le titre, alors que j’en suis à un ou deux affrontements de voir la fin de la quête principale. Bref, assez pour finalement me faire une opinion.

Et me dire qu’une fois le générique déroulé, je n’y retournerai probablement pas.

Direction: (encore) la Grèce antique      

Après avoir mené l’épopée d’Assassin's Creed Odyssey, Ubisoft Québec retourne ainsi dans le monde merveilleux (et riche!) de la Grèce antique avec Immortals Fenyx Rising.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Ce coup-ci, toutefois, le ton est différent. Dès les premières minutes de la partie, le joueur est accueilli par une narration colorée de Zeus et Prométhée, parsemée de gags anachroniques et autres sous-entendus humoristiques.

On est loin du cours d’histoire classique... et c’est tant mieux comme ça. L’ambiance bon enfant est d’ailleurs conservée tout au long du jeu et confère à celui-ci un trop rare vent de fraîcheur.

En ce sens, l’histoire, bien que sympathique par moment et dotée de derniers instants assez bien pensés, ne risque pas de vous jeter en bas de votre chaise.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

En quelques mots, Fenyx, héroïne ou héros, au choix du joueur, se retrouve malgré lui dans une quête pour libérer le monde de l’emprise maléfique de Typhon, qui a peuplé l’île d'Or de monstres et changé ses habitants en pierre.

Le gros de la quête principale se concentre toutefois autour de quatre divinités transformées par Typhon, que l’on doit ramener à leur forme originale à travers divers combats et phases d’énigmes.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Le tout risque de satisfaire les férus de mythologie grecque ou, du moins, celles et ceux qui ont un certain intérêt en la matière. Sinon, c’est un peu du déjà-vu... avec des habits légèrement différents.

Du point A au point B      

Parlant de quêtes, Immortals Fenyx Rising propose une formule de jeu d’action-aventure encore assez classique, propre au genre. De ce fait, on enchaine les affrontements fortuits avec des groupes d’ennemis, on résout des casse-têtes, on croise le fer avec quelques boss et on fait bon nombre de «commissions» pour nos Déesses et Dieux qui sont dans le trouble.

L’humour vient enjoliver quelques missions, particulièrement du côté d’Arès, que l’on doit délivrer d’un corps de poulet. Certaines voûtes –les zones d’Immortals Fenyx Rising dédiées aux énigmes, qui ressemblent aux sanctuaires de Breath of the Wild– sont également plutôt inventives.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Notamment, chacune des quatre entités divines principales du jeu a droit à une voûte géante, qui fait appel à différentes compétences et demande de se casser un peu plus le bicycle. Le concept est définitivement intéressant et comporte sa dose de défis.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Cependant, bon nombre de quêtes consistent aussi à transporter des objets d’un point A à un point B ou encore de se rendre à un point C pour y allumer un interrupteur. Après un moment, peu importe le décor qui change, les défis commencent alors à se ressembler, ce qui n’incite pas toujours à continuer l’aventure.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Pour celles et ceux qui aimeraient se concentrer avant tout sur la quête centrale, on constate également que les missions secondaires et autres activités sont parfois difficiles à distinguer des tâches de l’histoire principale.

Il m’est par exemple arrivé de passer un bon 45 minutes sur une énigme en croyant que cela allait ouvrir une porte et me permettre continuer mon périple. Hélas! Le tout m’a donné des pièces pour améliorer les compétences de mon héros... mais la porte est demeurée fermée.

C’est un détail, en effet, mais disons qu’après une session de jeu de quelques heures, ça peut mener à un peu de frustration.

Beaucoup à faire, mais peu à découvrir      

Difficile de ne pas tomber dans les clichés lorsqu’on décrit le monde ouvert d’un jeu d’Ubisoft. Les différents studios de l’entreprise sont reconnus pour gorger jusqu’à satiété (et même plus) leurs jeux d’une plénitude d’activités et de tâches connexes. Et sur ce point, Immortals Fenyx Rising ne dépayse pas.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

À votre premier passage dans chaque région, vous devez escalader une grande statue pour dévoiler la zone sur votre carte. Il est ensuite possible de «scanner» le paysage à la recherche de points d’intérêts qui s’afficheront ensuite sur votre boussole. Et Zeus qu’il y en a beaucoup!

