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10 choses qui m’énervent avec les jeux vidéo

L’histoire de Red Dead Redemption 2 aurait été meilleure en vingt heures qu’en cinquante.
Photo : Rockstar Games.

L’histoire de Red Dead Redemption 2 aurait été meilleure en vingt heures qu’en cinquante.

J’adore les jeux vidéo. J’y consacre d’ailleurs beaucoup trop de temps. Pour toutes leurs qualités, force est toutefois de constater qu’ils me tombent aussi souvent sur les nerfs.

1. Les histoires principales interminables     

C’est la pire des offenses. Des amateurs et des critiques de jeux ont décidé à un moment donné que la longueur d’un jeu était représentative de sa qualité, et que, puisqu’ils étaient tous le même prix, plus un jeu était long, plus il valait la peine. 

C’est évidemment absurde. Personne n’est sorti du cinéma après avoir vu Les Dangereux en se disant «au moins, c’était 108 minutes, on en a eu pour notre argent». 

Le problème avec les jeux vidéo interminables – prenons par exemple Red Dead Redemption 2, dont l’histoire principale à elle seule prend en moyenne 50 heures – est justement que bien des joueurs n’ont même pas le temps de les terminer, et qu’à la fin, on a à peu près tout oublié du jeu. 

Un bon film et un bon livre ne sont pas évalués que par leurs forces. Ils sont aussi notés en fonction de leurs faiblesses. Et dans les jeux AAA, ces moments faibles sont fréquents, et nuisent trop souvent à l’expérience. 

2. Les cycles du jour et de la nuit qu’on ne peut pas sauter     

Les créateurs de mondes ouverts adorent créer des environnements réalistes, avec une météo variée et des cycles où le jour et la nuit s’enchaînent. J’ignore si je suis le seul dans cette catégorie, mais ça m’énerve. 

Car mis à part quelques rares exceptions (Cyberpunk 2077 paraît bien la nuit, par exemple), les paysages sont toujours plus beaux le jour, et les combats plus agréables à la clarté. La nuit nuit à l’expérience. 

Quand un jeu me permet de l’avancer facilement, ça ne me dérange pas. Mais d’autres titres, comme Horizon Forbidden West, ne permettent de le faire que dans certains campements précis. Pour moi, c’est non. 

3. Les éditeurs qui gaspillent de bons studios sur une seule franchise     

Le studio canadien The Coalition est dédié à la franchise Gears of War.

Photo : The Coalition.

Le studio canadien The Coalition est dédié à la franchise Gears of War.

The Coalition, 343 Industries, Treyarch: qu’ont en commun ces studios? Ils sont tous dédiés à une seule franchise (Gears of Wars, Halo et Call of Duty respectivement). Des studios du genre, il y en a à la tonne. C’est une situation que je n’aime pas. 

Prenons le studio canadien The Coalition, par exemple. Cette équipe déborde de talent. Accessibilité, graphismes, technologies, jeu : chaque nouvel opus repousse certaines barres dans l’industrie.

Mais existe-t-il une franchise aussi insipide que Gears of War? Des gros jambons avec de gros fusils qui portent une tuque en été et qui affrontent des extraterrestres génériques. Des méchants m’intéressent d’ailleurs autant que les méchants des Dangereux. C’est pour dire. 

La franchise a ses amateurs, et je ne dis pas qu’elle doit cesser d’exister. Mais je m’accommoderais très bien d’un nouveau Gears of Wars aux 10 ans. Et entre les lancements, pourquoi ne pas permettre aux développeurs de The Coalition de nous montrer de quoi d’autre ils sont capables?

C’est ce que Sony avait fait avec Guerilla Games, après que le studio ait réalisé 5 jeux Killzone en moins de 10 ans. Qu’ont-ils fait ensuite? Horizon Zero Dawn. CQFD.

4. Les jeux qui m’imposent leur musique poche    

J’ai joué récemment à Gran Turismo 7. J’ai adoré. C’est le jeu de course auquel j’ai le plus joué à ce jour (à l’exception de Mario Kart, évidemment). Mais est-ce que quelqu’un peut me dire qui a choisi la musique qui accompagne les courses? Un mélange de rock sans nom, de musique lounge de bar d’aéroport, de musique classique d’attente téléphonique et de musique électronique probablement écrite par une intelligence artificielle. Il y a pourtant tellement de bonnes pièces qui seraient parfaites pour une course automobile (allô, Shakey Jake de Joe McPhee!).

Idéalement, la musique devrait rehausser les jeux, pas seulement leur servir de trame de fond. Il y a une mission dans Watch Dogs 2 où l’on doit tirer sur à peu près tout ce qui bouge dans un gratte-ciel en construction sur un fond de Don’t Sweat the Technique d’Eric B & Rakim. Le résultat est sensationnel: le jeu devient meilleur à cause de la musique, et vice-versa. Ces moments sont toutefois beaucoup trop rares. 

