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The Last of Us n’a pas besoin d’un remake, alors pourquoi lui en donner un?

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Image courtoisie Naughty Dog

The Last of Us est l’un de mes jeux préférés de tous les temps. Alors que j’ai l’habitude de remiser plus ou moins pour toujours un titre après l’avoir complété, dans le cas des aventures de Joel et Ellie, je m’y suis replongé plusieurs fois dans la dernière décennie.

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Pour moi, il s’agit d’une des histoires les plus abouties à avoir vu le jour sur PlayStation. Un récit et des personnages qui restent avec vous pour la vie et démontrent, sans l’ombre d’un doute, la grande puissance des jeux vidéo comme véhicule narratif.

Image courtoisie Naughty Dog

En ce sens, vous comprendrez que je suis le public tout indiqué pour verser une petite larme d’émotion devant l’annonce d’un remake de Last of Us. Le dévoilement de jeudi m’a toutefois laissé plus dubitatif qu’autre chose. Et m’a fait soulever une question que, j’ai l’impression, tout le monde se pose un peu sur le Web en ce moment.

Est-ce que c’était vraiment nécessaire?

Autant je suis un fan de l’original, autant je crois que le jeu n’avait pas besoin d’un remake. Peut-être une optimisation de la version PS4 pour titrer profit des atouts de la PlayStation 5, mais une refonte visuelle et mécanique complète? J’en doute.

Le mieux est l’ennemi du bien 

Les anglophones disent «if it ain't broke, don't fix it», les francophones affirment que «le mieux est l’ennemi du bien». Peu importe la maxime ou la langue, avouons-le, il n’y a rien de réellement vieillot ou problématique avec The Last of Us en 2022.

Tout particulièrement dans sa version remastérisée de 2014, le titre est joli et roule à merveille sur la PS5. Et même si la maniabilité n’est pas au niveau de celle du deuxième volet de la saga, elle n’en demeure pas moins absolument suffisante pour profiter de l’incomparable histoire.

En ce sens, on parle dans le remake d’un gameplay modernisé, de même que d’améliorations du côté des commandes, de l’exploration et des combats. Cela dit, à quel point tout cela sera transformatif? On joue à The Last of Us pour son gameplay dans une certaine mesure, oui, mais c’est surtout pour son périple narratif qu’on s’y attarde.

On peut aussi questionner la nature même du remake

Personnellement, The Last of Us Part I aurait un plus gros intérêt à mes yeux s’il apportait justement une nouvelle dimension à l’histoire de Joel et Ellie ou, du moins, une autre perspective. Une façon de redécouvrir un classique que l’on adore sous un autre angle, un peu comme l’avait fait Final Fantasy VII Remake il y a quelques années.

Je veux dire, tant qu’à ouvrir la boîte de Pandore moins de dix ans après la sortie du jeu, ouvrons-la pas rien qu’un peu!

Cependant, si on se fie au contenu du remake partagé jusqu’à maintenant, il semble s’agir uniquement d’une nouvelle carrosserie et de quelques ajustements à la mécanique du bolide.

Je pose donc une autre question. Pourquoi vend-on alors The Last of Us Part I à plein prix – un beau gros 90 $ – sur PS5?

Le prix: l’autre caillou dans la bottine  

Évidemment, ça fait sourciller un peu (beaucoup). Je veux bien croire Neil Druckmann, coprésident de Naughty Dog, quand il dit que tout a été refait à partir de zéro pour ce remake. Par contre, est-ce que cette refonte technique vaut vraiment les 70 $ de plus que la version PS4 remastérisée, vendue en ce moment 20 $?

Bien honnêtement, à ce prix-là, venant d’un studio aussi novateur et créatif que Naughty Dog, je me serais attendu à ce qu’on exploite plus en profondeur cette occasion de revisiter The Last of Us. Ou, du moins, qu’on vende cette refonte un peu moins chère.

Image courtoisie Naughty Dog

Chose certaine, tous ces questionnements ne font que renforcer mon idée de départ selon laquelle The Last of Us n’avait pas besoin d’un remake. On peut bien dire qu’on aurait voulu que celui-ci soit pensé autrement ou encore qu’il soit moins dispendieux, mais on aurait aussi bien pu juste... ne pas le faire!

On prétexte vouloir donner à celles et ceux qui possèdent une PS5 la meilleure expérience qui soit. Mais alors, est-ce qu’on n’aurait tout simplement pas pu ajouter quelques coups de pinceau à la version PS4 par le biais d’une mise à jour?

Les plus cyniques (ou lucides, selon votre vision de la chose) diront que cette idée de revoir The Last of Us, c’est avant tout un désir de remplir les coffres en pressant le lucratif citron d’une franchise établie. C’est peut-être bien le cas. Parce que, entendons-nous, tout est assez souvent une question d’argent.

Mais, à ce moment-là, est-ce qu’on n’aurait pas pu offrir un point de vue un peu différent de celui raconté dans le volet original? Étoffer certains segments de l’histoire et en faire une espèce de Director’s Cut allongée? On le rappelle, c’est quand même un jeu d’une dizaine d’années, certes revu sur le plan technique, mais qui sera malgré tout vendu 90 $.

Image courtoisie Naughty Dog

À mon humble avis, les plus grands gagnants de l’annonce de ce remake sont les joueurs sur PC. Pour ces derniers, qui n’ont jamais eu l’occasion de goûter aux joies (et surtout aux peines) de Last of Us, ce sera une occasion en or de le faire, avec une facture visuelle et des mécaniques résolument modernes.

Mais pour un inconditionnel de PlayStation comme moi qui a déjà accompagné Ellie et Joel dans leurs déboires post-apocalyptiques, l’annonce de jeudi est un peu douce-amère. Il est toujours bon de retrouver des personnages que l’on aime, mais à quel point ce remake était nécessaire pour un jeu qui vieillit aussi bien?

Et surtout, ce genre d’exercice vaut-il vraiment 90 $?

Le titre me fera peut-être mentir à sa sortie. Et sans doute que The Last of Us Part I se vendra comme de petits pains chauds étant donné tout l’amour que le public de PlayStation porte à la franchise.

Mais pour ma part, en septembre, je risque juste de ressortir une énième fois mon exemplaire du jeu sur PS4, déjà bien assez remastérisé à mon goût.

C’est le périple de Joel et Ellie qui compte vraiment, après tout.


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