Toutefois, ce trop-plein d’activités et de trésors souvent assez semblables –et, surtout, très facilement identifiables sur votre carte– a, en quelque sorte, un effet contraire que celui souhaité, alors qu’on n’a plus tellement envie d’explorer les profondeurs de l’île. Voyez-vous, on sait déjà ce qu’on peut y trouver!

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

À mon humble avis, ce qui fait le (grand) charme des univers de Red Dead Redemption 2, Breath of the Wild ou encore Ghost of Tsushima, ce sont les surprises sur lesquelles on peut tomber en prenant le soin d’explorer sans but précis les environs.

Dans cette optique, un monde ouvert réussi, c’est souvent un monde qui semble réel, voire organique, avec ses rencontres impromptues et ses scènes magiques que l’on découvre par pur hasard.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Or, après une vingtaine d’heures à arpenter le monde d’Immortals Fenyx Rising, des surprises, je n’en ai pas vraiment eu. De la course à obstacles aux concours d’habiletés d’archerie, on finit ainsi rapidement par connaître la poignée de types d’activités qui s’offrent à nous, et ce, à répétition.

Celles-ci vous aideront définitivement à passer le temps, mais elles ne risquent pas non plus de vous marquer.

Des combats omniprésents, mais satisfaisants      

Certes, si l’exploration déçoit un peu, les innombrables combats d’Immortals Fenyx Rising, eux, se révèlent satisfaisants, tout particulièrement grâce à la personnalisation de Fenyx.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Comme tel, le système de combat est assez classique: on évite, on bloque et on attaque à l’aide d’une épée, d’un marteau ou d’un arc. Cependant, ce qui est intéressant, c’est que l’arbre de compétences laisse plusieurs avenues au joueur, qui peut choisir de privilégier un style d’attaque ou un autre, ou même «investir» carrément dans les habiletés d’exploration plutôt que celles destinées au combat.

Ce n’est rien de révolutionnaire, mais un tel degré de personnalisation, surtout dans un jeu d’aventure autrement assez démocratique, permet d’ajuster l’expérience à ses préférences et habitudes.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Notons que les «boss» sont également assez nombreux, mais, en général, ne risquent pas de vous donner trop de misère au niveau de difficulté par défaut. Les amateurs de Dark Souls et autres expériences douloureuses voudront donc possiblement hausser le tout de quelques crans.

C’est loin d’être un mauvais jeu, mais...      

Une partie de moi veut vraiment aimer Immortals Fenyx Rising. Le jeu est développé à Québec, sans doute avec beaucoup de cœur, et, surtout, il s’agit d’une toute nouvelle franchise... un fait malheureusement de plus en plus rare chez les gros éditeurs comme Ubisoft.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Après un peu plus de 25 heures passées avec le titre, je peux toutefois difficilement dire que je l’ai réellement «aimé». J’ai été diverti, ma concentration a été mise à l’épreuve et j’ai eu de la satisfaction à voir certains boss tomber. Par contre, si j’avais un jeu d’aventure à conseiller à un ami, ce ne serait fort probablement pas Immortals Fenyx Rising.

Et pourquoi?

Parce que, du moins à mon avis très personnel, le dernier jeu d’Ubisoft n’a pas réussi à apporter assez de nouveauté et de surprises à la table.

Capture d'écran Raphaël Lavoie / Ubisoft

Ainsi, on n’a pas à chercher bien loin dans ce qui est paru au cours des dernières années pour trouver de meilleurs mondes à explorer, des histoires plus touchantes et des quêtes plus originales.

Immortals Fenyx Rising n’est pas mauvais, loin de là. C’est un «bon» jeu! Mais c’est peut-être aussi exactement ça, son plus gros problème.

Car, dans un monde où la liste d’excellents titres excède de loin le temps que le commun des mortels peut y consacrer, il ne s’agit pas d’un incontournable. Et, en 2020, ça ne suffit souvent malheureusement pas.

Le bon  

  • L'humour omniprésent et le fait que le jeu ne se prenne pas (trop) au sérieux 
  • Les voûtes plus complexes des Déesses et Dieux 
  • La personnalisation des compétences du personnage  

Le moins bon  

  • L'histoire un peu fade 
  • Le manque de surprises dans le monde ouvert 
  • Les quêtes qui finissent par se ressembler  

*Ce test d’Immortals Fenyx Rising a été effectué sur Xbox Series X à l’aide d’un code fourni gracieusement par Ubisoft. Le jeu est disponible depuis le 3 décembre sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X/S, Switch, PC et Stadia.

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