5. Les coffres et autres jeux de hasard    

Coffres, mallettes, paquets de cartes: trop de jeux, sur console, PC et mobile, nous permettent de gagner des prix au hasard après les parties. Je comprends que ces mécaniques encouragent les microtransactions, et que les microtransactions rapportent gros. Mais désolé, si tu es un studio et que tu tentes de convaincre tes amateurs de dépenser de l’argent dans des jeux de hasard, et ce, après qu’ils aient déboursé 90$ pour ton jeu, c’est cheap et pas très glorieux. 

6. Les jeux qui empêchent d’avancer à son rythme  

Les missions secondaires étaient un passage obligé dans Assassin’s Creed Odyssey.

Photo : Ubisoft.

Les missions secondaires étaient un passage obligé dans Assassin’s Creed Odyssey.

Ce point est un peu en lien avec celui des histoires principales trop longues. Les jeux à grand déploiement inondent depuis plusieurs années les joueurs de missions secondaires et autres ajouts qui ne font que gonfler artificiellement la durée du jeu. 

Depuis quelques années, ces missions secondaires sont toutefois de plus en plus souvent obligées, alors que pour avancer dans l’histoire principale, il faut que son personnage atteigne un certain niveau. Bref, les missions secondaires sont devenues essentielles. 

Ma pire expérience du genre était avec Assassin’s Creed Odyssey, alors que j’ai parfois eu à jouer pendant des heures à accomplir des missions soporifiques pour me rendre à un niveau suffisant pour continuer les missions principales qui, elles, étaient superbes. 

C’est un peu comme aller dans un grand restaurant et se faire servir une portion de frite avec du ketchup entre chaque plat pour être sûr qu’on soit bien rassasiés. 

7. L’accessibilité qui laisse encore trop souvent à désirer  

L’accessibilité dans les jeux vidéo s’est beaucoup améliorée au cours des dernières années, que ce soit pour les personnes vivant avec un handicap moteur, visuel, auditif ou cognitif. De sortie en sortie, les jeux à grand déploiement s’améliorent et ajoutent de nouvelles fonctionnalités. 

Malgré tout, certains studios s’entêtent à nager contre le courant. Impossible de passer sous silence le cas de Elden Ring, qui ne permet par exemple pas de modifier la difficulté, même si la communauté entourant l’accessibilité dans le jeu vidéo s’évertue à leur répéter que c’est nécessaire pour de nombreux joueurs. L’argument que le jeu est conçu pour être difficile est pathétique. Être inclusif dans un jeu vidéo n’enlève absolument rien à ceux qui veulent compléter le jeu de la véritable façon. 

8. Ne plus permettre de sauvegarder ses parties  

Quelqu’un, quelque part, a décidé que les joueurs n’avaient plus le droit de sauvegarder leurs parties quand ils le voulaient. Je veux avoir le droit de créer une sauvegarde partout. Au milieu d’une bataille, au milieu d’une cinématique, au milieu d’une course. Partout. 

9. Les jeux ridiculement gros  

Je comprends qu’il soit normal qu’un jeu prenne plus de place en 2022 qu’en 2002. Je comprends que les textures 4K occupent plus d’espace que les textures HD. Je comprends que certains jeux cumulent les modes. Et je comprends que certains jeux en ligne sortent constamment de nouvelles armes, de nouveaux costumes, de nouvelles cartes et de nouveaux personnages. Et j’imagine que, pour les développeurs, optimiser la taille d’un jeu n’est pas une priorité. 

Mais à environ 220 Go pour la dernière mise à jour de Call of Duty: Black Ops Cold War sur la PS5, ça commence à être beaucoup. Surtout que la console n’a que 667 Go d’espace disponible (à moins que vous ajoutiez une barrette SSD, évidemment). 

C’est quoi la solution? Je l’ignore. Mais ça m’achale quand même.

10. Les dates de lancement publiques qui nuisent à tout le monde  

Cyberpunk 2077 est l’un des jeux à avoir été victime de sa date de lancement.

Image: CD Projekt RED

Cyberpunk 2077 est l’un des jeux à avoir été victime de sa date de lancement.

Il est normal qu’un jeu ait une date de sortie. Sans date butoir, rien n’avance (Duke Nukem Forever et Half Life 3 sont la preuve qu’une gestion trop lousse mène souvent à l’échec). 

Mais cette date n’a pas besoin d’être criée sur tous les toits. De plus en plus de jeux doivent être repoussés à cause de dates non réalistes, ce qui frustre les amateurs, les détaillants et les investisseurs. 

Une date officielle est aussi plus difficile à bouger. Pour la respecter, les équipes de développeurs doivent donc accumuler les heures supplémentaires pendant des mois. Et quand la date est finalement repoussée, parce qu’il n’y a plus d’autres choix, ces mêmes équipes ne sont pas soulagées: elles apprennent qu’elles auront encore des mois à bosser, et que leurs vacances bien méritées n’arriveront finalement pas de sitôt. 

Ici, la solution est simple: les studios devraient conserver des cibles internes, mais ils ne devraient tout simplement plus donner de date de lancement longtemps à l’avance. 


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